Hobbes I De la nature hutnainef chap. ix
goïsme au sein^des plus héroïques vertus et à développer cette fausse et triste pensée qui résume très>bien sa doctrine : < Toutes les vertus se perdent dans Tamour-propre, connue les fleuves dans la mer^ »
Avec infiniment moins de grâce et d'esprit, mais dans des vues plus systématiques, un moraliste presque contemporain, qui valait du reste beaucoup mieux que son système, Volney, nous a donné dans sa Loi naXwrtUe quelques définitions des sen* timents et des vertus, qui rappellent celles de Hobbes :
— « D. Qu'est-ce que l'amour paternel î
— « R. G*est le soin assidu que prennent les parents de faire contracter à leurs enfants l'habitude de toutes les actions utiles à eux et à la société*. >
— « D. En quoi la tendresse paternelle est^Ue une vertu pour les parents?
— « R. En ce que left parents qui élèvent leurs enfants dans ces habitudes se procurent pendant le cours de leur vie des jouissances et des secours qui se font sentir à chaque instant, et qu'ils assurent àleur vieillesse des appuis et des consolations contre les besoins et les calamités de tout genre qui assiègent cet âge. »
— « D. Qu'est-ce que l'amour filial?
— « R . C'est de la part des enfants la pratique des actions utiles à eux et à leurs parents. »
— « D. La loi naturelle prescrit-elle la probité?
— < R. Oui : car la probité n'est autre chose que le respect de ses propres droits dans ceux d'autrui, respect fondé sur un calcul prudent et bien combiné de nos intérêts comparés à ceux des autres*. »
Nous avons voulu montrer par ces citations que l'altération en quelque sorte monstrueuse du cœur humain qui se rencontre dans la doctrine de Hobbes n'est point un fait isolé, mais une condition générale imposée par la force même des choses aux partisans de la morale de rintérèt.