LES FLEXIONS DU PLURIEL
217. Phonétiquement (§ 5o), les flexions de la ire personne du pluriel auraient dû être en français : -eins, -iens\ -ains. Gomme au présent de l'indicatif, -tins et -ains ont été remplacés par la flexion uniforme -ons. Quant à la flexion -iens, elle s'est d'abord maintenue, puis elle a subi une assimilation partielle, d'où la forme -ions.
A la seconde personne du pluriel, on devait avoir: -ei% puis -oi% ; -ie^, et -e^ ; la première forme s'est maintenue quelque temps, puis s'est assimilée à -e%.
La 3e personne donne uniformément -ent comme au présent de l'indicatif (s'il y a une palatale, elle n'agit pas sur e atone, mais sur la voyelle ou la consonne qui précèdent).
218. On aboutit donc à deux types pour le pluriel du subjonctif présent : -ons, -e%, -ent, et -ions, -ie%, -ent. Les flexions ions, -ie^, n'appartenaient qu'aux verbes des conjugaisons latines 2, 3 et 4, où Va était précédé d'une palatale2. Dans tous les autres verbes les deux premières personnes du pluriel étaient identiques pour les deux présents : que nous portons, que
1. La flexion -iens non seulement pour -eamus, -iamus, mais aussi pour -amas dans les verbes, tels que dicamus, dont le radical contenait une palatale (qui devait régulièrement changer -amus en -iens, § 5o).
2. La palatale aurait changé -émus de la ire conjugaison en -ins.