EPIG RAP111E GRECQUE
§ I. — ÉPIGRAPH IE.
Principes d’Épigraphie grecque. — Nous avons une longue inscription attique contemporaine d'Eschyle : mais le plus ancien manuscrit d’Eschyle que nous possédions 11e remonte qu’au onzième siècle après Jésus-Christ. La pierre a été gravée par un Athénien parlant la langue attique : le manuscrit a sans doute été écrit par un Byzantin parlant un grec corrompu. On conçoit dès lors l’importance des textes épigraphiques comme documents historiques et grammaticaux.
L’étude de l’épigraphie a renouvelé l’archéologie et l’histoire. Les livres 11e nous font connaître, de la vie antique, que les côtés extérieurs, les guerres, la vie des grands hommes : quant aux institutions, à la vie sociale de tous les jours, les historiens anciens n’en. parlent guère, parce qu'ils supposent que leurs lecteurs en sont informés. Or c’est là précisément ce qui nous est le moins connu dans l’antiquité, et ce qui mérite le plus de l’être: car l’esprit humain se peint mieux dans les lois et les mœurs d’un peuple que dans les accidents de son histoire militaire1. — Les anciens n’avaient ni journaux officiels ni livres] aunes : au lieu d’écrire leurs annales législatives, diplomatiques, religieuses, ils les gravaient. Le recueil de toutes les inscriptions attiques que l’on conservait au Métroon serait pour nous l’équivalent du Journal officiel d’Athènes. — Presque tout ce que nous savons des corporations religieuses et industrielles, de Yéphëbie , du gouvernement des provinces romaines, des dialectes italiques et grecs -, nous a été révélé par les inscriptions. Ce serait une grande marque d’ignorance ou de présomption de vouloir écrire aujourd'hui l’histoire ancienne sans tenir compte de l’épigraphie5.
A l’origine, l’alphabet latin se composait de 21 lettres (en comptant un Z placé entre U et II, à la place où l’on introduisit plus lard le G) et s’arrêtait à l’X, que Quintilien appelle ultima nostrarum. Le Z = Ç disparut de bonne heure du latin ; mais il se trouve dans le chant des Saliens et les inscr. Marses. Le Z reparut après Accius dans les mots tirés du grec, et du temps de Cicéron on lui rendit une place à la lin de l’alphabet. — Anciennement, le G se prononçait G. Par suite de l'influence de l’étrusque, la gutturale G devint dure, et le K, faisant double emploi, disparut. Plus tard, le son G reparaissant dans la langue, on réserva le G pour le son K, et l’on donna à G le son moderne (réforme dite de Spurius Carvilius, vers '500 de Rome). L’Y grec fut introduit à Rome en même temps que le Z nouveau.
1. Franz : « Ncscio quo paclo propinquiorcs mihi vclcres Graeci videbanlur, quolie»cuinque ad marmora eorum accesseram. »
2. Voy. Caucr, Choix d’inscriptions grecques remarquables pour le dialecte, IST7. Il faudrait une chrcstomathie italique du même genre.
Ci. en général, Le Bas, Utilité de l'épi graphie, 1X2.1; Desjardin», lier, politique et tilt., 1X70. — Les anciens, surtout Tirnéc de Locres, ont déjà reconnu l'importance des inscription» pour i histoire. Parmi les épigraphist es anciens, il faut citer Philochorc (ir^çai* g. 7- a ’A~*.w.j, Polémon Stélocopas, collectionneur [presque maniaque (Gf. F.gger, Ménit d’hist. anc .1,