Mort en 575. De teptem dieeiplinis
5. Isidore, HispaUnsu, archevêque de Séyille, mort en , 636- Originum seu thfftt&toffiofWH lib. XZ.
S. ne Weremouth, en Airglrterre, ûé en S7à, tàM en t3î S. SWOBnWei, Bâk» 1563; Cologne, 1612.
profondes, mais qui appartiennent au christianisme et à saint Augustin, et que la scolastique n'a pas le droit de revendiquer comme son bien.
Chargé par Gharlemagne d'organiser les écoles, Alcuin donna le premier l'impulsion à la scolastique '. Après lui Scot Erigène, érudit pour son temps, car il savait le grec et a traduit Denys l'Aréopagite, contribua à répandre dans les écoles les idées néoplatoniciennes dont Denys l'Aréopagite n'est que l'écho ; saint Anselme, avec moins d'érudition, mais une inspiration plus haute, se nourrit d'un mysticisme moins vague et moins obscur, puisé à la source des Pères, et mérita le nom de second saint Augustin; Pierre le Lombard, plutôt théologien que philosophe, réunit les sentences des Pères dans un livre qui devint promptement classique, et le fit surnommer le Maître des sentences. Vers le même temps commencèrent les querelles des réalistes et des nominalistes, qui représentèrent sous 'une forme nouvelle pendant la durée du moyen âge la lutte d'Aristote contre Platon.
La doctrine des TAominalistes consiste à soutenir que les individus seuls ont une axistence réelle, et que les termes généraux, utiles pour aider la iHémoire, nécessaires pour la construction d'une langue, ne représ. entent rien autre chose que la collection des individus auxquels lUs s'appliquent, et ne sont par conséquent que des mots, quc^nd on les considère en eux-mêmes, abstraction faite des indivia^us sensibles. Cette doctrine, condamnée par un concile, avait été enseignée dans l'école de Paris par Roscelin.
Les réalistes soutenaient précisément la thèse oppos2e. Ils pensaient que les term.es généraux ne sont pas une appellation collective donnée à une classe d'individus, mais le nom ^propre d'une certaine n* ature subsistante en elle-même, distincte de l'esprit qui la com;oit et des individus qui lui ressemblent, anté-
1 . Né en Torksb ire en 726, mort en 804. Ses OEuvret , publiées à Ratisbonne par Forster, 1773^ S yol. in-fol. C'est le maître de Rhaban Haur, archevêque de Mayence, 858.
rieure au moins logiquement à ces individus, et contenant en soi plus de stabilité. Telle est la doctrine qu'enseignait» avec l'approbation de l'Église, Guillaume de Ghampeaux» qui fut un des maîtres d'Abélard.
Voici maintenant d'un seul mot le vice capital de chacun de ces deux systèmes.
L'opinion des réalistes est contraire à l'expérience; elle multiplie les êtres sans raison sufûsante» ou, du moins, sans raison démonstrative; elle réunit dans l'essence des universaux des éléments qui semblent contradictoires, puisqu'elle les rend à la fois abstraits par leur définition, et individuels en vertu de l'hypothèse.
D'un autre câté, si l'on admet avec les nominalistes que les in* dividus seuls ont de la réalité, et que les universaux ne sont rien par eux-mémeSy comment expliquer l'uniformité avec laquelle certaines classifications se font et se sont toujours faites dans toutes les langues et dans tous les esprits? Gomment se rendre compte de la permanence des espèces? A quoi rattacher l'existence des lois ?
On considère ordinairement Abélard^ comme l'auteur d'une tentative de conciliation d'où est né un troisième système, appelé le conceptualisme, qui soutient que les termes généraux expriment une idée nécessaire de notre esprit, et n'expriment que cela, et s'eflbrce ainsi d'échapper à toutes les difficultés, en donnant comme les réalistes une explication de la fixité et de la permanence des notions les plus générales, sans toutefois être obligé comme eux d'admettre ce monde chimérique, exclusivement peuplé d'universaux, et dont on ne comprend ni la nature, ni la cause, ni les rapports avec le monde que nous habitons.
