‹ MANUEL DE PHILOSOPHIE MORALEChapitre 19 sur 52 · Mais à quelles conditions · texte numérisé non relu

Mais à quelles conditions

1° Il faut que je sache moi-même ce que je dois enseigner aux autres, et que j'en sois intimement convaincu.

2*^ Il faut que mon instruction leur soit nécessaire, et qu'un autre que moi ne soit pas obligé de leur donner cette instruction ; enfin, qu'elle soit donnée par la voie de la persuasion et de la conviction.

Il serait donc immoral d'enseigner ce qu'on ne croit pas soi-même, quand même on s'y serait engagé par serment ; ou d'employer la force brutale et l'illusion d'une vaine éloquence pour persusid^i:»

Il serait également immoral d*étre indifférent à l'égard de l'erreur, tant pour soimême que pour ses semblables.

55. Que nous prescrit la raison par rapport à la lecture des livres qui pourraient égarer Tintelligence ?

La raison ne nous permet la lecture d'un livre que dans le cas où la conscience nous rend témoignage que nous possédons assez de capacité intellectuelle pour distinguer le vrai du faux, et assez de force de volonté pour ne pas nous laisser séduire par le mal.

Mais ici combien l'illusion est à craindre!

De là l'obligation de s'en rapporter, pour ces sortes de lectures, à Tavis d'un directeur éclairé et vertueux.

56. Quel est le sentiment naturel qu'il importe le plus de cultiver pour le perfectionnement de rintelligence?

C'est V amour de la vérité^ et par suite l'horreur de toute fausseté,

57. Peut-on se tromper soi-même et être coupable de son erreur?

Oui, en cherchant à se faire illusion pour contenter ses passions.

§8. Comment trompe-t-on ses semblables?

Généralement par le mensonge, dont l'immoralité consiste dans le mépris que Ton fait de Tintelligence d'un être destiné ou obligé à connaître la vérité, et dans le dommage que le mensonge cause aux intelligences trompées.

D'où il suit que la restriction meiilale n'ôte point l'immoralité ni, par conséquent, le mensonge.

S9. Â quoi se bornent les conseils de la raison par rapport à l'intelligence?

Après avoir ordonné le développement et la conservation de l'intelligence, autant que l'exigent la connaissance et l'accomplissement des devoirs prescrits par la loi morale, la raison me conseille de perfectionner sans cesse mon intelligence, de pénétrer plus profondément dans la connaissance déjà acquise des devoirs de l'homme, et d'en procurer l'accomplissement progressif, ou toujours plus parfait, dans moi-même et dans mes semblables.

iN" X.

Do développement de la di^rnité de Phomnie en tant qa^il est doaé de liberté.

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