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LE PARTICIPE PASSÉ

8 232, a). Quant aux formes chantassions, chantassiez, elles paraissent normales, et cependant elles sont récentes. On a employé pendant tout le moyen âge et on trouve encore au commencement du xvne siècle des formes en i : chantissions, chantissiez. Faut-il admettre que la ire conjugaison avait emprunté aux verbes en-/r les deux premières personnes du pluriel ? C'est bien invraisemblable. Mais le latin populaire qui disait cantai au lieu de cantavi, cantaisti avant cantasti, a dû dire aussi cantaissemus1, où nous avons un a atone qui doit se labialiser, et un i entravé (bref à l'origine, mais sans doute assimilé à l'f du type -ïssem) qui doit se maintenir : la langue a pu passer phonétiquement à chanteïssons, puis à cbantissons ; cf. § 7, a, 20.

Le participe passé.

247. Le latin populaire avait les désinences accentuées afo, -ito, -Mo 2, et les désinences atones (avec l'accent sur le radical) -Mo, -/o, ou -so. Les désinences accentuées ont donné régulièrement é(t), /(t), w(t), (§ i/io),et les désinences atones nous ont laissé les consonnes flexionnelles s et t des participes fait, dit, pris, etc. ; ici le t se maintient parce qu'il était appuyé par la consonne finale du radical (^ i!\i).

1. Dans l'évolution populaire de -avissem, -aoisseruus, -avissavec i tonique aurait ainsi subi une contraction plus forte (assem) que -aviss- avec i atone (aïssemus), ce qui n'a rien d'invraisemblable.

2. Les voyelles a, i et u font partie du radical primitif, cf. § 19a, note.

MOilPIIOLOMK

248. La désinence accentuée -u/o, peu fréquente en latin, s'est introduite dans un bon nombre de verbes qui avaient une désinence atone, notamment dans ceux dont le prétérit était en -ni (§ 249)- Un même verbe a pu avoir ainsi deux et même trois formes successives de participe passé, et les formes anciennes ont pu se maintenir jusqu'à nos jours avec la valeur de substantifs participiaux. C'est ainsi que dette (lalin débita) est un ancien participe passé féminin de devoir ; débita a été refait en * débuta, d'où deùe, masculin deii, dû. Perte (latin perdita) est semblable à dette ; notre participe perdu vient de *perduto. De torto, p. p. de torquere, il nous est resté le substantif tort ; une autre forme, *torso, nous a laissé l'adjectif tors, et retors est originairement un participe passé de retordre; le participe de ces verbes est aujourd'hui tordu, retordu. Les substantifs répons et réponse sont originairement le masculin et le féminin du participe passé de répondre, refait en répondu. Le p. p. de mordre a été mors (morso), refait en mordu, il nous reste du composé remordre le substantif participial remors, où le d n'a pas plus de raison d'être que dans « mors » de cheval. Le verbe tendere avait deux formes de participe en latin classique, te(ri)so et tento, dont le féminin a produit les substantifs toise et tente ; une troisième forme, *tenduto, nous a donné tendu. Comparez encore : rente (*rendita) et rendu (*renduto) ; fesse (lissa, pour finsa), fente (*findila) et le participe actuel fendu, de *finduto.

A quaesito, dont il nous reste le substantif quête, a été substitué un praticipe en -so, *quaeso (voy. § 249). Le participe en -uto de soluere, représenté par la vieille forme nssolu, avait été refait en *solso et en *solto ; dans absous, absoute, dissous, dissoute, nous avons la forme dérivée de 'solto, avec l'orthographe, au masculin, de la forme dérivée de *solso.

249. Les participes pre(ji)so de prendere, mïsso de mittere, dïcto de dicere, et maledïcto, benedïcto, sont devenus

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