‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 311 sur 591 · ANCIENNES CROYANCES · texte numérisé non relu

ANCIENNES CROYANCES

les transformations de l’intelligence; il faut connaître celles-ci pour se rendre compte de celles-là.

Anciennes croyances. — 1. Une croyance commune à la race aryenne, c’est que l’àme, après la mort, restait près des hommes et continuait à vivre sous terre1 2. De cette croyance dériva la nécessité de la sépulture -. L’âme qui n’avait pas de tombeau n’avait pas dedemeure. Malheureuse, elle devenait malfaisante3. Les morts passaient pour des êtres sacrés, pour des dieux dont les tombeaux étaient les temples 4 *. Leurs âmes divinisées s’appelaient en Grèce démons ou héros , chez les Latins lares , mânes, génies. Le culte des morts est la plus ancienne religion des Aryens. La mort fut le premier mystère, et elle mit l’homme sur la voie des autres mystères.

2. La maison d’un Grec ou d’un Romain renfermait un autel, dont le feu devait être entretenu jour et nuit. Le feu du foyer était la providence de la famille : famille éteinte et foyer éteint sont des expressions synonymes. Il est probable que les morts furent anciennement ensevelis dans la maison, et que le culte du foyer n’a été à l’origine que le symbole du culte des morts9.

Religion domestique. — Ces croyances formaient la religion domestique , antérieure aux religions nationales, où chaque dieu ne pouvait être adoré que par une famille ; car l’offrande ne devait être faite à un mort que par ses descendants. Cette religion du foyer et des ancêtres a constitué la famille antique, qui est une association religieuse encore plus qu'une association de nature.

Mariage6. — La cérémonie sacrée par excellence est le mariage, car il s’agit, pour la jeune fdle, d’abandonner son foyer, de changer de rites et de religion. Une union marquée de ce caractère rend le divorce presque impossible.

Droit domestique. — Chaque père attendait de sa postérité la série des repas funèbres qui devaient assurer à ses mânes le repos et le bonheur. Cette opinion a fondé le droit domestique chez les anciens : pour eux, le célibat est à la fois une impiété et un malheur, que les lois punissent dans la vieille Rome7 *.

1. « Sub terra censebant reliquam vitam agi mortuorum. » (Cic., Tusc., 1, 10.) Ainsi, les premiers Aryens ont eu l’idce de la vie future, mais non celle d’un autre monde.

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