‹ Manuel de philosophieChapitre 44 sur 129 · ES CAUSES DE NOS ERREURS · texte numérisé non relu

ES CAUSES DE NOS ERREURS

réellement contenu dans son témoignage, et ce qu'une habitude acquise ou la précipitation de notre jugement nous porte à y ajouter.

Peut-on conclure de ce qui précède que toute erreur est une faute, et que toute faute est seulement une erreur ?

Ces deux conclusions seraient exagérées. D'abord, en supposant qu'il y ait toujours une faute dans une e^eur, ce serait mal juger que de mesurer l'étendue de la faute à la gravité de l'erreur. Il n'y a de faute, à proprement parler, que quand la conscience morale est avertie, et la précipitation ou la négligence qui a pour conséquence une erreur ne prendrait le caractère de faute morale que si Ton était bien convaincu du pouvoir que l'on a d'éviter l'erreur, et des conséquences morales qu'elle peut entraîner. Ensuite, il y a des erreurs qui ne sont pas à proprement parler des erreurs, mais de l'ignorance ; ce sont celles qui consistent dans une appréciation exacte des éléments connus, et dont nous ne pouvons découvrir la fausseté qu'en acquérant des connaissances nouvelles. De telles erreurs sont le malheur de notre condition, et on ne saurait nous les imputer.

Quant à la question de savoir si toute faute est une erreur ou le résultat d'une erreur, c'est plutôt une question de morale que de logique. Nous dirons seulement ici qu'en admettant qu'une faute soit toujours le résultat d*unê erreur, il faut convenir qu'à côté de l'erreur la faute existe tout entière; car non-seulement l'intelligence s'est trompée, mais la volonté a résisté à la conscience morale.

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