‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 63 sur 591 · ALPHABET LATIN · texte numérisé non relu

ALPHABET LATIN

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, X, s’écrivent K ^ = (K2), p g (= n h), cl K g (= K h). Le kopjta phénicien est représenté sous la forme Ç> (le Q romain), restée le symbole numérique de DO. L’écriture va tantôt de droite à gauche, tantôt de gauche à droite, tantôt elle est boustrophède, c’est-à-dire allant alternativement de droite à gauche et de gauche à droite, les caractères étant tracés sur la pierre comme le sillon de la charrue sur un champ.

Alphabet corcyréen. C’est l'écriture d’anciennes inscriptions de Corcyre et de vases archaïques de Corinthe, Capoue, Noie, etc. ; U s’y représente

par V, a par M S 7. 4/-

Alphabet vieux-dorien. Il se rencontre surtout dans les inscriptions de Béotie et des colonies doriennes et clialcidiennes de la Grande-Grèce :

'i, cp, y ont les formes X, (D, \ s’écrit souvent 2 [=ya). C’est

l’écriture de la fameuse inscription du casque d’iliéron de Syracuse, offert à Jupiter Olympien par Iliéron, vainqueur des Tyrrhétiiens à Cumes, et retrouvé en 1817 à Olympie.

Alphabet vieil-attique, en vigueur depuis les guerres Médiques jusqu’en 402. On y trouve encore g et H figurant l’esprit rude, \ et ^ écrits Xi et <D21 2 * *.

Alphabet ionien, introduit dans l’épigraphie officielle d’Athènes sous l’archontat d’Euclidc par la loi dite d’Archinus5. 11 distingue les lettres s et yi, o et w. On dit (à tort) que les quatre lettres rh w, £, cp, ont été introduites dansl’alph. attique par Simonidc etÉpicharme h — Même après la loi d’Archine,

les formes atliques du -y et du X ([/ et persistèrent encore quelque temps.

Alphabet latin. — Il ne dérive pas directement de l’alph. phénicien, comme l’alph. grec, mais des alph. en usage dans la Grande-Grèce, surtout à Cumes0. Aussi l’alph. romain est-il presque identique à l’alph . chalcidien: H correspond à g (esprit rude), Q au koppa, R se distingue du P grec par une queue qui se trouve dans les inscriptions grecques très anciennes6.

L’alphabet latin se modifia peu : de 21 lettres au début, il s’enrichit plus tard de Z, Y et G7.

1. 1 et M, dérivant de deux sifflantes phéniciennes, sont, à l’origine, des lettres diflérentes. Les musiciens, du temps d’Aristoxcne, distinguaient encore le san cl le sigma. Même observation pour les deux formes du

2. Le digamma (F) adisparu. Sur cette lettre, voy. la Phonétique.

5. Cet alphabet était déjà répandu en Béotie (inscr. d’Orchomène, C. 1. G., loti!)).

•I. Cf. Lenormant dans Saglio, Dicl. Ant. p. 208. Bien avant Archinus, Euripide s’était servi de I’tj comme voyelle dans son Thésée (Ira g. 5).

5. L’alphabet étrusque dérive de l’alpb. grec. Il fut la souche des alpli. ombrien, sabelliquc, osque, euganéen et rhétien (voy. les tableaux dans Saglio, ib.t p.212, 211 sqq.). Mais l’alph. latin, comme l’a montré Olfr. Muller, vient directement du grec : la preuve, c’est que pour exprimer le son F, propre aux langues de l’Italie, les Romains n’ont pas employé la lettre 8 inventée par les Étrusques et adoptée par les Ombriens, mais ont emprunté le digamma grec. L’alpb. falisque est à la fois étrusque et latin.

C». Tac., Ann., Il, 11; Forma est litteris latinis, quae veterrimis Graecorum.

7. Voy. les modifications «les formes des lettres dans Bitscbl, Monum. de l'anc. Latinité (lac-simile). — Le latin archaïque isole les différents traits d’une lettre : II — F, 1111 = M, etc.

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