Tels sont les divers points de vue sous lesquels la question des universaux est envisagée dès la première période de la scolastique. Abélard, que l'on regarde quelquefois, et peut-être avec raison, comme le vrai fondateur de la scolastique, adopte, dans
1. Né en 1079, mort en 1142. Voy. les Fragm, de phiiot. seoUnî., par M. Cousin, 1840.
IMIord, par M. de Rèmusat, 3 voL in-8, 1845.
cette querelle, Topinion la moins raisonnable, car elle ne fiût que déplacer le problème en expliquant tout par dee idées né* cessaires, qui restent elles-mêmes inexpliquées et inexplicables ; toutefois il défend sa doctrine par une polémique assez vigoureuse contre ses adversaires, quoiqu'il ne réussisse pas à Tétayer elle-même sur une philosophie bien profonde. Ce qui constitue la véritable importance d'Abélard, c'est son attachement à la logique et au droit de démontrer, et par suite de discuter les vérités mêmes de la foi. Abélard ne songe pas à faire de la philosophie une puissance rivale de la religion ; mais c'est à ce ré* sultat qu'il tend sans le savoir, et ce sont ces conséquences de l'esprit de controven e qu'il voulait introduire dans la philosophie et jusque dans la théologie qui armèrent saint Bernard contre lui. Abélard fende une méthode et non une école. Pour la doctrine, il ne s'élève pas au-dessus de Roscelin, son premier maître, obscurément condamné, et qui n'eût jamais suscité les redoutables colères de saint Bernard. Ce que saint Bernard attaque, ce n^est pas le nominalisme qui est à terre, ou ce conceptualisme insaisissable dont Abélard n'a pas lui-même une idée bien déterminée: c'est Abélard, c'est le logicien, c'est cette puissance qui se révèle par les ruines qu'elle accumule, et qui aux yeux de saint Bernard ne semble pas moins fatale aux vérités qu'elle soutient qu'aux vérités qu'elle détruit, parce qu'il prévoit qu'après le triomphe de la dialectique aucun principe ne paraîtra solide, s'il n'est appuyé sur ce fondement. C'est donc l'indépen* dance de la raison humaine qui a été combattue dans la personne d'Abélard. Abélard, malgré l'insuffisance de sa doctrine, mérite d'être compté parmi les précurseurs et les martyrs de la liberté de penser.
Dewnème époque de la eookutUpm,
L'introduction des ouvrages d'Aristote dans l'Europe occidentale fut le signal d'une révolution véritable dans la philosophie scolastique. Ce furent les Arabes qui nous rendirent les monuments de l'école péripatéticienne, dont on ne possédait jusque-là,
en Europe, qu'un seul, VOrgamum. Exalté et subtil tout ensem* ble, le génie des Arabes était particulièrement propre à admirer à la fois le mysticisme alexandrin et les systèmes profonds et compliqués d'Aristote. Cette alliance d'une logique subtUe avec des idées mystiques est le caractère qui distingue les commenta* teurs arabes , Avicène S Al-6azali *, Averroès '. De loin en loin, des chrétiens, des Juifs surtout allaient étudier la philosophie chez les Arabes, en Espagne. C'est de là que Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II) rapporte au dixième siècle les chiffres arabes et une plus grande connaissance de la philosophie d'Aristote. Les Juifs traduisaient Aristote en hébreu, et comme Thébreu était alors plus connu que le grec , leurs versions ne tardèrent pas à être elles-mêmes traduites en latin, et ce fut ainsi qu'Aristote se répandit dans les écoles.
Le moyen Age n'avait pas à choisir entre Aristote que les Arabes lui donnaient, et Platon dont on n'avait pas les ouvrages. Si les dialogues de Platon avaient été alors portés en Europe, il est probable que cette philosophie aurait été repoussée à cause du caractère libéM de la méthode qu'elle emploie, et malgré son analogie, pour le fond des idées, avec la doctrine chrétienne. Il se trouva, au contraire , que les méthodes péripatéticiennes étaient si conformes à l'esprit et aux tendances de l'autorité , qu* Aristote fut universellement accepté par l'Église, et vint ainsi fournir à la spéculation des matériaux abondants , sans paraître dangereux, dans ces commencements, pour la stabilité des idées reçues*.
Trois hommes supérieurs représentent la seconde époque de la scolastique : Albert le Grand , saint Thomas et Duns Scott. Albert* est surtout un érudit. Il est douteux qu'il sût l'arabe