Proclus est né à Byzance en
Voy., sur Proclus, un mémoire de H. Berger, intitulé : Proelut : exposition de sa doctrine j Paris, 1840; et un mémoire de M. Jules Simon, intitulé * Du commentaire de Proclus sur le Timée de Platon^ Paris, 1839.
successeurs de Plotin, de Porphyre et de Jamblique chercha en vain un asile à la cour de Gosroës, qui se prétendait philosophe. Damascius ramena cette colonie découragée , et désormais méconnue, sur les terres de l'empire, où elle s'éteignit obscurément vers le milieu du sixième siècle. Ainsi finit l'école d'Alexandrie, et avec elle la philosophie grecque.
Nous avons vu la philosophie grecque sortir du vieux fond de la théologie païenne, et les premiers efforts de la pensée, avant d'aboutir à la philosophie proprement dite, donner naissance à des essais d'interprétation timide qui constituent les mystères. Les mêmes circonstances se représentent au début de la philosophie moderne; elle sort, comme la sagesse antique, d'une religion, et la scolastique, comme autrefois les mystères, sépare la soumission absolue à l'autorité religieuse de l'indépendance philosophique.
Cette position intermédiaire de la scolastique entre la soumission absolue et l'indépendance complète montre assez quel esf son caractère, et en même temps quel est son rôle dans l'histoire. La religion chrétienne, après avoir définitivement triomphé de l'ancienne civilisation, avait consacré sa victoire par la fermeture des écoles grecques. Elle régna seule sur les esprits dans les premiers temps; mais le besoin d'examiner par soimême, de penser avec indépendance, n'est pas un produit factice de l'activité humaine; il est au fond de notre nature, nous ne pouvons y échapper. Comprimé à grand^peine, il n'éclate ensuite qu'avec plus de force. Nous n'avons pas seulement besoin de croyances; il nous faut le libre développement de la pensée. La religion chrétienne donnait aux esprits la sécurité et la force qu'apporte avec elle une foi inébranlable pour toutes les vérités qui intéressent notre avenir; mais si elle mettait un terme aux in-
1 . Consultez les Études sur la philosophie dans le moyen âge, par M. Rousselot. 3 vol. in-8, Paris, 1841 ; M. Cousin, Pragm. phil, Phil. scolastique, et VHiS' toire de laphilosnphie scolastique ^ par M. B. Hauréau.
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quiétudes de Tesprit, elle ne fournissait point d'aliments à son a^ivité. Quand l'autorité de l'Église fut bien établie et bien constatée, et que le moyen âge se trouva constitué par le fait seul de la prépondérance du pouvoir spirituel, la philosophie, d'abord timide, soumise, naquit comme une autre forme des vérités que la religion enseignait. Cette philosophie, qu'on a nommée la scolastique, est donc contemporaine de l'établissement définitif de Tordre religieux et civil qui constitue le moyen âge; c'est dire qu'elle apparaît sous Gharlemagne, et que son point de départ est une obéissance absolue à l'autorité de l'Église. Il n'est pas moins aisé de fixer le moment où elle doit finir. Sa fin est marquée par la chute du moyen âge et la naissance de l'esprit moderne. La philosophie elle-même, en s'émancipant peu à peu par la seule force de son principe, contribue plus que toute autre cause à produire cette révolution. Après avoir été, sous Gharlemagne, une forme de la vérité religieuse et une forme à peine plus libérale que la forme théologique, elle reconquiert insensiblement l'essence qui lui est propre; mais en même temps qu'elle se retrouve elle-même, cette forme servile qui lui a servi à s'établir lui devient un obstacle, de sorte qu'à la fin du moyen âge la philosophie, qui a vécu et prospéré par la scolastique, marque à son tour son avènement définitif, en rejetant loin d*elle la scolastique. Déjà assez puissante au quinzième et au seizième siècle pour se passer de ces formes surannées, elle s'essaye à marcher librement en renouvelant les doctrines et les méthodes de la Grèce, et enfin, au début du dix-septième siècle, entièrement émancipée par Bacon et Descartes, elle marche à ciel ouvert, et ne relève plus de personne.
On peut distinguer trois époques dans la scolastique : première époque, subordination absolue de la philosophie à la théologie; seconde époque, alliance de la philosophie et de la théologie; troisième époque, commencement d'une séparation faible d'abord, mais qui peu à peu grandit, s'étend, et aboutit à la philosophie moderne*
PHILOSOPHIB DU MOYBN AOB. 56S
Première époque de la seolaetique.
Pendant cette première période, la philosophie n'est (fue la démonstration par les lumières natarelles des térités de la foi ; elle n'aspire ni à modiCer, ni à développer la doctrine religieuse, . mais seulement à la reproduire sous une antre forme. Elle n'a point pour but la découverte de la vérité; elle se résigne à être purement et simplement une méthode d'eïposition. L'histoire n'a donc à étudier pendant cette première période que la forme de l'enseignement philosophique; quant au fond des idées, il appartient tout entier à la théologie. La théologie à cette époque a pour base, outre l'autorité de l'Église et les Écritures propre* ment dites, la tradition et les saints Pères, surtout les Pères latins, car les Pères grecs étaient peu connus hors de Gonstanti" nople, et la langue grecque elle-même n'était pas cultivée dans les écoles ;*et parmi les Pères latins, celui qui représentait tous les autres était saint Augustin. De là, dans les idées qui avaient cours en philosophie, comme une lointaine analogie avec les doctrines de Platon dont saint Augustin et ait imbu, et qui, par les Alexandrins, s'étaient infiltrées plus ou motns dans les écrits théologiques des Pères. Pour la forme philosophique, on était rédoit à quelques écrits de Mamert ', f\^ Capella* de Boëce*, de Cassiodore*, d'Isidore», de Bède le v^;nérable*. VOrganum d'Aristote, envoyé de Constantinople en présent à Charlemagne, eut surtout une influence dominante; e ,t j^ philosophie ne hit guèr& autre chose que la forme du syllogi jnoe, appliquée dans toute sa rigueur e^avec une subtilité exc<issive k des idées^ élevées et
t. ne Vi«im« en Dauphiné, mort tBi:-» 477 après J..C. DtV ^n^ntUtÊUanimâB, Sou- T«iil imprimé.