CARACTÈRES DE LA VOLONTÉ
nos facultés intellectuelles et de nos penchants, parce qu'ils sont divers et distincts en effet, la phrénologie ne saurait trouver, elle ne cherche pas, quand elle est sage, Torgane de la volonté. La volonté est comme on l'a bien nommée une force hyperorganigue. Secondement, la force personnelle est tougours identique à ellemême, et c'est d*elle encore exclusivement que la conscience affirme l'identité. Tandis que la matière de l'orgnisme s'écoule et se renouvelle, tandis que l'intelligence grandit ou décline avec r&ge, tandis que nos goûts et nos penchants donnent l'exemple d'une mobilité si frappante qu'elle a passé en proverbe, quelque chose est en nous de persistant et d'identique , qui fait que le môme homme, de jeune devenu vieux, d'ignorant savant, de passionné et d'emporté calme et froid, est bien cependant le même, et à soixante ans, se souvient, se félicite ou se repeut, est légitimement récompensé ou puni de ce qu'il a fait à vingt ans. Ce quelque chose qui ne peut être ni notre sensibilité mobile, ni notre changeante intelligence, que serait-ce, sinon la volonté, puisqu'il ne resta qu'elle? Et, en effet, on est plus ou moins intelligent, on est diversement et plus ou moins sensible; on n'est pas plus ou moins capable de vouloir selon ce qu'on pense , et selon ce qu'on aime. Il n'y a pas de degrés de cette puissance ; entre ne l'avoir pas du tout, ou la posséder pleinement et absolument, il n'y a pas de milieu. Ce qui trompe ici, et ce qui donne à nos assertions un démenti apparent, c'est d'abord que le même homme, suivant les cas , déploie en fait plus ou moins d'activité; il est libre, et parce qu'il est libre, tantôt il s'abstient et tantôt il veut, et quand il veut, c'est avec persévérance et énergie ou faiblement et sans constance. Mais s'abstenant , il était capable de vouloir, et voulant, de s'abstenir; la force d'où émane cette activité tantôt énergique et tantôt languissante, est la même en soi dans le repos que dans Faction ; ce qu'elle était avant l'action, elle l'est encore après; elle n'a ni grandi ni diminué ; et dans ses plus longs intervalles d'inaction , elle contient en soi virtuellement autant de résolutions possibles qu'elle en produit de réelles dans ses instants de plus actif exercice. Ensuite et surtout, la volonté est, selon les âges et l'état des organes.
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plus OU flioîQS efficace; j'eiécute maintenaiit sans peine des aelions auxqnriles je m'efforçais aatrefoia sans succès ; c'est que mes membres se sont fortifiés et assouplis ; mais ma volonté n*a pas pour cela^ changé; ces actions^ je les commandais, dans mon impuissance, à mes organes encore débiles aussi énergiquement que je ks commande, dans ma force, à mes memtoea devenus obéissants. En santé, je veux soulever un poids, franchir un fossé, et ce que je veux, je le fais ; malade, je le veux encore, et aussi fermonent ; la seule différence, qui n'affecte en rien rénergie de ma résolution, est que je ne le puis plus. Le paralytique qui veut mouvoir le membre frappé d*inertie, le captif étroitement enchatné qui veut briser sa chaîne et ne le peut pas, ont*ils pour cela moins de volonté ? £n deux mots, la puissance du vouloir ne se mesure pas à l'action , et la résolution la plus vaine peut être égale ou supérieure en énergie à la phis efticace. Active ou inactive, et bien ou mal servie, la force personnelle, la volonté reste identique ; elle ne s*épuise ni ne s'augmente ; elle n*a ni progrès ni décadence, parce qu*elle n*a pas de degrés.
Identique à elle-même dans le même homme, la volonté esij troisièmement, égale en tous ks hommes. Ici encore, il ne faut pas se laisser prendre aux apparences. On parte souvent de la fermeté du caractère comme d'une qualité inégalement répartie entre les différents individus de l'espèce. Mais que signifie cela, sinon que tous les hommes ayant une égale puissance de vou-* loir, les uns font plus, et les autres moins d'usage de cette faculté qui leur est commune? La liberté de vouloir est aussi^ et indivisiblemeut, la liberté de s*abstenir ; partant, où l'un voudra, l'autre s'abstiendra. Celui qui veut avec force et ténacité ce qu'il a résolu passe pour un homme de caractère; celui qui lèvent faiblement et qui se décourage vite est regardé comme un homme sans volonté ; m»s il ne tenait qu'à lui d'en montrer autant que l'antre; et même, en se retirant de la lutte, il a fait preuve d'une indépendance, moins bien employée peut-être, mais aussi parfaite que s'il avait continué le combat. La nature ne crée donc pas des caractères faibles et des caractères forts , comme elle crée des ^esprits vifs et lents^des sensibilités délicates