Sur cro(c), escro(c), voy. § i56, c
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bouc, échec (malgré le nom pluriel du jeu, jadis les èchès), bec; sac, bissac, lac; alambic, mastic, pic; stuc, duc; soif, suif, chef, grief, nef, canif, esquif, motif, veuf, rut, dot; as, cens, vis, métis, cap. Voyez aussi les mots terminés par r, $ 162.
Le nom du mois de mat ~s, qui s'emploie exclusivement au singulier, a conservé pour cette raison son s final l.
c. — En dépit de l'assimilation avec les autres pluriels en eurs, on fait généralement entendre la consonne finale de mœurs, qui n'a pu subir l'influence d'un singulier mœur, le mot ne s'employant qu'au pluriel, de sorte que mœurs et mars font entendre s final, l'un parce qu'il s'emploie exclusivement au pluriel, l'autre parce qu'il s'emploie exclusivement au singulier. On a continué à prononcer les gen-s' (prononciation encore signalée par Littré) parce que ce mot avait pris au pluriel une signification qui avait fait perdre le sentiment de sa parenté avec la gent ; mais l'analogie avec les autres mots en -ens, -ents, a fait prévaloir la prononciation gen(s).
L'adjectif-pronom tout (latin lotus') a pris au pluriel une signification nouvelle (celle de omnes), qui a fait obstacle à l'influence du singulier sur la prononciation du pluriel ; en effet, le nouveau singulier tout au sens de otnnis s'est greffé sur le pluriel et il est d'un emploi plutôt rare et savant. La différence de signification entre tout (= totus) et tous(= omnes) a empêché lepre-
1 . Janvier et février ont subi l'analogie des noms en -1er (§ 162), août et juillet celle des autres mots en -et et -out, mais on entend encore prononcer le t linal de ces deux noms de mois.
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mier d'agir sur le second, et c'est ce qui explique la prononciation « tous1 me l'ont dit, ils sont tous'' venus ». Le s de tous n'est tombé que devant la consonne initiale des mots qui s'y lient intimement, les noms de nombre, l'article, le démonstratif et les possessifs : « ton Jeux, ton /es bommes, tou ces livres, ton vos amis. »
d. — L'emploi très fréquent d'un mot à la pause est aussi de nature à protéger la consonne finale. C'est ce qui a maintenu, presque jusqu'à nos jours, le / final de but. La locution « poids brut » a contribué au maintien du t de brut, comme « pain sec, être ou mettre à sec, parler sec, boire sec, coup sec, à pied sec » au maintien du c de sec. Ainsi s'explique aussi la conservation du t de l'adjectif net, qui est constammeut à la pause dans les expressions telles que « poids net, bénéfice net, clair et net, mettre au net, en avoir le cœur net, casser net, refuser net, etc. » Aussi la prononciation né, encore enregistrée par Littré, a-t-elle absolument disparu.
L'adjectif las a perdu son s par analogie dans son emploi ordinaire, mais il l'a conservé dans des locutions qui sont toujours suivies d'une pause, l'interjection hélas ! et la locution archaïque « de guerre las* », que, par une bizarre confusion, on écrit « de guerre lasse » en faisant accorder l'adjectif avec le mot qui est en réalité son complément.
e. — On peut admettre que la consonne finale du singulier ait été dans une certaine mesure protégée par les dérivés où on la faisait entendre, surtout lorsque
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au pluriel la vocalisation de cette consonne produisait une forme sensiblement différente de celle du singulier. Par exemple le dérivé conseiller a pu contribuer, avec l'emploi particulièrement fréquent de conseil au singulier, à la prédominance de cette forme sur le pluriel consens.
158. En résumé, la fréquence de l'emploi au singulier et à la pause explique fort bien la conservation de la consonne finale dans tous les noms et adjectifs où on la prononce (la conservation du s de flexion, dans les quelques mots où on la constate, est due à l'emploi exclusif au pluriel). — Lorsqu'un nom, bien qu'usité surtout au singulier, ou un adjectif, bien que placé habituellement après le nom, a cependant perdu sa consonne finale, il faut admettre soit la fréquence de l'emploi en liaison avec des mots à consonne initiale, soit quelque analogie, — particulièrement avec des mots usités surtout au pluriel ou des adjectifs qui précèdent le nom, — sans qu'on puisse toujours indiquer avec sûreté laquelle.
159. Les mots qui se terminaient par / nous offrent des exemples tout à fait caractéristiques des divers traitements de la consonne finale.
Le / final des noms et des adjectifs se vocalisait en u devant s de flexion et devant la consonne initiale d'un mot intimement uni (sauf après i où il tombait). De sorte que la plupart des mots terminés en as, ux au pluriel ont eu un singulier en /, et tous les mots terminés en / au singulier ont eu le pluriel en us, ux (sauf les noms en //. qui perdaient simplement / devant s).
Mais certains noms ont conservé les deux formes, en /
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(ou en / mouillé, réduit aujourd'hui à ve)au singulier, en / vocalisé au pluriel; d'autres ont refait le pluriel sur le singulier, d'autres le singulier sur le pluriel. Dans le tableau ci-dessous, nous soulignons les Cormes disparues :
cheval, chevaus travail, travaus ciel, cicus œil, yeus
bal, baus portail, porlaus i)e\,fieus seuil, seus appel, appeaus col, cous
rossignol, rossignous fenouil, fenous grésil, grésis
piel, pieus vieil, vieus agnel, agneaus fol, fous sol1, sous genoail, genous sourcil, sourci(l)s
En comparant les trois colonnes, on voit facilement que les noms qui s'employaient souvent aux deux nombres ont conservé les deux formes ; que ceux qui s'employaient surtout ou exclusivement au singulier, comme bal, portail, fiel, seuil, appel, col, rossignol, fenouil, grésil, ont maintenu la forme avec / non vocalisé ; que ceux qui s'employaient surtout au pluriel comme des pieus (et des cheveus, les essieus, les moyeus), des agneaus, les genous, des sous (et des pous, les verrous), les sourci(t)s, et des outi(t)s, ont refait le singulier sur le pluriel, ajoutez des noyaus, les boyaus, des joyàus, des chous.
