‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 35 sur 127 · ACTION DU / APPUYANT · texte numérisé non relu

ACTION DU / APPUYANT

labe finale ou devant une autre consonne, n mouillé, comme n non mouillé, a produit la nasalisation de la voyelle, maintenue jusqu'à nos jours.

Or, a -\- ye donne la diphtongue ai, et è (ê, ï) -f- ye la diphtongue et (qui ne devient pas oi quand une nasale suit, § 4o, b), et nous avons vu, § 45, que ces deux diphtongues, sous l'influence de la nasale, aboutissent à è nasal, écrit ain ou ein. C'est ainsi que saint, de sancto, et seing, de sïgno, ceint, de cïncto, se prononcent de même depuis que les consonnes finales sont amuïes ; -angere et -ïngere donnent -aindre et -eindre, prononcés de même.

ë tonique -\-ye donne/. Cet/, en se nasalisant, comme Vi provenant de 17 long (§ 43), deviendra è nasal écrit in : ingënio, engin.

à (ô, u)-{-ye donne oi. Nous savons que la diphtongue oi arrive à être prononcée zuè(§ 33); devant la nasale, le second élément se nasalise, et on obtient la diphtongue nasale we, écrite oin, dans joindre, latin iùngere, iôngere, dans coin, de cûneo, etc.

il du latin -f- ye donne ui français (§ i3); le second élément de la diphtongue se nasalise dans juin, de iûnio.

52. Lorsque le n mouillé est suivi en français d'une voyelle, comme dans montagne, peignait, etc., il a aussi produit la nasalisation de la voyelle précédente, mais il y a eu ensuite dénasalisation, conformément au § 45.

Action du / appuyant.

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