CHAPITRE V
M ehangements ^ue les alinents •«bisseni diinii le emml dlfeallf.
1 dissolution des aliments suppose qu'ils perdent leur texture organique et
cohésion, ce qui est en grande partie le résultat de la mastication. (îette c^m-
ition a iieu, tantôt dans la l)ouchc seulement, tantôt aussi dans le pharynx
les animaux |>our\Tis de dents gutturales, comme certains poisscms, ou même
IVstomac, comme chez les oiseaux granivores, dont le gésier a des parois car-
inoDses, ou chez divers crustacés, insectes et molluscpies, chez lesquels cet
oc est armé de deuts. Il s'accomplit, dans le travail de la digestion, plusieurs
( qui ont une grande analogie avec nos o|H*rations chimiques ordinaires. Pour
uiic dissolution ou une extraction, le chimiste pulvérise ou hache la matière
tatquelle il doit opérer, il l'humecte, et la met ensuite digérer avec le dissol-
, La pulvérisation ou la comminution et l'humectation s'exécutent simultané-
l dans la bouche : l>eaucoup d'animaux, par exemple les oiseaux, ne mâchent
I TiEDEifA?i?r et GiiELiif, Hechcnhes sur Indigestion, t* I, p. 172.
Mi!^ ACTION DE LA SilLIV£. «
pas, ilfl avaleut leur nourriture sans la diviser, la laisent |;aniollir daos ie]abol,cl ia broient ensuite aans le gésier (1). Après avoir extrait les matières SQlahks,k chimiste sépare ce qui s*est dissous de ce qui a refusé de le faire; la même du|»^ a lieu dans le travail de la digestion.
Action de la salive.
La salive rend les aliments aptes à être avalés. Le rôle qu'elle joue dans b tion ne paraît pas être bien* considérable (2), puisqu'elle manque chez les poil et les cétacés. Spallanzani et Réauiliur prétendaient avoir remarqué que les anii digéraient plus vite les aliments contenus dans des tubes percés de trous, on les avait préalablement imprégnés de salive, que quand on les avait imbibés d*eao. Tiedemann et Gmelin pensent que la salive exerce une ii dissolvante, mais faible, en vertu des carbonates, acétates et chlorures ot sodiques qu'elle renferme. D'un autre côté, Berzelius dit que, par eDe-i salive n'extrait des matières alimentaires rien de plus que ce qui pourrait leerl enlevé par de l'eau pure, à la température ordinaire; et je dois avouer qa'( sant des expériences comparatives sur la salive et l'eau, mi^s en contact avcci viande, je n'ai pas trouvé de différence bien notable entre ces deux réactife,' à leur manière d'agir. Cependant il semblerait que la salive joue un rôle iai| dans la digestion dessubstances végétales; car Leuchs (3) a obsené qu'oie < vcrtit en sucre l'amidon cuit, ce qui s'accorde avec la remarque déjà faite l'amidon se transforme aussi, dans Testomac, d'abord en gomme, puis peu ï\ en sucre (4).
(1) Berzelius, Traité iàtchimie, t. VU. p. 2ÂS.
(2) D*après Blondiot ( Traité de la digestion, p. &50), rien , dans la oompositîoii de la ne justiGe ceux qui lut aUribuenl une action chimique de quelque importance sur les al elle n'a d'autre effet que de dissoudre quelques uns de leurs éléments, de faforiser b tion , en les ramollissant, comme Tcrait de Teau simple, d'en expulser Tair, en s'insinoaM^ leurs pores , enfin de faciliter la dt^lutition , en les invisquant au moyen de son pnaàft\ queux. A ces usages purement mécaniques , on peut ajouter qu^en îerla de sa propiiélft^ line n elle les rend peut-être plus propres à exciter la sécrétion du suc gastrique, dès qulil admis dans Testomac. {Note du trÊL)
(3) Kastnbr's Arckiv, 1831.
