‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 62 sur 127 · GROUPES TERMINÉS PA.R UNE DENTALE NON FINALE · texte numérisé non relu

GROUPES TERMINÉS PA.R UNE DENTALE NON FINALE

127. Le dy final du groupe mais suivi d'une voyelle en latin, se maintient ou se change en /. Tandis qu'il reste d dans higida, ri^irfa, donnant froide, roide (au masculin seulement froit, roit, § 137), il s'assourdit en t quand il arrive en contact avec une dentale

GROUPES ROMANS. § 128. IIO,

sourde qui précède: nitida, nitta, nè/e (écrit nette); muscidci, mois/e ; *buxida, bois/e; * obsidatico, ops/dtftico, osfage.

128. Le / se maintient ou se change en d. Il y a contradiction entre medietate, moitié (§ 92, a) et adiutare, ailier; sans doute, dans ce dernier mot, Vu protonique, qui était tonique dans adiutat, s'est maintenu pour cela plus longtemps qu'une autre atone, ce qui a laissé au t le temps de se sonoriser. Mais il y a une contradiction semblable, moins facile à expliquer, entre* explicitare, esplei/ier, et, d'autre part, *placitare, plauiier, *vocitare, vuû/ier, *vocita, vuiofe1.

Même opposition entre

cubito, coude et dubitat, dubiiare, dou/e, dou/er

male-habiio, malade débita, dè/e (dette) *subitano, soudain *movita, mue/e, meute

civitate, cité.

Dans bospite, alors même que le t aurait eu le temps de se sonoriser, il serait redevenu t, quand l'atone est tombée, au contact de la sourde appuyée p.

Les mots dérivés de cucurbita et de *bombitire devaient de toute façon avoir un d, ne fût-ce qu'au contact de la sonore appuyée b. Le premier a donné coorde, courde, gourde, le second bondir. La conservation du t, après un d appuyé, dans les formes telles que perte, rente,

1 . Dans ces derniers mots, et aussi dans dites, faites (dicitis, f i< itis), on attendrait un s après i, comme dans graisle de gracile, ij 110, a.

120 PHONETIQUE

du latin perdita, *rendita, peut être due à l'analogie des autres formes participiales en -te : faite, dite, etc.

La présence d'un e final dans le mot comte indique que comité est resté longtemps proparoxyton. On s'étonne dès lors que le / ne soit pas devenu d ; ici la consonne n'aurait eu aucune raison de s'assourdir de nouveau.

129. Il peut arriver que la dentale disparaisse complètement. Les mots anate (canard), rancido, lampada, ont donné les vieux proparoxytons anede, rancede, lampede, où l'atone pénultième affaiblie s'est sans doute maintenue jusqu'à la chute des dentales intervocal iques ; de là ane (conservé dans bédane, proprement bec de canard), rance, lampe. Cf. §§ ii o, c ; 119; i3i ; i33 bis.

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