‹ Manuel de philosophieChapitre 89 sur 129 · Voy. H. Cousin^ Fragments philosophiques y U'édit.^ p · texte numérisé non relu

Voy. H. Cousin^ Fragments philosophiques y U'édit.^ p

3. L'Orieat quand il s'agit de doctrines et de quelque chose qui ressemble à de la philosophie, c'est l'Inde. Il y a une pensée profonde sous les symboles mystérieuT de l'figypte, dans le Zend-Àvesta de la Perse; mais cette pensée s'est ai|étée à son enveloppe religieuse et n'est pas arrivée à la forme philosophique. Là Chine nous est encore inconnue; et quand nous connaîtrions ses doctrines, ce

On a supposé que la philosophie même de la Grèce devait être rapportée à l'Orient comme à sa source , parce que les premiers colons grecs venaient de l'Orient , et parce que les voyages et les communications de peuple à peuple firent de nouveau sentir dans la Grèce l'influence de l'Orient, après que les siècles eurent amené d'importantes différences et effacé, pour ainsi dire, les traces de la commune origine. Ni l'une ni l'autre de ces deux opinions ne se peuvent soutenir; la première, parce qu'il est hors de doute que des siècles se sont écoulés entre la colonisation de la Grèce et la fondation des écoles philosophiques; la seconde, parce qu'il n'y avait pas dans l'Orient de méthodes à transmettre, et que ces prétendus voyages, inventés après coup dans un esprit systématique, ne sont ni vrais, ni vraisemblables, ni même possibles.

La philosophie grecque est donc bien réellement un produit du sol grec; elle est véritablement autochthone. On peut dire , en un sens , qu'elle a son origine dans la mythologie, qui elle-même venait de l'Inde; mais la philosophie ne sort pas de la mythologie

peuple qui s'est Tolontairement isolé de tous les autres peuples, peut fournir une expérience de plus pour la yérification des données générales de Thistoire ; il est étranger à la filiation des doctrines, à l'histoire de la civilisation.

Le premier caractère de l'histoire des systèmes philosophiques dans Tlnde, c'est l'absence de toute chronologie. Nous savons quelque chose de ces systèmes ; mais pour déterminer l'ordre de leur production et de .leurs développements, nous sommes réduits aux conjectures. Les Vidas ^ ou livres révélés, sont incontestablement la base de tout le développement philosophique ultérieur. Le premier effort de la pensée indépendante s'est proposé pour but l'explication des Védoi; l'école Mimansa n'est pas autre chose. Les Védat sont le livre sacré par excellence, le Mimansa est une collection de livres de dévotion; les Soutras, ou aphorismes, en sont le plus célèbre. Le chef de cette école est Djaimini, elle répond parmi nous à la première période de la philosophie du moyen ftge. La phÛosophie Védanta^ dont Vyasa est le chef, n'est guère qu'une théologie moins timide. Viennent ensuite deux doctrines, moins exclusivement attachées à la tradition et aux Védas, le Niaya de Gotama, une logique, la philosophie Vaishesika de Canada, une physique; enfin la philosophie Sankhya de Kapila, doctrine tout à fait indépendante et par conséquent hétérodoxe, qui dans l'Inde est considérée comme aboutissant à l'athéisme. De la philosophie Sankhya sont sortis le Sankhya de Patandjali, qui admet l'existence de Dieu, et le Bouddhisme. Ce sont deux doctrines mystiques, et le Bouddhisme est plutôt une religion qu'une philosophie. Le principal livre de cette secte est le Lalita-'Vistanhpourana ; le Bhagavad-Gita, dont M. Guillaume de Humboldt nous a donné l'analyse, est une exposition complète de la philosophie de Patandjali. >

Slt fflSTOmE bK LÀ PHILOSOPHIE.

