PERSONNES A DEUX TYPES
201. Aux secondes et troisièmes personnes du singulier, Va atone doit être remplacé par un e labial, et les autres voyelles atones tombent; d'autre part après la chute des atones le t des désinences latines -et, -it, se trouve appuyé par la consonne finale du radical, et se conserve à ce titre, tandis qu'à la ire conjugaison, où l'atone persiste, il est isolé et il disparaît au xne siècle (§ 137). De là : tuchant-es, il chant-e, et tu viens, il vien-t. Notons seulement que, lorsque le radical des verbes des 2e, 3e et l\e conjugaisons latines se termine par un groupe de consonnes appelant une voyelle d'appui, les désinences françaises de ces conjugaisons ne se distinguent plus de celles de la première : tu ouvres, il ouvre .comme tu chantes, il chante.
La 3e personne sans e labial se termine toujours par /, et c'est un t qu'on prononce en liaison (cette remarque s'applique au subjonctif primitif de la ire conjugaison, § 21 5, note). Les graphies il vend, il convainc sont détestables. D'autre part, la consonne qui précède immédiatement la consonne de flexion tombe ou se vocalise comme appuyante ou médiale de groupe, dans les conditions indiquées §§ 98 et io5: tu vais, vaus, il voit, vaut. « Tu mords, tu vaincs » sont de mauvaises graphies, comme serait « tu dorws » ; Racine
l'indicatif présent. $203. 2l3
écrivait: tuprens. — On a le radical complet au pluriel, devant les flexions commençant par une voyelle. Les formes latines es, est, du verbe esse, avaient donné régulièrement tu iés (tu es dans l'emploi proclitique), il est, devenu et, mais que nous continuons à écrire avec une s muette. — Le c final du radical latin de placer e, tacere, était devenu is devant e (§ q4, note 2), de là : il plaist, plaît, il taist, tait. Cf. § 126.