‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 26 sur 127 · SUR LA VOIELLE TONIQUE · texte numérisé non relu

SUR LA VOIELLE TONIQUE

Les voyelles atones labiales exercent une action remarquable sur la voyelle tonique qui précède. Toutefois, en dehors du cas où la labiale atone posttonique était déjà en hiatus avec la tonique sous la forme latine, cette voyelle atone ne peut exercer d'action sur la tonique qui précède, que lorsqu'elle en était séparée par une consonne palatale qui tombe ou une labiale qui se vocalise ; lorsque les deux voyelles étaient séparées par une dentale, elles ne se sont pas rencontrées puisque l'atone était tombée avant la dentale intervocalique, § 1 4o, voy . toutefois § q,5, 2° (L'hiatus qui précède l'accent peut au contraire résulter de la chute d'une dentale).

39. L'o ou u atone en hiatus se joint sous forme de semi-voyelle à la tonique qui précède : déu(m), dieu,

i. Sur la chute et la vocalisation des consonnes intervocaliques, v°y- §§ 95"96-

EFFETS DE l'hIATUS. § 39. /|Q

prononcé d'abord diew ; on trouve aussi dans les textes la forme dié, avec chute de l'atone malgré l'hiatus. Duos, doos, a produit le français doits (pron. dows), deus1.

L'hiatus a pu se produire après la chute ancienne d'un c ou g intervocalique devant voyelle labiale. C'est ainsi que placui est devenu plaid, plot, § 2^0, a, et placuit, plauit, plout, plot (labialisation de Va en 0, et adjonction, comme semi-voyelle, de la voyelle atone); que fago, hêtre, a produit le vieux mot fou, prononcé d'abord fow. Ajoutez: jùgo, jou, aujourd'hui joug, § 168, note; pauco, pou, devenu peu, comme fou, ci-dessous, donne la forme jeu ; grëco, grieu (conservé dans le nom propre Des Grieux) ; *facunt, font. Mais après Vl, l'atone tombe dans amico, ami. — Les mots fôco, lôco, jôco ont donné d'abord uniformément fuou, luou, juou ; la labiale/ a absorbé le premier élément de la triphtongue dans fuou, devenu fou, puis feu ; le même élément s'est changé en ye par dissimilation dans luou, juou, devenus lueu, jueu, puis lieu, jiew, enfin dans ce dernier mot la chuintante a ultérieurement absorbé le ye(cf. § 26), d'où jeu 2 .

Dans le latin clauuQu), Vu consonne, placé devant voyelle labiale a dû ne pas se changer en v, mais former avec Va la diphtongue au, qui devient régulièrement un 0, auquel s'ajoute comme semi-voyelle la voyelle labiale atone, de là clou, prononcé d'abord clow*. Le b sem-

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