Voy. le Voyage du monde de Detcartee
EXISTJiMCE i>£ DIEU. 435
sa défiaitioo. St par coméquent cet être ttipréme eiiste. Les seoUustîqueSy mus excepter même leur Docteur angélique, ont méprisé cet argument et l'ont fait passer pour un paralogisme; en quoi ils ont eu grand tort, et H. Descartes, qui avait étudié assez longtemps la philosophie scolastique au collège des jésuites de la Flèche, a eu grande raison de le rétablir. Ce n'est pas un paralogisme, mais e^est une démonstration impar&ite, qui suppose quelque chose qu'il fallait encore prouver, pour la rendre d'une évidence mathématiqae : c'est qu'on suppose tacitement que cette idée de Véite toirî grand ^t tout parait est possible et n'implique point de contradiction. Et c'est déjà quelque chose que par eette remyanque on prouve que, supposé que Dieu soit possible, il existe, ce qui est le privilège de la seule Divinité. On a droit de présumer la possibilité de tout être et surtout eelle de Dieu jusqu'à ce que quelqu'un prouve le contraire ^ »
Leibnitz ^youte un peu plus bas : « Ce qu'allègue M. Descaries, qu'en parlant de Dieu, nous savons ce que nous disons, et que par ccmséquenl nous en avons Tidée, est un indice trompeur ; puis*qu'en parlant du mouvement perpétuel mécanique, par exemple, nous savons os que nous disons, et cependant, ce mouvement est une chose impossible, dont, par conséquent, on ne saurait aroir l'idée qu'en ^parence *. »
Aiou, suivant Leibnitz, il est parfaitement légitime de déduire l'existence de l'être parfait de son idée ou essence; en d'autres termes, la possibilité de l'être parfait en implique strictement la réalité; mais ce qui n'est point légitime, c'est de supposer la possibilité de l'être parfait sans la démontrer, c'est de partir du concept à» Dieu sans avoir au préalable analysé ce concept et démontré par l'analyse qu'il ne renferme aucune contradiction.
Leibnitz entreprit plusieurs fois de combler cette lacune ; il ne nous est resté qu'une ébauche de ce travail dans le passage suivant*: