‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 24 sur 127 · Ecrit auj. soixante, cf. § 3 1 , note · texte numérisé non relu

Ecrit auj. soixante, cf. § 3 1 , note

2. Compose aloyer (alligare) dont il nous reste le substantif

cal uniforme li, aujourd'hui lier, et que le verbe ployer s'est doublé d'un verbe plier, auquel on s'est efforcé de donner une nuance particulière de signification.

33. En ajoutant un ye à Yô tonique (ô, ù) et à Yo ouvert ou fermé (ô, 5, ù) semi- tonique, on obtient la diphtongue of, qui a passé par les différentes prononciations indiquées § 22.

En ajoutant un ye à la diphtongue uey issue de Yà tonique (ô), on obtient la triphtongue nei, qui s'est réduite à ni ; on a ut, même pour Y à tonique entravé, comme on a *, même pour Yè tonique entravé, § 3 1 (On a naturellement ni aussi pour û long, tonique ou semi-tonique, § i3).

i° ui et oi toniques :

nôcet, nuist; *côcere, cuire; nôcte, nuit; *vôcita, vuide (devenu vide en vertu de l'absorption de l'élément labial de la diphtongue par la consonne labiale qui précède, § 23, b, exe.) ; *ôstio (class. ôstio), uis1.

voce, voiz, vois; nùce, noiz, nois2; *buxida, boiste.

aloi dans la locution « monnaie de bon aloi », c'est-à-dire de bon alliage.

1. Ecrit huis à l'époque où le signe a pouvait avoir la valeur d'un u ou d'un v, pour éviter la contusion alors possible de uis et de vis ; c'est pour la même cause que nous écrivons encore avec une h initiale, aujourd'hui inutile, huile, lat. olea, huit, lat. octo, huître, lat. ostrea.

2. Les substantifs vois, nois, crois, pois, pais, que nous écrivons aujourd'hui avec x au lieu d's, viennent de voce, nuce, cruce, picc, pace, et non de vox, nux, crux, pix, pax ; mais, alors même que les mots français viendraient des nominatifs latins, Yx n'aurait pas plus de raison d'être que dans six (§ 3i , note 1).

\r.TlON DES PALATALES. $ 35. A3

Exceptions. Cùpreo a donné cuivre (au lieu de coivre), et côgitat : cuide, comme si c'était cogitât ; mais il faut tenir compte de l'action possible du c initial, § 27.

Co(g)nôsccre a donné régulièrement conoistre, mais est devenu ensuite connaître* cf. § 22, exe.

20 oi semi-tonique.

ôtioso, oiseus ; *f//sione, foison ; modiolo, moyeu (à côté de môdio, mui, § 168) ; octobre, oitouvre (à côté de ôcto, uit). — On a ennuyer (d'abord ennoyer), d'après il ennuie ; appuyer d'après il appuie ; cuidier d'après il cuide), cf. § 21 3.

33 bis. Le latin ui a donné ui français, sauf devant consonne, où il s'est réduit à u : je fui, tu fus, il fut, puis la ire personne s'est assimilée à la seconde.

CONDITIONS DE l' ACTION DES PALATALES.

34. Il y a des cas où une palatale n'exerce aucune action sur les voyelles voisines, ce sont d'abord les cas où cette palatale ne produit pas le son ye (voy. §§ 3g-4i ; 95, 3° ; io4, a et b).

Par exemple (S \ol\ a et /;) le premier c d'un groupe de deux, ou c devant t -f- y, tombent complètement ; le second c et / -f- y agissent, le cas échéant, sur la ^velle qui suit, mais leur action ne s'étend pas à la voyelle qui précède : * /ns^ccare, ens^chier (et non enstf/chier), * tractiare, tracier (et non tr^icier), *factiatis pour faciatis, fassiez (et non faissie^).

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