Comparez avec claue, où l'a consonne, n'étant pas devant
oo
PH0NÉTIQ1 E
ble aussi s'être vocalisé directement1 devant u dans: *habunt, ont ; dêbuit, deut, dut ; habuit, out, cf. § 2^o, a ; tabula, taule, tôle (à côte de table, S 108) ; et même devant a pénultième dans gabata donnant gauta en latin populaire ($ i/i)2. Le prétérit sont s'explique soit par une vocalisation semblable du b issu du p intervocalique de sapait, vocalisation qu'on constate aussi dans lùpo donnant lou (§ i£3, note), soit par l'analogie de out.
40. Avec e ou i toniques, 0 ou u atones en biatus peuvent former une diphtongue ui par l'intermédiaire de tu: têgula donne téule, tiule, tuile (cf., § 109, 3°, régula donnant ruile à côté de reille). *Sëquere a pu se prononcer sècvere, d'où sivre, et sécuere, d'où, après la chute du c, seure, siure, suive. *Sëquo, c'est-à-dire sëcuo, a pu produire d'une part sien, d'autre part seu, siu, sui, plus tard suis par analogie, (et de même *sëquis, *sëquit)3. *Sïo pour su?n a donnée//, siu, sui. Comparez
voyelle labiale, est devenu régulièrement v, § 06 (puis /après la disparition de la voyelle atone, § i^3) et n'a fait obstacle ni à la transformation normale de l'a tonique libre en é, ni à la chute de la voyelle atone, qui n'était pas en hiatus ; de là clef, au pluriel clés, § 121. De même: Andegauo a donné Anjou, et Andegauis : Angers; Pictauo a donné Poitou, et Pictauis: Poitiers. LV, dans ces deux noms de villes, ne peut s'expliquer que par une analogie avec des pluriels tels que dangers, métiers, ou Louoiers (Locoveris).
1. C'est-à-dire changé en la semi-voyelle w, sans passer par v.
2. Quelquefois môme dans le groupe br, voy. forge, § 97, i°, 6.
3. Devant une voyelle qui se maintient, l'a de *sequere ne peut aboutir qu'à u ou w (£ 97, 3°) : *sequat, siewe ou sive. Ces différentes formes se sont fondues dans le radical actuel suiv-. Si coquerc n'a pas été traité de même, c'est qu'il était devenu *cocere.
effets de l'hiatus. — § 42 a. 5i
encore rïvo donnant rw, d'où rut conservé dans le nom propre Duruy.
41. La voyelle labiale atone en hiatus, ou devenue en hiatus après chute du c ou g intervocalique ou vocalisation du b, a pu aussi se consonnifier : *judëo * a donné juiéu, juin (juiw), juiv, enfin juif masculin, féminin juive. Grëco a donné de même griéu (griew), qui d'une part a abouti à grieu, cité plus haut § 39, d'autre part est devenu griu (griw), griv, féminin grive. Sêbo a donné seuv, siuf, et par meta thèse suif. — Le v s'explique de même dans Mathevon, forme dérivée de Matthèo, Mathieu.
L'w en hiatus, précédant la voyelle tonique, est aussi devenu v dans jVmuario, janvier.