‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 5 sur 127 · Lorsque l'accent ne portait pas sur la première · texte numérisé non relu

Lorsque l'accent ne portait pas sur la première

l'accent. — $ 4. 3

syllabe du mot, cette première syllabe recevait un accent secondaire.

Il y avait aussi un accent secondaire sur les préfixes, sur les mots proclitiques, ainsi que sur la dernière syllabe des proparoxytons, qui est toujours conservée en français sous forme d'e labial.

Les voyelles portant un accent secondaire sont dites semi-toniques, celles qui n'ont aucun accent sont atones.

La voyelle de la première syllabe a disparu exceptionnellement dans les cas suivants :

a. Elle a été en quelque sorte écrasée dans un petit nombre de mots entre une explosive (§ 63) initiale et un r, et c'est la syllabe suivante (cjuand elle n'était pas tonique) qui a reçu l'accent secondaire: qutritare, cr/tare, crier; *corotulare, crotulare, crouler ; directo, drecto, droit; dtrectiare, drectiare, dresser. Le vieux français verai (veraco) est devenu semblablement vrai, cf. § 58, III, a.

b. Vo en hiatus du préfixe co s'est transformé en semivoyelle dans coagulare, devenu quagulare, d'où cailler, cf. § 4s, e.

c. \ous verrons (§ 9.3) que le g intervocalique tombe devant e, i, mais il est tombé plus tôt qu'ailleurs dans vïginti, trïginta, contractés en vinti, trinta, français vint (comme écrivait encore Vaugelas)1 , trente. Cf. la contraction de quadraginta, § 7, a.

Nous étudierons plus loin (§ 4^) le cas des voyelles de première syllabe conservées en vieux français et disparues au cours du moven âçe.

Page 1