Pythagoriciens. École italique , fondée par Pythagore
1. Anaxagore de Clazomône, vers 500, ami de Périclës. — Hêràcliie d'fiphèse, vers 600.
Anaxagorx Claiomenii fragm.f quas supersunt omnia, éd. Schaul)ach. Leips., 1827, in-8.
2. Pythagore, né à Samos, en 584. — Alcmseon, de Crotone; Hyppon^ de Rhégium; Ëpicharme, de Cos, le comique. — Ocellus, de Lucanie, qui fl. vers 496, et Timée de LoCreâ, sont célèbres, le premief par un Traité sut Vunivets, qu'on lui a attribué, et qui n'est pas de lui; le second, par un ouvrage qui porte son nom, et qui n'est qu'un extrait du Timée de Platon. — Plus tard, Archytas de Tarente et Philolaûs, l'un et l'autre contemporains de Platon. PbilolaOs est
PHILàSOPHlâ dRECQUÈ. 52à
L'école éléatique^ dont les fondateijrs sont Xénophane et Parme* nide d'Élëe, se rattache à Tëcole de Pythagore^ dont elle ne foit qu*etagérer le principe ^
Les pythagoriciens cherôhelnt l'unité des lois, et non Ttinité dé substance, ati lieu de s'attacher comme les physiciens, à Tobservation des phénomènes, ne vetilent pas voit* ce qu'il y a en eux de réalité, ce qu'ils doivent à la présence de la substance réellement existante dont ils sont la modification^ et ne constatent que leur variabilité, leur caducité. Si les phénomènes naissent et se renouvellent sans cesse, sans rien laisser d'eux-mêmes, les rapports suivant lesquelles ils se produisent ott les rapports qui s'établissent entre eux, sottt constants, réguliers, et peuvent être exprimés par des lois. Les lois qui régissent tous les rapports possibles entre les phénomènes de la nature sont abstraites, par rapport à ces phénomènes; elles soht proprement des nombres. Ces nombres, ces lois abstraites, qui feules ont de la fixité , expliquent le reste des êtres ; elles en sont la raison et la cause. De là cette proposition pythagoricienne, que les nombres seuls existent véritablement. Mais tous les nombres sont réductibles à des nombres premiers qui| réunis^ forment un système régulier;
célèbre comme astronome, et il nous reste de nombreut fragments d^un livre qu'il écrivit sur la philosophie pythagoricienne.
Pythagorae aurea carmtna, Timsus Locrus. Ocellus Lucanus. Porpbyrius, de Vita Pythaporse, éd. Rittershusius, Altd. 1610, in-^.
De Vdme du mondet par Timée de Locres, éd. d*Argens, Berlin, 1768, in-8. Traduit par M. Cousin, XIII* voL de la traduction de Platon.
De la nature de VunivetSf par Ocellus Lucanus, publié par Batteui^ Paris, 1768^ et par d'Argens, Berlin, 1792. in-84
Mémoire de M. Egger sur ArchyUu, 1833.
1. Xénophane de Colophon, contemporain de Pythagore. —^ Parménide, d'Êlée, fit un voyage à Athènes avec Zenon, vers 460. ^ Mélissus, deSamos, vers 444 (disciple de Parménide?). — Zenon d'£lee, ardent défenseur de la liberté, disciple et ami de Parménide, compté quelquefois parmi les sophistes^ à cause de la subtilité de sa polémique.
Fragmente du poëme de Xénophane sur la fioCiire, dans le recueil de Fûllebom, cah. VII, n« 1. — Article de M. Cousin : Fragm. phiL pour tervir à Vhistoire de ta phiL ancienne.
Fragmente de Parménide et d'Bmpèdocle, éd. Peyron. — Cf. Esiai iur Pûrvkénide d'Élée^ suivi du texte et de la traduction des fragmenta, par M. Fr. Riauz, Paris, 1840.
Article de M. GouAù sur Zenon d'ttée, ). e.
et ces nombres premiers eux-mêmes dépendent de Tunité qui les engendre et les constitue L'unité est donc la réalité par excellence; au-dessous d'elle, viennent les dix premiers nombres; au-dessous encore , tous les autres nombres» et au dernier rang de l'être, les phénomènes. La physique, la morale et la politique des pythagoriciens reposaient aussi, par des analogies plutôt bizarres que profondes, sur les rapports essentiels des nombres, et tiraient de cette origine un caractère d'unité et de régularité qui leur communiquait de l'élévation et de la force. Cette école portant partout ses idées systématiques et son besoin d'unité, tout en s'écartant de la théologie , avait retenu le principe de l'autorité,. et attribuait une sorte d'infaill;bilité à la parole de Pythagore. C'est ce qu'exprime la fameuse maxime de l'école : le mattre l'a dit.
Tout en donnant à l'unité seule la pleine possession de l'être, les pythagoriciens accordaient de la réalité aux nombres , et même, par une sorte de communication ou d'imitation, aux phénomènes sensibles. Négliger absolument les phénomènes sensibles, nier le multiple, s'absorber dans la contemplation de l'unité seule existante , ce n'était pour ainsi dire, qu'exagérer le principe pythagoricien. Telle fut la tâche de l'école éléatique. Malgré cette négation étrange du monde matériel, la philosophie des Éléates tient dans l'histoire un rang trop élevé, pour avoir conçu fortement l'unité de la perfection absolue de Dieu.
On rattache ordinairement à l'école pythagoricienne ou à l'école éléatique, le nom d'Empédocle, dont la doctrine doit être plutôt 'considérée, ainsi que celle d'Anaxagore, comme un essai de transaction entre les physiciens et les Éléates '. Empédocle a, comme les pythagoriciens, une morale austère, un caractère religieux et sacerdotal ; mais sa métaphysique est plutôt ionienne. Il se préoccupe du principe de substance, qu'il explique par les quatre éléments, et du passage de la subtance aux phénomènes, qu'il explique par l'amour et la haine, comme causes internes, et par l'intervention du principe supérieur.