INVASION DES CULTES ORIENTAUX
d'index des dieux reconnus1 2. — Les principaux dieux de cette période sont Janus, Jupiter, Mars, Quirinus, Saturne, Jana, Junon, Ops et Yesta.
Deuxième période. — Cette période, qui s’étend des Tarquins à la guerre punique, est marquée par un premier élargissement de la religion romaine et par les progrès de l’anthropomorphisme sous l’influence de la Grèce. Les livres sibyllins sont apportés de Curnes, le dieu grec Apollon fait son apparition, ainsi que Castor et Pollux, Déméter, etc. Les divinités nouvelles sont identifiées, le plus possible, avec les divinités anciennes, souvent d’après des analogies toutes verbales02.
Troisième période. — Vers l’époque des guerres puniques commence la décadence de la religion romaine, sous la double action de la philosophie grecque, qui enseigne aux classes élevées le scepticisme3, et des cultes de la Grèce et de l’Asie4, croissant en influence à la faveur de la corruption qu’ils augmentent. Cicéron se plaint que les augures ne connaissent plus leur art, et en accuse l’indifférence de la noblesse5. L’oracle de Delphes est délaissé, tandis que les astrologues et les Chaldéennes encombrent Rome. Summanus, un dieu romain autrefois puissant, n’est plus qu’un souvenir; on ne sait plus qui sont Véjovis, Falacer, Furrina, divinités déjà presque disparues quand Varron recueille pieusement leurs noms 6. — 11 y eut bien quelques efforts pour arrêter cette décadence. En 186 de Rome, le Sénat sévit contre la société des Bacchanales, qui célébrait, au milieu d’affreux désordres, le culte de Bacchus, venu d’Etrurie. Sur 7000 affiliés, 5000 furent mis à mort. En 191, des livres apocryphes, attribués à Numa (peut-être un essai de religion philosophique),
1. Serv., ad Georg., 1, 21 : « Nomina liaecnuminura in indigitamentis invenientur, id est, in libris poutificalibus, qni et nomina deorum et rationes ipsorum numinum continent. » — Les dieux des lndigitamenta ont un caractère tout romain : ce sont des dieux spéciaux, créés pour une circonstance particulière, d’une compétence si bornée, que l’action la plus simple donne souvent naissance à plusieurs divinités ( Vaticanus , le dieu qui fait pousser à l’enfant le premier cri ; Fabulinus, celui qui lui fait prononcer la première parole, etc.).
2. L’Hercule du Latium est un dieu champêtre, plus proche du dieu Terme et de l’Hermès
grec que d’IIéraclès, auquel on l’assimila. Hercules est un diminutif comme Romulus, dont la racine est hercere, signifiant enclore , séparer. De même n’est pas Proserpine,
ni EeniXr) Stimula, ni Mnémosyne Moneta, ni les Muses les Gamènes. (Voy. Bréal, Mélanges de Mythol., p. 48.) Mais les Romains n’y regardaient pas de si près.
3. Le théâtre latin dérive en grande partie du sceptique et raisonneur Euripide. Ennius traduisit en latin Y Histoire sacrée d’Évhémère.
4. Le caractère de ces derniers cultes est l’importance donnée au prêtre , qui n’est pas citoyen comme à Rome, mais esclave du dieu qu’il sert. En outre, les femmes y jouent un grand rôle, inconnu des religions aryennes.
5 Auspicia quaenunc a Romanis auguribus ignorantur [de Divin., 2, 245). La noblesse donnait l’exemple de l’abandon des vieilles croyances : Sylla portait sur lui une figurine d’Apollon comme amulette; César, grand pontife, niait l’immortalité de l’âme en plein Sénat. De son côté, le plébéien Marius se faisait suivre en guerre par une prophétesse syrienne.
6. Varr., L. L., 6, 15 : « Furrina, cujus deae honos apud antiquos : nam et sacra instituta annua et flamen attributus; nunc vix nomen notum paucis. » Summanus est généralement dérivé d eSummus Manium : mais on peut rapprocher ce nom de celui du Pluton étrusque, Mantus (d’où Mantua), monstre représenté sur les monuments la bouche béante, et qui a probablement la même racine que mandere. — Boissier attribue une grande importance, dans la décadence de la religion romaine, au remplacement de la cooptation par l’élection dans les collèges religieux (loi Domitia, 104).