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LE PARTICIPE PASSÉ

pris, mis, dit et maud/t, bénit1 (au lieu de prois, mes, doit)'1 sous l'influence des formes en i du prétérit (cf. §§ 2.35, 6, et a38). On a eu aussi quis, au lieu de « quiés » (latin *queso), sis, au lieu de « ses » (latin sesso). Le participe féminin de mettre et de seoir est en ze par analogie (forme primitive du part, féminin de mettre : messe). Le participe prias, à coté de pris, est tiré du prétérit analogique print (§ :>35, 6).

L'u des verbes en -ângere était Q au participe passé, mais il était devenu bref en latin populaire : juncto, joint et non juin t.

Un bon nombre de participes passés avaient été refaits en latin populaire d'après la flexion -lu du prétérit :*debuto, * habuto, *placulo, *tacuto,*lenuto, d'après debuisti, habuisti, placuisti. tacuisti, tenuisti (yenire a formé son participe sur celui de tenere, et tenere son infinitif et son prétérit sur ceux de venire).

250. Tout comme devant les flexions -s et -t des modes personnels (§§ 201, et 2i5,note), la consonne finale du radical tombait ou se vocalisait devant les consonnes flexionnelles du participe passé : scripto, escrit ; facto, fait ; juncto, joint.

Ridere, claudere et ses composés tels que concludere, avaient le participe passé en -so, d'où les participes français ris, clos, conclus ; on a ensuite assimilé ris et -dus (où Vi et Vu appartiennent au radical) aux participes terminés par les flexions -i et-tz ; mais Racine emploie encore

1. Jiénit, moins voisin de dit que maudit, a été refait en béni, sauf (huis la location « eau bénite » (on maintient aussi quelquefois l'orthographe bénit au masculin).

2. Mes est resté dam c un mt\> », écrit mets sans raison, (ce qui est « mis » sur la lahlc), et dans le dérivé message; on a régulièrement la diphtongue ai, provenant de Vï de dicto, dans Benoît = benedicto.

le féminin régulier excluse, comparez : écluse i substantif, et recluse.

251. Devant Vu tonique de la flexion -uto, les palatales, labiales et dentales non appuyées sont exactement traitées comme devant Vu tonique de l'imparfait du subjonctif en -uissem (§ 2/j3) et des flexions du prétérit en -uisti, -uistis, -uimus (§ i^o, h).

tu eus, (e)us; qu'il eiïst, (e)ût ; eu, (e)u~ (*habuto) tu seùs, sus ; qu'il seùst, sût ; seû, su (*saputo) tu beùs, bus ; qu'il beùst, bût ; beû, bu (*bibuto).

On a eu de même : leù, lu (*leguto), substitué à lit, qui correspond à *lëcto, et qui est conservé dans le substantif participial élite, du composé élire ; veù, vu (*viduto), etc.

Sur les participes de paître et de connaître, voy. § 24or a, note.

252. Si le radical a deux syllabes et se termine par une consonne, cette consonne, jointe à -s ou à -/ des flexions -so, -to, entrave la voyelle de la seconde syllabe et l'empêche de tomber (en la rendant tonique) quand elle est brève et disparaît ailleurs comme atone. Ainsi copèrire, n'étant plus compris comme un composé, avait un radicat copèr- qu'on ne décomposait plus en préfixe et syllabe radicale semi-tonique, dès lors Ve disparaissait comme atone dans couvrir, couvrant, cou-

i. h'x dans exclure est dû à une influence savante. 2. La prononciation eu a persisté jusqu'au xvne siècle.

LE PARTICIPE PASSÉ. § 252 blS . 2ÔO,

vrait, couvre, couvrons, mais il a persisté dans ' couvert parce que la seconde syllabe de ce radical devenait tonique dans coperto. A côté du radical français ordinaire couvr-, ce verbe a donc un radical spécial couver- au participe passé. De même : ouvert, souffert, offert.

Dans le vieux participe passé de cueillir, « coleit, coloit » , qui vient de collècto, on a considéré -eit comme un suffixe, qu'on pouvait ajouter à d'autres radicaux (cf. ce qui s'est passé pour le pseudo-suffixe -iet du prétérit, § 233). Ainsi s'explique le participe passé chaeit, cheoit, du verbe cheoir, à côté de cheù ; le vieux féminin cheiïte, de « chape chute », est un mélange des deux formes.

252 bis. La voyelle radicale peut prendre un timbre spécial au participe passé.

L'a ouvert du radical de *môrire est entravé dans le participe passé mortuo, et doit par conséquent y rester o, tandis qu'il devient eu, ou, dans les autres formes du verbe, où il était libre. Le verbe devoir offrait une particularité semblable lorsqu'on avait le radical de- au participe passé (cf. le substantif participial dette), et aussi rompre, desrompre, quand on n'avait pas encore substitué les formes rompu, desrompu, aux anciens participes rout (cf. le substantif route), desrout (cf. le substantif déroute) ; Vu de rupto donnait en effet régulièrement ou, § i5, III, tandis que dans rùmpere il aboutissait à o nasal sous l'influence de m.

Sur les participes vécu et né, si différents du radical normal des verbes vivre et naître, voy. § i[\2, Rem., note.

MOIU'HOLOGIE

Le participe présent et le gérondif.

253. Sur la fusion des formes du participe présent et du gérondif, voy. § 191. Ce que nous dirons du participe présent dans ce chapitre s'appliquera aussi au gérondif, à l'exception de ce qui concerne la déclinaison, le gérondif étant indéclinable en français.

Les flexions du participe présent étaient en latin : -ante, -ente, -tente. Le cas sujet singulier en -ans, -ens, -ienSj avait été refait sur le cas régime (§ 1 78). Canta(n)s aurait donné chantes, comme infa(iî)s a donné enfes, cas sujet singulier de enfant ; le nominatif singulier des participes présents aurait été ainsi identique à la seconde personne de l'indicatif présent.

Les participes présents n'avaient pas d'e au féminin (§ 180), mais on rencontre de bonne heure des féminins analogiques.

254. Depuis nos textes les plus anciens, le participe présent des verbes français se termine par -ant, même de ceux qui avaient -ente en latin. Mais la substitution d'une désinence à l'autre ne s'est produite qu'après la transformation en ls, ^, du c final du radical devant -ente : placente a donné plaisent, puis plaisant ; * plaçante aurait donné playant.

255. Les verbes qui avaient -io, -iam, aux deux présents de l'indicatif et du subjonctif, avaient -iente au participe présent, et le ye a ici produit, en principe, les mêmes effets qu'au subjonctif:

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