‹ Manuel de philosophieChapitre 121 sur 129 · Locke, VEneyclopédie. Condillac · texte numérisé non relu

Locke, VEneyclopédie. Condillac

Locke appartient par sa date au dix-septième siècle*; mais son école tient une place considérable dans la philosophie du dix-huitième. On peut voir en lui le philosophe qui a définitivement constitué la science psychologique. Sous ce rapport il est vrai de dire que son influence dure encore, et qu'il est du petit nombre de ceux qui ont concouru à rendre à la philosophie son caractère et sa méthode.

« Locke raconte, dans les premières pages de son livre*, que dans une conversation à laquelle il assistait, une question étrangère à la philosophie fit naître une discussion où les opinions les plus diverses furent avancées, sans que la difficulté pût être résolue. A la réflexion, il soupçonna que la cause en était surtout qu'on se servait de notions dont on n'avait pas reconnu la nature, la portée, les limites; et, généralisant cette observation, il conclut que, puisque après tout nous ne pensons, nous ne philosophons qu'avec l'esprit humain, c'est d'abord cet esprit humain qu'il importe de connaître. De là V Essai swr V esprit humain, où Locke détermine sa nature et ses forces, la circonscription de nos connaissances, leur étendue et leurs limites. C'est à cette pensée grande et simple que se rattache toute la philosophie de Locke; c'est là qu'est l'originalité de cette philosophie ; c'est par là qu'il a rendu un service immortel à l'esprit humain. Mais après avoir ouvert la route de la vraie philosophie, Locke y a chancelé luimême et s'est insensiblement égaré dans un sentier étroit et exclusif •• »

1. Né à Wrigton en 1632, mort en 1704. OEuwet complètes y 3 toI. in-fol., Lond., 1727 (3* édit.). Outre VEssai sur l'entendement, nous citerons un Eesai sur le gouvernement eivU , des Lettres sur Védueation et le Christianisme raisonnable. VEssai sur l'entendement a eu 13 éditions en anglais; la traduction française (par Goste) en a eu cinq ; la traduction latine (Thiele) en a eu trois; la traduction allemande (Tennemann) en a eu trois.

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