Thèse de Bouché-Leclerq
7. Sous Ancus Marlius, lorsque les besoins de la défense du Janicule rendirent nécessaire la construction d’un pont, le dieu Tibre effraya les Romains qui tentaient de lui imposer un joug; alors les pontifes construisirent un pont de bois, sans fer ni airain, tout prêt à céder à la colère du dieu. — La tradition qui attribue à Numa l’institution de 4 pontifes patriciens est incompatible avec cette étymologie, donnée par Varron, Festus, etc., et qui paraît plausible. La construction d’un pont a dû sembler d’abord une atteinte portée à la majesté des éléments ( pontem indignaius Araxes ) ; et il était naturel, dans les idées des Anciens, que la religion intervînt pour les fléchir.
8. D’abord présidé par le roi, le collège des pontifes, qui se recrutait par cooptation, le fut dans la suite par le pontife maxime, chargé de sacrifier pour l’État, de choisir et de surveiller les vestales, et de rédiger les Grandes Annales. — Legrand pontife, nommé à vie, logeait dans un édifice public, Regia, et ne pouvait sortir d’Italie. Élu par le collège jusqu’en 104, il le fut par les comices de tribus jusqu’à Sylla, qui rendit ses droits au collège; César, dictateur, rendit l'élection aux comices, et quand Tibère supprima ces assemblées, elle passa naturellement au Sénat. — Le grand pontife, qui n’est pas sans analogie avec le dictateur, avait une certaine autorité civile et pouvait présider les comices. De 4, la loi Ogulia (452) porta le nombre des pontifes à 8, dont la moitié plébéiens ou mineurs. Sylla éleva ce nombre à 16. Depuis Auguste jusqu’à Gralien, tous les Empereurs furent grands pontifes. Aurélien créa un collège des pontifes du soleil; Constantin fut à la fois pontife païen et chef du christianisme. (Voy. Aubé, de Constantino pont, max., 1859.)