‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 516 sur 591 · V. — LES FINANCES ROMAINES · texte numérisé non relu

V. — LES FINANCES ROMAINES

L’étude delafiscalitéromainecomprendquatrepériodes: 1° jusqu à l’abolition du tribut en 167 ; 2° de 167 à la fin de la République ; 3° d’Auguste à Dioclétien; 4° sous le Bas-Empire d’Occident 2.

Revenus de l’État. Première période. — La République a deux revenus principaux: 1° le produit du domaine public ; 2° le tribut. Le domaine public (un tiers des terres conquises) était en partie affermé par les censeurs, et les redevances des fermiers (vecligal) formaient le seul revenu régulier de l’État. Les sommes provenant de la vente du territoire conquis servaient pour les besoins extraor-

1. Poids et mesures. — L’unité de poids est la libra, appelée aussi as (eTç, vieux dor., signifiant unité, selon Mommsen: l’étym. aes semble préférable), parce que l’as, unité monétaire, était dans e principe le poids d'une livre de cuivre. L’as (527 grammes) valait 12 onces (27sr,2) et chaque once 24 scrupules (lgr,136). Les principaux sous-multiples et multiples de l’once sont : la semuncia (1/2), le siciliens (1/4) ; le deunx (11 onces), le dextans (10), le dodrans (9), le bes (ancienne forme des = di-as, c’est-à-dire deux tiers de l’as, en grec âijAoiçov) valant 8 onces; le semis (6), le triens (3), le quadrans (4), etc. — L’unité de longueur est 1 o pied (O"1, 2958) qui comprend 4 palmes (0m,0759) et 72 sextules (0m,0041). Le doigt contient 4 sextules, 2 pieds 1/2 font un gradus (0m,739) et 5 pieds un pas double (l'°,48). Le mille, mesure itinéraire, égal à 8 stades olympiques, équivaut à 1000 pas ou 1481 mètres. [La colonne Antonine a 100 pieds = 29,6 mètres de haut : donc le pied romain = 0,296, le pas = 0,296 X 5 = 1,481, et 1000 pas = 1481 mètres. Donc 3 milles romains valent exactement 4444 mètres, c’est-à-dire l’ancienne lieue française.] — L’unité de superficie, pour les mesures agraires, est le jugère, c’est-à-dire un rectangle de 120 pieds de large sur 240 de long (25*rea,20) ; il contient 28 800 pieds cari’és. — L’unité de capacité est le conge (5m,23) qui contient 12 hémines ou cotyles (0m,26) et 6 sextarii (0li,,53). Le modius, employé pour mesurer les matières sèches, vaut 32 hémines (8Ut,63), Yurne 48 (12'“,94), l’amphora ou quadrantal 96, et le culeus 1290 hémines (5171U,90). — L’unité monétaire est l’as (5 centimes au temps de César) qui contient 2 semis, 3 fois le triens, 4 fois le quadrans et 12 fois le stips. Les monnaies d’argent principales sont : le denier (16 as = 0f ,82) ; primitivement il ne contenait que 10 as, d’où son nom ; selon l’empreinte, il s’appelle aussi quadrigatus, bigatus) ; le quinaire (8 as, aussi nommé victoriaius), le sesterce ou nummus (4 as = 20 cçntimes) et la libelle, égale en valeur à l’as, créée au troisième siècle av. J.-C. pour le remplacer. La principale monnaie d’or était Vaureus, valant 400 as = 20f,58. Constantin le remplaça par le solidus — 13 francs, qui se divise en 12 argentei et 24 as de cuivre. — Le sesterce s’indique, dans les mss et les inscriptions, par II. S., c’està-dire L (ibra), L(ibra), S(emis) = 2 livres 1/2 (le sesterce valait primitivement 2 as 1/2). L’emploi d’expressions telles que septem millia sestertiorum ou sestertiûm, par abréviation sepiem sestertiûm, donna naissance au neutre sestertiûm, U, qui signifia grande sesterce, c’est-à-dire 1000 H. S. Donc duodecim millia sestertia signifie 12 millions de sesterces. De même, les adverbes numéraux en es joints à sestertiûm désignent les centaines de mille de sesterces ; ainsi decies sestertiûm = 1 million de II. S. Dans un ms., II. S. M.C. peut désigner également 1100 sesterces et millies centies, c’est-à-dire 110 millions de sesterces. — Quand les chiffres romains qui suivent II. S. sont surmontés d’un trait, on sousentend decem millia. (Voy. Madvig, Gramm. lat.,h la fin, et Lebaigue, Dict.-lat. fr., p. 1368).

2. Burmann, Vectigalia populi Romani, 1734; Ilegevvisch, Finances romaines, 1864 (ail.); Savigny, Système d’impôts sous l’Empire romain, 1864 (ail.) ; Dureau de la Malle, Économie politique des Romains, 1840 (bon travail) ; Bouchard, Administration des finances sous l'Empire romain, 1871 ; Naquet, Impôts indirects chez les Romains, 1875.

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