(Â) Depuis la publication du Manuel de M. Mueller, des connaissances tontes noat
été acquis^ sur la salive. M. Leuchs avait en effet constaté que la satire \mixfe, bouche, transforme l'amidon hydraté à chaud en dextrineou glucose avec unegraodei et M. Miallie avait attribué celte action h un principe particulier de la salhre, diastaae salivaire. Puis, MM. Magcndie et Rayer, au nom d'une commission , étabiîreili salive mixte du cheval obtenue par la section de l'oesophage, agit de la même maaièrei salive humaine sur l'amidon hydraté à chaud. Enfin, concurremment, M. Lassaigne iviitl que la salive parotidicnne du cheval n'exerce aucune action transformatrice sur i^amidoa ! dans les mêmes circonstances, et, à plus forte raison , sur la fécule crue. La question quand M. Bernard la reprit [Arch. gén, de médec, A* série, L XIII, p. i). Une d'expériences lui servit & discuter l'existence de la diattate talivaire , et II en condil principe supposé n'existe pas dans la salive au moment où elle sort des glandes. Hais, en définitive, ce principe fermenlirère se trouve dans la salive mixte, une nonrelle riencos fut instituée pour en déterminer la source. On sépara de la bonciie d^un devait' ment mort , des lambeaux de membrane muqueuse lavés d'abord ù Tenu tiède; a|H^qirff^
\rACTION D».(J^.S\LIVE. &A9
De sais ce qa*on a ^*ouIu dire jiar une préteiuiac^action dynamique qu*exer- : la salive* CeKquide ne paraît pas non plus avoir pour aestination de détruire nkiilarités organiques qui caractérisent chaque substance alimentaire. Les du venin des serpents et du virus de la rage, pourraient conduire à de serais idées; mais les glandes qui sécrètent le venin des ophidiens ne sont pas glandes salivaires; c'est fortuitement aussi que la salive des chiens enragé»
receler de préférence le principe de la rage, parce que Tinfection résuite en al d'une morsure, comme c'est aussi par pur accident que les organes génisont le foyer ordinaire de Tinfectiotf vénérienne, parce que c'est là qu'en
éulés et eiposés à Pair pendant là k Mi heures dans une soucoupe placée sur un biJii* )i4~^0<> cenU On ajouta ensuite une certaine quantité d*eaa d'empois d^amidon véocmiréparée, de Ihçon que les morceaux de membrane fussent à peu près recouverts par le '. Aprte douie heures de digestion au contact de ces membranes buccales, Taibidoii avait nplétcmcnt transrdhné en.glucose. Pour savoir si cette action de transformation de Tami** lit le résultat de la présence même des n^mbranes, ou bien si elle avait été opérée par e principe soluble cédé à Teau tiède par ces mêmes membranes, on a établi une autre ncc dans laquelle , après avoir obtenu dans Peau une macération de ÉKtnlHranes bueeales anière indiquée plus haut, on jeta le tout sur «n filtre, et Ton recueillit le liquide filtré, qui it également la propriété de transformer Tepu d*empois d^amidon en glucose, ntolgr^ « des membranes qui étoient restées sur le filtre. Donc la muqueuse avait laissé dissoudre au un principe iiennentescible capable de réagir sur Tamldon , et c*est évidemasent la our laquelle œtte eau avait acquis les qualités transformatrices propres au (hiide salivaire ]ette expérience donne la clef de tous les phénomènes |)Our Texplicalion desquels on a inexistence d^une diastase sativaire. En efl^t, de ce que, d*une part, la muqueuse buccale aie peut transformer Taraidon en glucose, sans intervention aucune des liquides que séps glandes salivaires, et de ce que, d*autre part, ces mêmes fluides sécrétés- |iar les gtandcfi, lehors de la bouche , ne peuvent pas transformer Pamidon e>||hicose sans Tinlerventiou iqueuse, il est légitime de conclure que cette puissance ou , si Ton veut» ce ferment Dateur de Tamidon réside dans la membrane muqueuse et non dans la salive* Enfin, qne e série c^expérienoes démontre d'une manlS^e directe l'utilité de li salive, pour rucconH nt des phénomènes physico^estifs ( mastication et déglutition), jn autre mémoire, lu à la Société de biologie, iS50, l'auteur a étudié laglaiidesous-mKiia sécrétion , et en a tiré des conséquences relativement à une nouveilte clamificatlon des âlivaircs. Beaucoup d'expérimentateurs ont étudié les propriétés de la salive parotidienne
* par la section du canal de Sténon. Il a pensé qu^il serait utile d*en ftiiie autant pour la is- maxillaire, et il a réussi à obtenir, d'abord sur le chien, le produit de sécrétion de Dde en faisant une incision au conduit de Wharton. Il constata alors que la salive souse |i05sède des propriétés tout à fait caractéristiques. Elle est épaisse, filante et gluante, irtcment aux corps solides , mab ne les pénètre pas, et ne peut par conséquent les
* facili'mpnU II découvrît en outre que cette apparence spéciale de la salive sous-maiiliste avec une propriété remarquable dans le tissu de la glande qui la fournit» En effet, Dt cette glande et en la mélangeant avec un peu d'eau chauffée à 30 ou 40 degrés cen-
son tissu, au bout de quelques instants de contact, laisse dissoudre dans l'eau leprin- Dt caractéristique de la salive sous-maxillaire, et l'on obtient alors un liquide visqueux |ui offre, d'une manière frappante, les caractères que possède la sécrétion de la glande illaire pendant la vie. Examinant successivement à ce point de vue le^ autres glandes et
salivaires du chien, il reconnut que toutes, excepté la parotide, oflkent cette même de fournir une Infusion visqueuse et gluante. Chez d'autres animaux, tebque lecheval, le mouton, etc., les expériences donnent un résultat semblable. donc ainsi démontré que les autres fluides salivaires ne ressemblent pas à la salive paro- CeUe-ci était la seule qu*on eût obtenue jusqu'alors à l'état d'Isolement , et elle est nt une salive etœptiowiellc se dbtinguant des autres en ce qu'elle est d'appaiciice
&50 ACnOll ou suc GASTRIQUE.
