‹ Manuel de philosophieChapitre 58 sur 129 · iprt( des Uns, liv. XX, chap. zvi · texte numérisé non relu

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peine. De là, il suivit cette règle, que quand un homme s'était engagé par sa parole, l'honneur ne lui permettait plus de la ré-

tracter.

Les gentilshommes se battaient entre eux à cheval et avec leurs armes, et les vilains se battaient à pied et avec le b&ton. De là, il suivit que le bâton était instrument des outrages, parce qu'un homme qui en avait été battu avait été traité comme un vilain.

Il n'y avait que les vilains qui combattissent à visage découvert ; ainsi, il n'y avait qu'eux qui pussent recevoir des coups sur la face. Un soufllet devint une injure qui devait être lavée par le sang, parce qu'un homme qui l'avait reçu avait été traité comme un vilain.

Disons donc que nos pères étaient extrêmement sensibles aux affronts; mais que les affronts d'une espèce particulière, de recevoir des coups d'un certain instrument sur une certaine partie du corps , et donnés d'une certaine manière , ne leur étaient pas encore connus. Tout cela était compris dans l'affront d'être battu; et dans ce cas, la grandeur des excès faisait la grandeur des outrages ^ »

Nous tirerons deux conclusions importantes de cette ingénieuse et savante explication du duel : la première , c'est que le duel est une coutume toute moderne et tout européenne, parfaitement inconnue à l'antiquité et au plus grand nombre des peuples civilisés. Or le caractère d'un droit véritable, nous l'avons vu, c'est l'universalité, critérium infaillible des actions morales. Gomment donc verrait-on l'exercice légitime d'un droit naturel dans une coutume locale et barbare, qui eût certainement paru extravagante et féroce aux nations les plus éclairées de l'antiquité ? Notre seconde conclusion , c'est que de toutes les raisons dont se sert si ingénieusement Montesquieu pour justiQer, ou plutôt pour expliquer le duel, à titre d'institution judiciaire d'un temps de violence et de barbarie , il n'en est aucune qui soit applicable aux temps modernes ; de sorte que ces mêmes raisons qui font comprendre l'usage du duel aux premiers siècles de notre his-

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