‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 61 sur 127 · De6cartes écrivait le mot ainsi · texte numérisé non relu

De6cartes écrivait le mot ainsi

venues, vers, îurnos, fours (d'où ver et four, au lieu de venu et four n, dès le xme siècle).

La nasale dentale n, lorsqu'elle devient médiale de groupe devant s, forme pendant quelque temps avec le s la consonne ls, écrite £, qui se réduit ensuite à s : fours a d'abord été four^ ', diurnos, jourz, jours.

Dans une forme telle que *pugnos, le n, au moment de la chute de l'atone, ne devient pas médial de groupe, car le g était préalablement tombé en le mouillant ; on a donc un n mouillé appuyant, qui nasalise la voyelle précédente et forme un % avec le s qui suit ; poin^, puis poins (écrit aujourd'hui poings, § 37). De même dans cuneos, coinz, coins, où la mouillure vient de Ye en hiatus, et dans jAangïs, plainz, plains. Plangit donne naturellement plaint.

124. Le / s'est également mouillé dans les formes telles que oclos (pour oculos) et filins, filios, et, devenu appuyant au moment de la chute de l'atone de la finale, il a aussi amené le changement du s qui suivait en ~ : uel^, fil^. Nous savons que / appuyant, au xn6 siècle, s'est vocalisé : illos, els, eus (que nous écrivons eux) ; uel\, ueuz, ueus (devenu ieus, yeux, par dissimilation, § 28 b, exe.) ; mais après i (§ 82) / disparaît complètement, filz, fiz, fis (que nous écrivons fils, cf. § 56). Après «, on a fusion de / vocalisé avec la voyelle : nullos, nuls, nus (notre pluriel nuls actuel est refait sur le singulier).

125. De même que / appuyant se vocalise en u, nous savons que c appuyant se vocalise en^ : farto,

fait ; or, après la chute de la voyelle atone de saccos et de illos, devenus sacs et els, le / appuyant dans els a bien subi sa vocalisation normale, mais \ec appuyant de sacs est tombé purement et simplement sans dégager de ye, d'où le vieux pluriel de sac, « sas » (nous avons aujourd'hui un pluriel refait sur le singulier). Cette différence tient à ce que la loi de la vocalisation du / appuyant est postérieure, et celle de la vocalisation du c appuyant antérieure à la chute delà voyelle atone.

126. Dans placet, le c n'était pas appuyé (comme il l'est par redoublement dans saccos , § 99), et il était devant une voyelle palatale, c'était par conséquent un cy intervocalique, et il est devenu normalement is (comme dans placentem, plaisant, § 9/i). Au moment de la chute de l'atone, on a donc plaist, avec un s appuyant, qui disparaît régulièrement de la prononciation au xme siècle, comme nous l'avons vu. Vourfacit, dicit, on devrait avoir aussi faist, dist, qu'on ne trouve jamais ; il faut admettre en latin populaire des formes/^, dict, semblables aux participes factum, dictum, ou une analogie à\ec*tragit, *'strugit (§ 110, a). On trouve dist en vieux français, mais c'est le parfait dixit.

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