N'oublions jamais enfin que ce n'est pas à nous seuls que
(1) lettres, 1, 8, 115.
(2) Id., I, 10.
(3) Passions, 144, 145.
(*■!<!., 146. — Méthode, pag« 27.
nous deyons |ont rapperter, ni d'après nous seuls que nous devons nous déterminer ; il faut penser, au contraire, quon ne saurait subsister seul et se considérer comme une partie d'un tout, la famille, la patrie, le genre humain. Ainsi nous apprenons le devoir et le dévouement, dont la conscience nous indique les limites. Habitants de cette terre, citoyens de cet état, membres de cette famille, nous préférons, avec mesare et discrétion, les intérêts du tout, dont nous faisons partie, à nos intérêts propres ; partie du public, et nous regardant comme tels, nous prenons plaisir à faire du bien à tout le monde, et même nous ne craignons pas d'exposer notre vie pour le service d'autrui lorsque l'occasion s'en présente, jusque-là que nous voudrions aussi perdre notre àme, sHl se pouvait, pour sauver celle des autres , en sorte que cette considération est la source et l'origine de toutes les plus héroïques actions que fassent les hommes. Enfin, si nous avons une idée assez vaste de l'étendue de cet univers, si nous ne croyons pas qu'au delà des cieux il n'y a que des espaces imaginaires, et que les cieux sont faits pour la terre et la terre pour l'homme, nous n'abaissons pas les autres créatures pour nous élever nous-mêmes, et, pénétrés de l'idée de la grandeur de l'univers, nous pouvons y penser souvent pour ne pas croire que cette terre est notre principale demeure et cette vie notre meilleure vie (1).
(I) Lettres, I, 7.
DB PHILOSOPHIE UODBUKiE. ^51