VII. — LA FAMILLE ET LA VIE PRIVÉE
Fiançailles, mariage. — Le consentement du père de famille était nécessaire pour le mariage légal ; la loi interdisait les alliances entre l’oncle et la nièce, la tante et le neveu, et même, à l’époque impériale, entre cousins germains. — Les fiançailles n’étaient pas, comme chez les Grecs, une cérémonie indispensable. La fiancée recevait du fiancé un anneau, et le fiancé un cadeau de la fiancée. Le fiancé n’était pas lié par les fiançailles : mais, depuis Sévère, l’infidélité de la fiancée fut assimilée à l'infidélité de la femme. — Le mariage peut se faire avec ou sans la in manum conventio. Dans le premier cas, la jeune fille sortait de la potestas de son père, et passait dans la famille de son mari ; sa dot appartenait à son mari. Dans le second cas, elle restait en puissance de son père et conservait la disposition de sa fortune. La conventio in manum s’effectue de trois manières : 1° par confarreatio , le mode le plus ancien et le plus solennel ; 2° par usus ; 5° par coemptio. La confarréation tirait son nom de la farine dont étaient faits le farreus punis et le farreum libum dont mangeaient les jeunes époux. La présence de dix témoins était nécessaire. [Pour les autres modes, voyez plus haut.]
Outre les auspices et le sacrifice, la cérémonie du mariage comprenait la deductio. La fiancée était conduite de la maison de son père chez son fiancé par un simulacre d’enlèvement, qui se faisait le soir, sous la protection de Junon Domiduca , à la lueur des torches et au son du vieux chant aulique de Talasio La fiancée mettait une tunique blanche et un voile jaune, et plaçait dans ses cheveux, séparés en six boucles sur le devant, un bouquet de fleurs qu’elle
1. Cf. Froehner cl d’Aroza, Bas-reliefs de la colonne Trajane, 1873.— En cc qui concerne l’armement des soldais, Genthe pense (Congrès de MViesbaden, 1878) qu’on a attaché trop de valeur aux représentations de la colonne Trajane, qui ne s’accordent pas avec les armes découvertes dans les castella romains en Germanie. Les proportions ont été altérées sur la colonne pour les besoins de la perspective. — Il y a de très bons modèles de légionnaires en armes aux musées de Mayence et de Saint-Germain.
2. Voy., plus haut, l’essentiel sur le droit privé chez les Romains, la puissance paternelle, l’affranchissement, les formes diverses du mariage, etc. D’autres questions touchant à celles-là m’ont semblé pouvoir être laissées de côté dans un ouvrage classique. — Voy. en général Guider et Koner, Vie des Grecs et des Romains, trad. angl., 1877 ; Friedlaender, Mœurs romaines sous l'Empire, excellente trad. fr., 1865 ; Dézobry, Rome ati siècle d' Auguste, A vol., 1846, souvent réimprimé (Ie éd., 1874), et traduit en ail. (généralement exact).
3. Selon Robiou, Mém. de la Soc. Linguist., t. 1, ce mot est l’étrusque Thalna Lasa = Junon Reine. Dans les religions italiques, Junon est la divinité tutélaire des femmes ( Juno matrona). Cf. Festus, p. 543, Millier ; Tibulle, 4, 6, 13, etc.