Vieus et fous l'ont emporté sur « vieil » et « fol » parce que ces mots, comme adjectifs (§ 160), vocalisaient / non seulement devant s de flexion, mais encore devant la consonne initiale du nom qui suivait (et vieus se termine par s ou x, même au singulier, en raison de la fréquence de son emploi comme sujet et au vocatif, cf. § 1 56, 6, note).
Appel a prévalu sur « appeaus », même au pluriel, dans les acceptions où il s'employait surtout au singulier, et
i. Soit (lat. solido), devenu sol des le moyen âge par analogie avec col, fol, voy. § 1/17, c. Cf. § 160.
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appeaus, au sens d'engins pour appeler les oiseaux, a formé un mot nouveau auquel on a fait un singulier tiré du pluriel.
Col-cous a aussi abouti à deux mots. La prédominance de la forme cou dans des acceptions qui comportent aussi fréquemment le singulier que les acceptions attribuées à col, s'explique par les nombreuses locutions où ce mot est suivi d'un complément intimement uni et commençant par une consonne : cou-de-pied, se jeter au cou de, etc. Cf. § i56, a.
Aïeul doit être mis à part. Au sens propre il s'employait surtout au singulier, d'où le pluriel aïeuls. L'emploi du mot dans le sens d'ancêtres est récent, et on a d'abord dit « les aïeuls » comme au sens propre, c'est ainsi qu'on prononçait au xvne siècle ; la prononciation aïeux est venue de la rime, d'abord approximative, avec deux, dieux, joyeux, etc.
Comme noms ayant conservé la forme en / parce qu'ils s'employaient plus souvent au singulier qu'au pluriel, nous signalerons, à côté de ceux que nous avons déjà cités : bercail, bétail, camail, détail (influencé d'ailleurs par détailler, cf. § i57, e), gouvernail, mail, épouvantait1 ; miel; soleil, conseil (influencé d'ailleurs par conseiller), orteil, sommeil, réveil; autel, cheptel, dégel, hôtel, missel, sel; èpagneul, filleul, glaïeul, linceul, tilleul (arbre et fleur) ; bouvreuil, chevreuil, écureuil, cerfeuil, deuil, fauteuil, accueil, cercueil, orgueil, recueil, treuil; vol (influencé d'ailleurs par voler), avril, fil, poil (employé constamment au singulier avec une valeur collective), etc.
160. Parmi les adjectifs qui se terminaient par /, il faut mettre à part bel, nouvel, vieil, mol, fol qui s'employaient constamment devant le nom quand ils n'étaient pas pré-
1. Ail perd son pluriel aux depuis qu'on a pris l'habitude d'employer le partitif singulier au lieu du pluriel pour désigner un certain nombro de ces espèces d'oigiious : de l'ail, comme du blé, du raisin.
•vr. — MA\tri DE mOllfolQUK. 11
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dicats ; ils vocalisaient / devant consonne initiale comme devant t de flexion, si bien que les formes beau, nouveau, vieux l, mou, fou, sont devenues prépondérantes, sauf dans Philippe-le-Bel et b mol (bémol) et devant un nom commençant par une voyelle, cf. § 1 56. Il semble que Pascal ait encore prononcé fol à la pause : « Meilleur est l'enfant pauvre et sage, écrit-il, que le roi vieux et fol » ; mais il ne faut pas se fier à l'orthographe, Des Accords écrit en i582 : « Un sol qui se prononce un sou, comme un fol un fou ».
Si vieux a pris le pas sur vieil, en revanche pareil et vermeil ont prévalu sur pareus , vermeus, parce que ces deux adjectifs, se plaçant ordinairement après le nom, s'entendaient beaucoup moins souvent au singulier avec la consonne vocalisée. Ainsi en était-il des nombreux adjectifs en -et, comme charnel, solennel, annuel, mortel, corporel, etc. Vil et seul se plaçaient souvent après le nom et se trouvaient à la pause dans des locutions très usitées : « avoir vil, tout seul, seul à seul ». Sur saoul, voy. § i56, a.
La conservation de / dans tel, quel (influencé par tel), nul, s'explique par l'emploi fréquent de ces adjectifs comme prédicats ou comme pronoms ; d'ailleurs nul est presque toujours au singulier, et de même tel dans son acception pronominale, on comprend que la forme ancienne du pluriel, avec / vocalisé, ait pu disparaître devant la forme du singulier.
Nous avons un grand nombre d'adjectifs en -al. Les seuls qui soient vraiment anciens sont royal, loyal, égal, féal. Us étaient loin de s'employer aussi souvent devant le nom que bel et nouvel ; aussi la forme qui a prévalu pour eux est celle qu'ils avaient après le nom, royal, loyal, etc. Mais l'analogie avec les noms en -al, -aux, a maintenu le pluriel en -aux. Les nombreux adjectifs en -al qui ont été formés depuis ont reçu une déclinaison calquée sur celle de royal, royaux : général, généraux, etc., cf. § 167, b, n. 1 .