‹ Manuel de philosophie moraleChapitre 8 sur 11 · DIVISION DES DEVOIRS · texte numérisé non relu

DIVISION DES DEVOIRS

soient pas défendus ; c'est parce que la raison m'a été donnée pour travailler à mon perfectionnement et par suite à l'accomplissement des desseins providentiels dans ce monde. Un jour il me sera demandé compte de ma participation à l'œuvre commune de l'humanité, en raison de ce qui m'a été donné et de ce que je pouvais faire.

Enfin, si je dois maintenir ma dignité et ne point me laisser dégrader ni-pervertir, quoique l'amourpropre et une certaine fierté naturelle qui sied bien à l'homme de cœur, me portent à repousser spontanément ce qui tend à m'opprimer ou à m'abaisser, néanmoins, ce n'est ni dans le moi, ni dans sa gloire ou son intérêt que se trouve l'obligation de ce devoir. Autrement je pourrais m'en affranchir, quand il me devient pénible ou onéreux, quand je ne puis conserver l'honneur qu'au prix de la douleur et des privations. Or il n'est jamais permis de sacrifier l'honneur à l'intérêt ni à la peur. L'homme doit conserver pure la noble nature qui lui a été donnée. 11 doit la rapporter au Créateur, non pas seulement telle qu'il l'a reçue, mais avec le perfectionnement dont elle est capable; et surtout il ne doit pas la laisser déchoir du rang où Dieu l'a placée. Si elle a été obscurcie, défigurée par sa faute, la justice l'oblige à réparer le tort qu'il a fait à Dieu en gâtant son plus bel ouvrage. Il doit travailler à le restaurer pour lui resliluer son image, telle qu'il l'avait formée en lui, belle comme à son origine par la reproduction de sa ressemblance et l'éclat de sa majesté. En un mot, c'est à Dieu que l'homme est responsable du soin de sa dignité et non à lui-même, et certainement ce soin est plus sûrement confié à la conscience chrétienne qu'à l'orgueil naturel.

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