CONSTITUTION DE SERVIUS
Le but de la réforme Servienne fut de donner une certaine fixité politique à la plèbe, laissée à l’état de ruasse inorganique par Tullus lios*tilius et Ancus Martius, et d’attribuer des droits à la richesse pour balancer ceux de la naissance. On écartait ainsi les dangers inséparables de l’accroissement continu de la plèbe, en l'unissant au patriciat par les liens d'une activité politique commune. — La réforme Servienne ressemble à celle de Solon; mais les dispositions d'intérêt militaire y tiennent beaucoup plus déplacé3. Le peuple est envisagé comme une grande phalange en ordre de bataille4, divisée par le cens en deux parties, les cavaliers et les fantassins.
Division administrative et territoriale. — Servius partagea le sol de Rome en 4 districts ou tribus B, où les citoyens étaient inscrits à perpétuité et transmettaient leurs droits et charges à leurs en-
comparaissent eux-mêmes eu justice. Les clients du temps de Cicéron ne sont plus que des courtisans et des parasites, courbant le dos pour recevoir la sportule (don en nature ou en argent). On ne sait au juste ni comment ni quand l’ancienne clientèle a disparu.
1. L’origine de la plebs a été expliquée très diversement (Fustel [Cit. ant.\ donne une théorie toute nouvelle; v. liv. X, p. 200). Par suite de la transportation à Rome des populations de villes soumises, mesure très fréquente sous les Rois, il se forma, à côté du populus Romanus, distribué en tribus, curies et genies, ayant leur foyer et leur culte, de nouvelles classes d’hommes indépendants et libres, mais sans foyer commun ni droits politiques. (Le mot plebs a la même racine que plenns, itTîjSoç, etc.] « Ainsi, dit Mommsen, la classe des plébéiens à Rome fut fondée par Tullus Hostilius, lorsqu’il transporta les Albains sur le mont Caelius. » Cette manière de voir date de Nicbuhr. Avant lui, on admettait que Romulus avait établi une distinction entre les plus riches et les moins riches, les nobles et les non-nobles, et que les patriciens et les plébéiens avaient coexisté dès l’origine. Denys (2, 8) confond les plébéiens avec les clients, erreur énorme où tous les historiens modernes sont tombés après lui et qu’on trouve même dans Cicéron. 11 devenait dès lors inexplicable comment, dans les troubles civils, les clients apparaissent si souvent comme alliés des patriciens contre les plébéiens. (Willems, p. 44 sqq. ; Mommsen, Recherches, 1,588.) Les Rois s appuyèrent sur la plèbe contre le patriciat. Tarquin l’Ancien voulut même accorder e droit de cité complet à toute la plèbe : il fut assassiné par les patriciens.
2. Elle est extrêmement obscure. Voy. lluschke, 1838; Willems, p. 47 sqq. Denys est plus exact que Tite Live, mais ne s’accorde pas avec Cicéron. Comparez l’ite Live, 1, 45; Denys, 4, 16-18, 7, 59; Cic., de Rep., 2, 22.
3. Mommsen pense que Servius a moins voulu organiser un peuple qu’une armée. « Il est absurde, dit-il, de découvrir une timocralie à l’origine de cette constitution. Ce n’est que plus tard qu’on a pu tourner ces institutions vers la politique intérieure. »
4. Procincta classis. De là, le nom des classes (xaXüv, convoquer).
5. La banlieue fut partagée par Servius enire 26 tribus rustiques, réduites à 17 après la guerre de Porsenna. Le nombre des tribus s’accrut successivement jusqu’au chiffre de 35 (en 241). — Les 4 tribus urbaines se nomment Palatine , Colline , Esquiline, Suburrane ; les 51 tribus rustiques Romilia, Crustuminia , Lemonia , Pupinia, Vercutana, Galeria, Pollia, Vollinia, Claudia , Aemilia , Cornelia, Fabia, Horatia, Meniana, Papiria, Sergia, Veturia, Stellatina, Tromenlina, Sabatina, Aniensis, Pomlina, Popilia, Moe -