‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 514 sur 591 · CODE THÉODOSIEN · texte numérisé non relu

CODE THÉODOSIEN

Le premier code dû à l’initiative impériale1 est le Code Théodosien, que Théodose 11 fit paraître en 458 2. Peu après, on trouve un recueil formé en partie d’extraits de la Bible, Mosaïcarum et Romanarum legum collatio, nommé au moyen âge lex Dei°, et, vers la même époque, la Considtatio veteris cvjusdam jurisconsulti, trèsprécieuse par les fragments de Paul, Modeslin, Ulpien et Gaïus, qu’elle a conservés4. Une compilation plus complète que les précédentes, le Code Justinien, en 12 livres, parut en 5295, et devint la seule loi de l’Empire 6.

De nouvelles décisions impériales7 firent bientôt réclamer une seconde édition, que dirigea Tribonien, et qui seule nous est parvenue (559) 8. Deux ouvrages capitaux servirent de commentaires au droit de Justinien : le Digeste9 et les Institutes. Le Digeste

1. Au moment où l’ancien droit se codifie, il se transforme et perd son (aractère. Ainsi Constantin (342) prononce l’abolition des formules juridiques, qui jouent un si grand rôle dans le vieux droit romain : désormais, dans un acte, c’est la pensée et non la lettre qui importe. On peut reconnaître là l’influence du christianisme, qui cherche partout l’esprit et non la lettre de l'antique loi. (Paul, ad Rom., vi, etc.)

2. La commission qui rédigea cette vaste compilation était présidée par le consulaire Anliochus; le travail dura neuf ans. Le code Théodosien contient, en seize livres, toutes les constitutions classées par ordre de matières. Les cinq premiers livres, qui manquaient, ont été retrouvés en partie par Clossius et Peyron (181-4) ; ils traitent du droit civil. — Par la loi des Citations (Code Théod , 1, 4), Théodose et Valentinien avaient donné une autorité officielle aux écrits des cinq prudents Papinien, Paul, Gaïus, Ulpien et Modestin, dont on devait toujours balancer les opinions comme des suffrages. Le code Théodosien est postérieur de trois ans à celte décision singulière, qui marquait du moins la nécessité de mettre un terme à l’accumulation de livres contradictoires.

L’édition ancienne la meilleure est celle de Jacques Godefroy, 6 vol., avec de précieux commentaires ; parmi les modernes, celle de Haenel (1842,) qui, en 1844, a donné les Novelles postérieures au code Théodosien.

Les Fragmenta Vaticana , découverts et publiés par Mai, 1825, sont une collection de matériaux dus peut-être à Ilermogène. (Ortolan, p. 408.)

5. Selon Ilaubold, cet ouvrage serait postérieur à la chute de l’Empire d’Ocoident. Le code Théodosien y est bien cité une fois, mais le texte de la citation est contesté.

4. Publiée en 1557 par Cujas, d’après un manuscrit qui s’est perdu. C’est un spécimen d’une consultation érudite, où la loi des Citations est appliquée.

5. La rédaction en avait été confiée à Jean, consulaire, qui présida la commission, *à Tribonien, Théophile, etc.

G. Après la chute de l’Empire d’Occident, les rois barbares publient des lois ou des codes imités du droit romain, et qui nous ont transmis beaucoup de fragments des anciens jurisconsultes : la loi romaine des Visigoths (bréviaire d’Alaric ou d’Anien), la loi romaine des Burgondes ( Papiani responsa), l 'édit de Tliéodoric. Le nom de Papiani responsa donné à ce recueil provient d’une erreur de Cujas, et date du xve siècle. (Voy. le recueil de Canciani, Lois Barbares, 1781-82 ; la Lex Salica dans l’éd. Behrend, 1874, ou avec les commentaires de Pardessus, 1843.)

7. Les plus importantes sont les cinquante Décisions, rendues sur le conseil de Tribonien au sujet des controverses principales auxquelles donnait lieu le texte des cinq jurisconsultes. Ce recueil ne nous est pas parvenu.

8. Codex repelilae praelectionis. Les constitutions sont placées sous différents litres, avec l’indication des Empereurs à qui elles appartiennent. ( Codex Justinianeus , rccogn. Krueger et Mommsen, 1875.)

!). Digesta , éd. Mommsen, 2 vol. 1873. « La critique du Digeste est morte avec Cujas;

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