par une fiUatieti directe, elle n'en est pas lë produit Naturel. C'est un ordre de faits tout nouveau , qui a été occasionné et no h erîftnté par les croyances religieuses. D'ailletirèii les premiers rudltnents de la mythologie ^ tenus très-pi'obàblemeùt d'Asie en Burope, avaient été profondément modiflés. La Orèce s'appropria les divinités informes de l'Orietit , en substituait à leur aspect grossier des images nobles et gracieuses , et à ses alliances bizarres de formes, Tusage, pour reprédenter lesdietlz, de la fortîie humaine dans ce qu'elle a dé plus parfait; Plus les dieux se rapprochaient de l'homme , moins ils etcitaietit dans son esprit la pensée de l'infini ; et à l'époque où la philosophie grecque commence, la religion grecque était devenile très-propre à iflspil^r et à seconder l'artiste; elle l'était fort peu à faire penser le philosophe. Le polythéisme ne pouvait conduire à l'unité du principe de toutes choses; à peine restait-il quelques trades du monothéisme ancien, et ce monothéisme lui-même était quëlqtle chose d'extrêmement vague et obscur : la supériorité de Jupiter sur les autres dieux est une opinion postérieure.

Tout se réduit donc en réalité à ce fait très-général ; l'existence d'une religion Conduisait la pensée à des sujets philosophiques, et comme la religion grecque était descendue trop bas pour 8a« tisfaire l'esprit, on était porté à cherchei* d'autres sôliitioiis»

Les premiers efforts âe l'esprit humain pour échapper à la mythologie (les mystères) n'eurent pas immédiatement le caractère phildl&ophique. Ce ne fut qu'un essai d'explication plus indépendante , essai timide qui ^ selon toutes les vraisemblances , ne dépassait pas les bornes d'un commentaire , et qui, nouveau dans le inonde et peu sûr de lui-même, se transmettait en secret sous la forme'd'une initiation. Nous savons d'ailleurs peu de chose sur la nature de ces mystères. Us ne paraissent pas remonter au delà d'Homère, et ce n'est que dans Hésiode qu'il en est question pour la première fois. Orphée, Musée, LinUs, ne nous ont guère laissé que leurs noms. A ces tentatives incertaines doivent se rattacher quelques opinions sur la vie future, la métempsycose, le chaos. Elles ne tardèrent pas à dégénérer en orgies secrètes^ et tout ce que l'en peut en dire de plus vraisemblable, c'est qu'elles Servirent

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de transition des jeux de Timagination aux premières réflexions de rage mûr*.

Thaïes et Pythagore sont les premiers qui, dans la Grèce, tentèrent de résoudre scientifiquement le problème philosophique, et par conséquent, ^'est par eux qu'en laissant de côté les doctrines orientales et la théologie, nous commencerons l'histoire de la philosophie.

Le mouvement imprimé à la pensée humaine par Thaïes et Pythagore se propage dans toute la Grèce> s'accroît avec les progrès de Id civilisation, et passant par les diverses phases qui marquent le développement complet et régulier d'une nation, il vient s'éteindre avec les lettres et la civilisation grecque vers la fin du sixième siècle de notre ère, après une durée de douze siècles. A cette époque le monde civilisé appartient déjà depuis plusieurs siècles au christianisme; et c'est au sein de la religion nouvelle, sous son influence^ à l'aide de ses dogmes, et en même temps par un commencement de réaction contre l'autorité absolue qu*elle avait prise sur les esprits, que naît et se développe une philosophie moins originale et moins féconde^ qui a reçu le nom de philosophie scolastique ; enfin, l'indépendance de la pensée et le besoin des découvertes faisant irruption, la scolastique est ébran- j

lée vers la seconde moitié du quinzième siècle et pendant la durée I

du seizième ; et la philosophie moderne est enfin fondée, à l'aurore du dix-septième siècle, par Bacon et par Descartes. L'histoire de la philosophie se divise par conséquent, comme l'histoire du monde, et parles mêmes raisons, en trois époques principales: la philosophie ancienne, c'est-à-dire la philosophie grecque; la phi*losophie du moyen Age ou la scolastique ; et la philosophie moderne.

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