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ALPHABETS ANCIENS

Les Alphabets anciens1. — L’Alphabet, qui est devenu commun à tous les peuples indo-européens2, est d’origine sémitique, et dérive de l’écriture égyptienne par l’intermédiaire de l’alphabet phénicien. Il a subi des modifications nombreuses.

Alphabets grecs*. — Alphabet de Théra. Dans les inscriptions très archaïques de file de Théra et de Mélos, les caractères grecs sont encore presque phéniciens4. Le 0, correspondant au clæt phénicien, sert d’esprit rude au commencement des mots et s’emploie pour Y epsilon long, là où les Ioniens et les Attiques mettront plus tard Y êta. L'oméga s’écrit o, les lettres doubles H,

en latin, 1863. Les autres vol. contiennent les inscr. classées par pays : t. II, inscr. d’Espagne ; t. III, Asie, Grèce, etc. On a abandonné la disposition par matières, Tituli sépulcrales, magistrat uum, elc., suivie dans Orelli). Les découvertes postérieures à la publication de chaque vol. sont consignées dans un périodique nouveau, Ephemeris epigraphica. — Il faut citer encore : Boissieu, Inscr. antiques de Lyon, 1846-51 ; Mommsen, Inscr. du roy. de Naples (spécimen du Corpus), 1852; L. Renier, lnscr.de l'Algérie, 1855-60, et Mélanges d'épigr., 1854; Borghesi, Œuvres (vol. I-IV, Inscr.); Robert, Epigr. gallo-rom. de la Moselle, 1869-1873; Desjardins, Monum. épigr. du musée de Pesth, 1873 (« le plus beau recueil d’inscr. lat. publié par un Français. » [L. Renier] ).

Conestabile, Inscr. étrusques de Florence ; Lepsius, Inscr. ombriennes et osques ; Aufrecht et Kirchhoff, Monuments ombriens (ail.); Bréal, Tables Eugubines, 1875; Kirchhoff, Loi de Bantia, 1855 (ail.); Fabretli, Inscr. et glossaire italiques, 1867; Corssen, Inscr. étrusques, dans le 2° vol. de ses Étrusques, 1876.

Voy. le Compte rendu de Bursian, le Bullelino di Corrispondenza archeologica de Rome, et Hübner, Esq. de leçons sur l'épigr. rom., 1877 (ail.) (bibliogr. excellente).

1. Voy. l’art. Alphabet dans Saglio, par Lenormant, avec des planches très utiles, résumé de son grand ouvrage sur l’alph. phénicien, 1866. — D’hiéroglyphique, l’alph. égyptien devint idéographique et puis phonétique (le rébus). Quand les signes servirent à représenter la syllabe initiale de leur prononciation au sens figuratif, le syllabisme naquit du rébus; et comme les voyelles, en égyptien, sont fort incertaines, les signes syllabiques vinrent bientôt à figurer des consonnes : l’alphabétisme était trouvé. Les Phéniciens furent les vulgarisateurs de l'alphabet simplifié, ce qui lit qu’on leur en attribua l’invention (Lucain, III, 220). Les caractères phéniciens, comme l’a démontré de Rougé, dérivent de la tachygraphie hiératique. — La théorie de l’alphabet grec est due à Mommsen, Dial, de l'Italie (ail.) et Kirchhoff, Etudes sur l'hist. de l’alphab. grec (ail.), 3° éd., 1875.

2. L’alphabet devanâgari (sanscrit) dérive de l’alphabet sémitique : voy. Weber, Esquisses indiennes (ail.), 1857. Les plus anciennes inscr. datent du troisième siècle avant J. G. (inscription d'Açoka).

3. 11 existe beaucoup d’inscr. lyciennes, dont quelques-unes bilingues, écrites en carac¬

tères voisins du grec, mais jusqu’à présent inintelligibles. La langue paraît iranienne. (Savelsberg, 1873.) — A Chypre, outre beaucoup d’inscr. phéniciennes (de Vogué, Ross, Ceccaldi, Cesnola), on a trouvé des inscr. en caractères syllabiques, d’origine cunéiforme, où Smith et Deekeont reconnu du grec. (Voy. un mém. de Bréal, Acad, des inscr., 1er juin 1877). C’est un des beaux triomphes de la science moderne. Jusqu’en 1856, on ne connaissait le cypriote que par des monnaies, époque à laquelle Luynes publia une tablette de bronze d’Idalium écrite avec ces lettres. Une inscr. bilingue, phénicienne et cypriote, permit d’entreprendre le déchiffrement. Smith, l’illustre assyriologue, qui ne savait pas le grec, reconnut qu’un même mot, signifiant roi, était écrit de même, à une seule lettre près, en deux endroits différents : il conclut que les deux mots devaient être un nominatif et un génitif grec, pa<TfXeü;, La laugue était donc le grec : on retrouva peu à peu beaucoup

de mots cypriotes conservés dans les anciens lexiques, et l’on reconnut que la table d’Idalium était un contrat conclu par le roi et la cité avec des médecins qui s’engagent à soigner les habitants, malades à la suite du siège de la ville par les Mcdea.

-1. Alphabet cadmèen. (Lenormant.)

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