QUESTURE
par les comices des Iribus. Les édiles1 2 3 avaient l’intendance des archives, conservées au temple de Cérès; de la voie publique, des marchés, des vivres (annona*), des cultes étrangers. Les fonctions de l’édilité, au sens moderne du mot (cura urbis ), comprenaient la surveillance des bâtiments publics, des maisons qui menaçaient ruine, des conduites d’eau et des cloaques5. En 454, la loi Tarpeia conféra aux édiles le droit d’infliger des amendes et le droit d’accusation. Ils devenaient ainsi des magistrats indépendants, et pouvaient traiter directement avec le peuple.
Questure4. — d. Les questeurs, magistrats fiscaux supérieurs, furent portés de deux à quatre en 421 5. Chaque consul eut ainsi deux questeurs, dont l’un restait à Rome pour surveiller le trésor ( questeur urbain ), tandis que l’autre accompagnait le consul à la guerre comme préposé à la caisse de l’armée. Leur nombre fut élevé à huit en 241, dont six pour les finances de l’Italie. Sylla les porta à vingt et César à quarante6.
2. Après l’époque des décemvirs, les questeurs, jusque-là nommés par les consuls, furent élus par les comices des tribus. Les plébéiens purent prétendre à la questure. L’âge légal était 27 ans7.
1. Cicéron (de Leg., 5, 5, 7) les définit : curaiores urbis , annonae ludorumque solemnium.
2. Voy. Hirschfeld, Annona, dans le Philologus, 59, p. 41 (cf. Boissier, R. D-M., 1878, Oslie), et l’art. Annona dans le Dictionnaire de Saglio.
3. Les édiles pouvaient recevoir des tribuns une mission spéciale comme la prehensio, d’un citoyen. — Ils avaient la police des mœurs, des marchés, des pompes funèbres, et surtout le soin des jeux publics (cura ludorum ). A cet effet, ils s’arrangeaient avec des entrepreneurs de spectacles pour la représentation de pièces dramatiques, etc.; le sénat alloua d’abord des subsides, mais les édiles durent ensuite contribuer de leurs deniers. (Sur leurs rapports avec les auteurs dramatiques, Voy. Becker, Censura scenica, 1852). Vers la fin de la République, le désir de capter la faveur populaire poussa les édiles à des prodigalités inouïes : aussi Polvbe (10, 4) appelle-t-il l’édilité : litupaveo-cà-M) àçyj). On s’y ruinait, mais on s’y faisait connaître. — Les édiles curules avaient la juridiction dans les cours commerciales, fonctions qui leur valaient la chaise curule.
4. Dès l’antiquité, quelques érudits faisaient dater la questure de l’époque des Rois, d'autres en attribuaient l’institution aux consuls. Mommsen la croit contemporaine du consulat. (Droit public, II, 1, p. 494.) — Le mot questeur (de quaeso ) désignait à l’origine le juge d’instruction dans les causes capitales (quaestores parricidii). A l’avènement de la République, les questeurs reçurent en outre l’intendance du trésor public, et en 289 avant J.-C., leurs fonctions judiciaires passèrent aux Illviri capitales. Voy. Willems, p. 258.
5. Ils étaient nommés promiscue de plebe ac patribus. (Tite Live, 4, 43.)
G. Auguste remplaça les questeurs urbains par des Préteurs du trésor (Suét., Aug., 36); mais Claude les rétablit.
7. Les provinces ( provinciae quaestoriae ) étaient distribuées au sort entre les questeurs. Quelquefois le sénat pouvait accorder aux généraux et aux consuls de choisir leurs questeurs comme ils l’entendaient (extra sortent). — Les questeurs provinciaux accompagnaient les consuls et les gouverneurs. Chaque gouverneur avait un questeur; il y en avait deux en Sicile, (à Syracuse et à Lilybée). En Italie, deux questeurs avaient des stations fixes, à Ostie et dans la Gaule cispadanc. — Les questeurs urbains avaient la garde du trésor public