eSét se réalise le plus fréquemment la condition nécessaire de cette infection, k contact du virus avec nne membrane muqueuse. D'après les excellentes recheitl» de Hertwig sur la rage, la salive des chiens enragés n*est pas le seul produit de 09 animaux qui communique la maladie^ et le sang, par exemple* en fait autant !«»• qu'on rinocok (1). Quant aux plaies Cûtes par morsures, il reste encore à pnwnr qu'elles difiEtont en quoi que ce soit des autres.
Action dn me gastrique.
Les boissons sont presque entièrement absorbées dans i*estomac, et ne Inichissentpas le pylore. Les aliments y subissent une dissolution partielle, qa kl réduit en une matière appelée chyme, laquelle se compose de deux portions, Fn tout à fait liquide, Tautre consistant en globules. La plupart des physiolopli s'accordent à dire que cette dissolution s*opère couche par couche à partir il
aqueuse, poavaot inibiber et dissoudre les corps arec focilîté. Cet piropriélés furent < inr la salive parotidienne du cheval, du lapin, du chien et du cobaye^ et il fut I méoMdefèil^ chex eet animaux que le tissu de la glande parotidienne ne donne jamais une ioMon < et gluante.
La première partie du mémoire a pour but d'établir qu*il eiisle primitivement deaia|i#] de salives et deux sortes d'appareils snlivaires, distincts par les propriétés de tissa do| qui les composent. La séparation que tous les auteurs établissent entre les crjptes les véritables glandes salivaires ne saurait désormais être fondée. En effet, la glande 1 laire , considérée par tous les anatomistes comme une véritable glande salivaire» sécrMei rouqueux comme les cryptes, et, d*autre part, il est des cryptes qui ne sécrètent pas ul muqueux : tels sont ceux qu'on rencontre dans le ventricule succenlurlé des oiseaux «dt;
Afin de prouver roieuii'importance de ceUe distinction, le mémoire démontre que bi aqueuse et la salive visqueuse sont sécrétées dann des circonstances spéciales et ea fse fonction différente; ce qui se trouve encore é^bli , quand on suit dans les animaux lei ment relatif de l'appareil glandulaire à salive aqueuse et de Tappareil glandulaire ï ttBni queusc.
En effet, V appareil à ialhe aqueuse (la parotide) est destiné à verser dans la bsodll liquide propre à humecter et ù dissoudre les substances. Sur un animal vivant, 00 cooitiai sa sécrétion est augmentée par la présence d'un aliment sec , et diminuée on quand la substance ingérée est humide ou occompagnée d'une grande quantité d'i appareil salivaire n'exisle-t-il jamais chex les animaux qui vivent dans l'eau, quelle qtfi classe ik laquelle ils appartiennent. De plus , parmi les animaux qui vivent dans rair,U| n'existe que ohex ceux qui sont pourvus de dents disposées pour la mastication. Chrs lest les amas glanduleux considérés par J.-F. Meckel et Stannius comme des glandes saliTiim^l nissent un liquide visqueux.
