‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 22 sur 127 · Il est possible qu'on ait passé directement de -vé à i · texte numérisé non relu

Il est possible qu'on ait passé directement de -vé à i

3. Mais en général les suffixes et flexions rostenl intacts aj>r<' s les palatales : placëbat, plaisoit (ot non plaisit) ; 1-Vancë(n)se, François, Fr.'itir.ii-

tonique libre précédé d'une palatale, et Yi peut venir soit d'un i long (§ 12), soit d'une' tonique libre précédé d'une palatale, voy. aussi § 3i.

On remarquera, dans medietate, que la palatale peut être séparée de la voyelle sur laquelle elle agit, cf. § 35.

26. La palatale qui a changé a en ié peut être une chuintante, lchy oudjy (§§ 67-70), plus tard ch, /; dans ce cas, le premier élément de la diphtongue ié a été ultérieurement absorbé par la chuintante, on passe de chié à chè (sauf dans chien, où Yé est nasalisé) et de gié hgé. C'est ainsi que les anciens verbes marchier, chargier, sont devenus marcher, charger, et, par analogie avec ceux-là, aidier (adyutare) est aussi devenu aider, tandis que le substantif moitié a gardé sa diphtongue. Achiève (*accapat) est devenu régulièrement achève, et, par analogie, liève, où la diphtongue vient d'£ (levât), est devenu lève, cf. § 209, c.

27. De même que la consonne palatale dégage devant une voyelle palatale la semi-voyelle palatale^, il semble que, devant une voyelle labiale, elle puisse dégager un u semi-voyelle. Cette semi-voyelle labiale se confondrait nécessairement avec Yu issu de Vu long latin, et avec le premier élément de la diphtongue uo issue de Y à tonique libre, mais elle formerait avec Yô tonique libre une nouvelle diphtongue uo, qui passerait aussi à ue et à eu. Autrement dit, il semble qu'un à tonique libre précédé d'une palatale puisse se diphtonguer en ue comme Yb. Et nous constatons en fait que côperit a donné cuevre, comme opéra : uevre ; que jûvene, jôvene a donné juene,

ACTION DES PALATALES. § 28. 3e]

cf. § 33, exe. Si l'on n'admet pas l'action de la palatale sur les voyelles labiales, on doit admettre que Yô de certains mots était devenu à en latin populaire, sans qu'on puisse en donner d'autre raison que le voisinage d'une consonne labiale, qui a produit ailleurs un tout autre effet (£ 23, #, exc).

28. Les consonnes palatales qui précèdent n'exercent d'action que sur une seule voyelle semi-tonique : Va libre. Précédé d'une palatale, Va libre semi-tonique, au lieu de se maintenir (§ 17), se labialise en e. Toutefois, cette action se manifeste surtout quand Va est suivi d'une consonne labiale ou d'un n :

ramino, chemin ozballo, cheval

£#nale, chenal *canuto, chenu

*£Yzlina, online.

L\i s'est maintenu dans ozlumnia, chalenge, dans cctlore, chaleur, dans cathedra, chaière, chaire (§ 4 2, r), aussi dans chameau, chanoine, (dans ce dernier, on peut admettre une influence savante). Il s'est maintenu aussi, parce qu'il y avait entrave romane, dans *ad£#p(i)tare, achater, £#p(i)tale, chatel, mais ultérieurement achater est devenu acheter* , chatel est devenu chetel (que nous écrivons « cheptel », — bien qu'on n'écrive pas achepter, — au risque d'en corrompre la prononciation). L'tf du proclitique jam s'est maintenu dansyà, malgré la palatale.

1. Acheter ressemblant à jeter, on a dit achiele (au lieu de nrhate), comme on disait gîhte (J5 209, c, n. 2) ; achïète est ensuite devenu acheté, conformément au 6 26.

ùS PHONETIQUE

28 bis. L'rt semi-tonique entre deux palatales devient é dans jacere, gésir. Gisant est analogique, d'après gist, §3i.

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