‹ Manuel de phonétique et de morphologie historique du francaisChapitre 63 sur 127 · GROUPES TERMINÉS PAR UNE LABIALE · texte numérisé non relu

GROUPES TERMINÉS PAR UNE LABIALE

130. Cevebelloet cerebella ont donné cerceau, cervelle, et *miribilia, merveille. On sait que le b est celle de toutes les consonnes qui s'est le plus anciennement transformée, dans la position intervocalique ; il était déjà devenu v quand l'atone est tombée.

131. Dans episcoço, principe, la voyelle atone s'est maintenue très longtemps entre le c* et le cy appuyés et la labiale p, qui a eu le temps de se changer en b, puis en v, et d'evesqueve, princeve, on a passé à ev es que, prince, comme de angele à ange (cf. §§ 110, c; 119; 129; i33bis).*Jaccobo, devenu Jaccomo, a donné Jacme, écrit Jaqueme, d'où d'une part Jaque et d'autre part le dérivé Jaquemon (§ 176,/), nom propre souvent agrémenté d'un t muet.

groupes consonne -h ïce.

1 32. Ces groupes aboutissent à des formes françaises

en -ce. La voyelle atone i est tombée avant que le c7 devenu 's ait eu le temps de se sonoriser en \. Sans doute, on pourrait admettre le passage à d~, puis le retour à 's sous l'influence de la sourde appuyée qui précède, dans irpice, herce (herse), pantice, pance (panse), monticello, monceau.

Mais cette explication ne vaudrait pas pour les nombreux exemples qui suivent :

pultce, puce ; pollice, pouce ; *pûllicella, pucelle ;pûlliceno, poucin (poussin) ;

pinnicc, ponce; rumice, ronce; *ramiceJlo, rainceau, rinceau ; *radicina, racine; medicina, vieux fr. mecine.

L'e final de puce, pouce, ne prut être attribué au groupe de consonnes / -4- ls, puisque dulce a donné doux sans e. Il faut donc admettre le maintien prolongé de pulice, pollice, comme proparoxytons, ce qui rend étonnant que la sourde ne soit pas passée à la sonore.

133. Le ls s'est sonorisé en d~, sous l'influence d'une consonne sonore appuyée, dans : undecim, onze ; * qaattiiordecim, quatorze; quindecim, quinze. C'est par analogie qu'on a dou^e (duodecim) au lieu de douce, et treize, sei^e : l'historique de Littré, au mot Dou^e, a un exemple de doce pour douze.

133 bis. Le latin supplice a donné le vieux proparoxyton français soplcce, devenu souple. Cf. §§ no, c; 119; 129; i3i.

( icsL ico groupes consonne -f- j '

( iga, igo

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