Vappareil glandulaire à saliite visqueuse constitué par les glandes aous-maxiltainSi idl linguales, les orbitaires des carnassiers et des ruminants, par les glandules buocalOt destiné a verser dans la bouche un liquide épais et iilant, pour Ja déglutition. Aussi b{ sous-maxillaire, ainsi que les glandes à salive visqueuse, peuvent se rencontrer chex Ums 1*1 maux vertébrés, quel que soit le milieu dans lequel ils vivent. Le développement de cO( glanduleux est indépendant de la disposition des dents et de la fonction de mastkatiss ment dite, et se trouve lié d'une manière évidente à l'acte de la déglutition. Cette de pouvoir s'accomplir par les organes buccaux, dès que la langue vient à manquer. àm\ les glandes sous-maxillaires disparaître en général chez les animaux dépoorvos de laagtt
En résumé, le mémoire prouve qu'il y a deux appareils salivaires, différents pv IM duits, par leurs usoges et par leur développement relatif, chez les animaax vertébiéf» U<
Ci) Bêitroffc iur nahem Kennlniss der IVutàkraiikhcU. Berlin, iS29, p. iSf^iM^
ACTION DU SUC GASTRIQUE. 4Si
Uomacales, et les obscrrations nombreuses de Beaumont établissent qu'eDe dans tous les pointa de l'étendue du viscère. Les changements que les alisiibisscnt ainsi, et le temps nécessaire pour qu'ils les éprouvent, nous sont » par les observations de Gosse sur lui-même, par celles de Kéaumur, Spali , Stcvens , Tiedemann et Gmelin , et Schultz sur les animaux , enfm , par. bien nombreuses de Beaumont sur un sujet atteint de flstule stomacala llauzani fit avaler à des chats des petits tubes pleins de pain; au bout de cinq , le pain était dissous en partie. La dissolution de la viande esigea neuf , dans une expérience analogue. Des cartilages et des os renfermés dans des de5 ligaments noués dans un morceau de toile, furent également trouvés raou dissous après un laps de temps plus ou moins considérable. Tiedemann ;lin ont \ii, chez le chien, qu'au bout de quatre heures, Talbumine coagulée issoute en partie ; la fibrine se montra, dans le même laps de temps, gonflée^ Uée de sa texture fibreuse, et partiellement réduite en albumine dissoute. e perdait, dans l'estomac, sa propriété de se prendre en gelée, et sa réaction iristique avec le chlore, qui, partout ailleurs, la précipite sous forme de filar Le fromage s'y liquéfiait, sans être converti en albumine. L'amidon cuit ansformé, au bout de cinq heures, en gomme et en sucre. Le gluten, qui iblc dans les acides acétique et chlorhydrique, n'avait subi aucun changeu bout de cinq heures. Le lait se coagulait dans l'estomac, et la matière le, après avoir été précipitée, se redissolvait, tandis que le petit-lait passait n. Après quatre heures de séjour dans l'estomac du chien, la viande crue tra couverte d'une masse pultacée brune. An bout de deux à quatre heures, t animal, les os et les cartilages étaient un peu ramollis sur les bords et sur aces ; le pain était presque entièrement dissous au bout de deux heures et Le fourrage parut abandonner l'estomac des chevaux avant d'avoir subi une ion bien avancée.
nont a eu, pendant plusieurs années, occasion d'étudier la digestion chez inc atteint d'une perforation de l'estomac communiquant au dehors. Le t situé à deux pouces au-dessous de la mamelle gauche, le long d'une ligne ce point à l'épine de l'os iliaque gauche; il corre^udait donc à la partie le l'estomac, et se trouvait à trois pouces du cardia, près de l'extrémité ire de la grande courbure. Quand le sujet, étant couché sur le dos, se à gauche pendant qu'on lui appuyait la main sur la région hépatique, Ja lait h travers un tube de gomme élastique introduit dans la fistule. Quelmais rarement, on la trouvait mêlée avec le suc gastrique, sans qu'il fût l'employer cette manœuvre. Pour retirer le chyme, on appuyait la main irtie inférieure de l'épigastre, en pressant de bas en haut ; lorsque l'estomac n, il suffisait d'appuyer sur l'orifice extérieur pour produire cet eflCet. Dans vacuité du viscère, on pouvait l'examiner jqsqu'à une profondeur de cinq uces, en le maintenant distendu par des moyens artificiels; de cette man parvenait à voir les aliments et les boissons s'y introduire. Beaumont a journal complet des digestions de cet homme. La table suivante indique qu'exigea la digestion des divers aliments, qui étaient pris avec du pain ^ies végétaux, ou avec ces deux substances à la fois.