SUR LA VOYELLE LIBRE EN SYLLABE FINALE
50. L7 et Vu ne se sont nasalisés que lorsqu'ils étaient entravés (§ 43) ou lorsque la nasale terminait le mot, et seulement à la fin du moyen âge : fine, fin , fèn' ' , /<?; — ûno, w«', ew/z', ^ (cf. § 75).
Les autres voyelles, comme nous l'avons vu, se sont souvent nasalisées, même devant voyelle (§§ 45- 49), mais elles ne sont restées nasalisées que devant consonne (§ 43), ou lorsque la voyelle atone qui les suivait est tombée, c'est-à-dire en syllabe finale:
pane, pain (pê); sïnu, sein (té); plèno, plein (p/ë)1; cane, chien; tënet, tient; rëm, rien; bôno, bon; dôno, don; pônit, pont (écrit à tort pond, voy. § 201).
ACTION DU n MOUILLÉ.
51. Nous verrons, § 79, quelles sont les conditions de la mouillure du n. heye, d'où résulte la mouillure, a pu exercer une action, que nous avons étudiée (§ 37), sur la voyelle précédente. D'autre part, en syl-
1. C'est la nasale qui a empêché la diphtongue ei de sein et de plein d'aller jusqu'à oi (§ /jo, 6). Toutefois on a oi dans join, de fëno, et moins, de minus (d'où moindre, § 43, cf. avoine, § ^9, b), et cette diphtongue, en se nasalisant, est devenue wé, comme il est expliqué § 5i . Au xvne siècle on prononçait aussi meins et meindre.