‹ Manuel de philosophieChapitre 12 sur 129 · La Fontaine, édit de Ch. Lahure, 1. 1, p · texte numérisé non relu

La Fontaine, édit de Ch. Lahure, 1. 1, p

les affroQteTi et nous sommes ici-bas pour les subir avec eau*rage, je le sais ; mais la raison, qui nous enseigne le devoir, parle-t-elle toiyours assez haut? Dieu a voulu que» même en méconnaissant sa voix, nous ne puissions pas violer son ordre; il nous a attachés à la vie par le plus fort de tous les liens sensibles.

3. Voilà le présent assuré ; mais Tavenir ne Test pas. La mauvaise saison succédera à la bonne, et la disette à l'abondance. La fortune est changeante, et l'homme imprévoyant. Aussi bien, la prévoyance n'est-elle pas pleine de soucis, et que sais-je d'ailleurs si je vivrai demain? Ainsi je parle, mais la nature, plus forte que mes vains raisonnements, et prévoyante pour moi qui ne le suis pas, m'inspire d'amasser et de thésauriser. Elle fait que je trouve du plaisir à acquérir et à posséder, même sans user. L'avarice est la meilleure preuve que l'on puisse donner de ce penchant, parce qu'elle en est l'excès, et que les principes de notre nature se marquent d'autant mieux, avec leurs caractères propres, que leur développement est plus exclusif et plus extrême. Or, toute la joie de l'avare est concentrée dans la possession de son trésor. Ce n'est ni l'usage, ni la considération des avantages que donne la richesse qui l'y attache ; son plus vif chagrin serait d'en distraire quelque chose. Posséder lui suffit; il est heureux, pourvu qu'il garde. Ce n'est aucun calcul qui le décide ; c'est cette chose aveugle qu'on nomme l'instinct.

PENCHANTS RELATIFS A L*INTELU6ENGE. 139

DES SBRTIlfSNTS ET DBS PENCHANTS QUI PROTEGENT LA YIB

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