Et de même Yo provenant de au dans « bête de somme
CLtDAT. MAMEL DE PIJOMfl.M. B
nasal (§ 45), et, au moment de la dénasalisation, il est resté un b ouvert ; ainsi, c'est par l'intermédiaire d'une nasalisation que Yô de dônare est devenu Yo du français dbner. Cf. §§ 44, et 4o, a.
L'a est resté nasalisé dans les proclitiques on, mon, ion, son, devant voyelle initiale (à plus forte raison devant consonne, où il est entravé) ; toutefois la prononciation hésite entre : on-n arrive ou o-n arrive ; monn ami ou mo-n ami.
L'o semi-tonique devant nasale est devenu exceptionnellement a dans dominicella, damoiselle (puis demoiselle, nous avons conservé le masculin para, damoiseau), dans domino et domina employés proclitiquement et aboutissant à dame des deux genres (dame Jeanne, vieux fr. dame-Dieu, puis dame féminin a passé à l'emploi tonique, une damé). Cf. dancelle, § 43.
48. La nasale n'empêche pas la diphtongaison de Yè tonique libre : tënent, tiènent (les deux n de notre orthographe représentent la prononciation nasalisée de la diphtongue au moyen-âge : tièn-nent).
L'a tonique libre suivi d'une nasale devient ai (comme a -\- palatale, cf. § 3o). Ainsi, quand ils sont libres devant nasale, Y a semi-tonique reste a (§ 46) et Ya tonique devient ai ; il en résulte qu'un verbe comme amare aura en français un double radical : aim- tonique, am- semi-tonique (quand l'accent porte sur la flexion) : il aime, nous amons. Ultérieurement le radical tonique s'est substitué au radical semitonique, mais nous avons conservé comme substantif l'ancien participe présent amant. — Ai devant nasale
ACTION DES NASALES. § 49. 6l
s'est nasalisé, puis dénasalisé en è, toujours écrit ai, (§ 45), il est resté nasalisé en syllabe finale (§ 5o).
49. La nasale empêche le changement dV et b toniques libres en eu (comme celui dV et b semi-toniques en ou, § 4 7), elle arrête le changement de IV tonique libre au degré ei.
a. Bôna, français bone(et non benne), puis, par nasalisation au moyen-âge, bon-ne (cf. § h"]), aujourd'hui boue, mais écrit encore avec deux n. L'a fermé de dônat était devenu b ouvert nasal (§ 45), il est resté ouvert en se dénasalisant, et nous prononçons aujourd'hui donc, en écrivant donne comme du temps où on disait don-ne.
Nous plaçons ici les exemples de somno, somme, hom(J)ne, homme, bien que Vo y soit entravé, parce que le groupe mn s'est réduit à m : some, puis son-me, écrit somme. Sur dame, correspondant à dom(i)na, voy. § 47.
b. LV tonique libre de plèna, vèna, rnïnat est régulièrement devenu ci, mais il n'a pas passé ensuite à oi (ï; 22) : pleine, veine, meine (aujourd'hui écrit mène, cf. S 211). La forme avoine, latin avèna, est considérée comme dialectale. — Ei devant nasale s'est nasalisé, puis dénasalisé en è, toujours écrit ei, § 45 (il est resté nasalisé en syllabe finale, § 5o).
\uus plaçons ici l'exemple de jèm(i)na, bien que IV y soit entravé, parce que l'entrave s'est ultérieurement réduite ; IV tonique entravé est régulièrement devenu è, § i5, II, dans fèmne, puis fème, § 78, puis m a
nasalisé en à la voyelle tonique (§ 45), d'où fan-me, écrit femme, plus tard famé, toujours écrit femme, après la dénasalisation, cf. § 44.