Devant s et / de flexion, après la chute de
Il6 PHONÉTIQUE
l'atone, la consonne qui la précédait devient appuyante ou médiale de groupe, et elle est traitée comme telle. Ainsi les labiales tombent: de^et, doit; de/>es, dois; sapis, ses (écrit sais, § 2o3, a ) ; claies, clés ; corrumpis, corrumpit, corrons, corront, comme écrivait Bossuet; corpus, cors1 (maintenu tel dans les dérivés corset, corsage), tempus, tens, écrit aujourd'hui temps sans raison. Avant de devenir appuyants, b et p intervocaliques avaient eu le temps de se changer en un v, qui, au contact de la sourde finale, est devenu la sourde /, pour disparaître bientôt; ainsi s'explique dift (pour deiff) = débet, dans les Serments de Strasbourg.
122. Les dentales appuyantes ou médiales dégroupes tombent aussi devant s et t de flexion, sauf à former pendant quelque temps avec s la consonne ls, écrite ^, qui se réduit ensuite à s (tout en continuant souvent à s'écrire z) : vi^et, voit ; seJet, siet (écrit à tort sied, on n'écrit pas « void » ni « croid » ) ; prenait, prent (écrit à tort prend, § 201); vides, veiz, voiz, vois; *ipratos, préz, prés ; monter, monz, mons (aujourd'hui écrit monts). — Le groupe sts s'est réduit à ^, puis s : eccis tos, icez, cez, ces.
123. Les nasales appuyantes tombent de la prononciation après avoir nasalisé la voyelle précédente : \enit, viët, écrit vient ; bonos, bôs, écrit bons, cf. § 75. Les médiales disparaissent tout à fait : dormit, dort ;