‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 108 sur 185 · RANGEMENTS DU CRY» DANS L'INTESTIN GRÊLE · texte numérisé non relu

RANGEMENTS DU CRY» DANS L'INTESTIN GRÊLE

le : 1" la bile est nécessaire au chyme parce qu'elle neutralise Tacide cide du chyme est nécessaire également pour que la bile puisse être ec les excréments. En effet, ses principales matières constituantes tout

là à Fétat d'insolubilité, qui ne leur permet pas d'être résorbées dans ^stinal. La plupart d'entre elles ne sont sohibles qu'autant que la bile ; celle-ci doit donc être revêtue de qualités akaiiâes au moment où le bte. Mais, une fois qu'elle est arrivée dans l'intestin, le seul moyen l'elle passe dans la masse des excréments et qu'dle smt totalement éliéconomie animale, c'est que le menstrue qui disscrivait ses principes s vienne à être saturé. Si die s'épanchait [dus bas dans l'intestin, par ns le rectum, où la réaction adde du contenu de l'organe est éteinte, [u'ellc ne repassât aussi aisément dans le sang que peut le faire tonte d'une substance qu'on administre sous forme de lavement  ce point ormation d'acide qui a heu dans le cascum, et qui a fait admettre une condaire, devient moins difficile à expliquer, et l'on conçoit pourquoi le e un si grand rôle chez les herbivores, où la sécrétion biliaire est plus [ue chez les carnivores, parce qu'elle sert \ débarrasser en partie le sang ."S solubles non azotées ou peu azotées qui s'y sont introduites par la iments. On comprend également pourquoi la bile était fort abondante itin d'une oie que Tiedemann et Gmelin avaient nourrie pendant vingtavec du sucre seulement

lit pas encore d'une manière certaine si la bile, outre qu'elle neutralise exerce aussi sur lui une influence métabolique, ervation de Purkinje donnerait à penser qu'il suffit d'une petite quan-

pour interrompre la digestion artificielle faite au moyen de la pepsine. Schcrcr (1), les aliments azotés du règne animal et du règne v4;éta1, action de la pepsine iiadt perdre leur aptitude à se coaguler, sont de nvertis en albumine par la bile. Le gluten et la chair musculaire cuite qui soutes par digestion artificielle, ne produisent pas de caillot quand on r la liqueur ; mais, si l'on introduit cette dernière, avec de la bile de veau ns une portion bien lavée du duodénum du même aùimal, et qn*ensm'te e l'anse liée aux deux bouts dans de l'eau distillée, la liqueur, décantée

deux heures, se trouble fortement lorsqu'on la fait bouilUr,' et dépose ^ d'albumine. L'alcool et le chlorure mercurique agissent de la même les expériences de Scherer confirment une conjecture de Prout à l'égard ns de la bile (2).

précier la part que la bile prend à la transformation des aliments, Broie le canal cholédoque chez les chats ; il s'ensuivit une jaunisse, qui

lement brûlés, tandis que Pautre en débarrasse réconomie lorsqu'ils renferment orte proportion d*élénients combustibles. SI , dit-tf, Tarinfe se f&t amassée cbes es mammifères dans une dépendance da rectum , comme elle le dit chei les oiseanx s , les physiologistes n'auraient pas manqué de lui fiilrc jooer on réie queloonqoe îtions digestives. (iV. du trad.)

en der Chemie^ t. XL, p. 0, iO.

siry , meteorology ^ and the funetion ofdîgeêtHm eoniidered wUf^ référence M «^ jy. Londres, 1834, p. 508. x

lertff Journ, of scienees and arte^ i8î9« ^ MAtifnm« ÂmrnattU Itf» |^

47^ CHANGEMENTS DU CHYME DANS î/lNTESTIN GRÊLL

cependant disparut parfois. On remarqua alors qu*à l'endroit delà Kgatnreils'éttt l> opéré une exsudation de fibrine coaguiable qui avait rétabli la continoité do ai |i Brodie a trouvé que cette ligature ne trouble pas la digestion , mais qil k In se produit plus de cbyle avec le chyme, et que ni les lymphatiques de I'émé IIli ni le canal tboracique ne contiennent de chyle blanc. Tiedemann et GtaérnU |ii entrepris des expériences pour vérifier ce fait Du second au troiflèflKJMr,k jaunisse se déclara ; elle disparut quelquefois au bout de dix à quinxe joon. fis ce cas, le canal s'était rétabli» la ligature l'avait coupé et était tombée iTiDtli<i> irisation des surfaces, ou bien il s'était épanché de la matière coagihUeaM de cette ligature» qui était tombée dans l'intérieur du canal extérienrementM par l'orifice intestinal duquel elle s'était ensuite échappée. Le canil fntlMÉ' rétabli dans l'espace de treize à vingt-six jours. Dans d'autres cas, la mort au bout de trois à sept jours. Un chien, chez lequel la jaunisse perniti,Mièi{ on trouva cependant plus tard le canal cholédoque perméable, avait vécu v^fà jours lorsqu'on le mit à mort Chez on chien qui mourut au bout de iqit joHi,tf I obsena une maigreur telle et une si grande faiblesse, que ranimai poonit^fî^j se tenir sur ses pattes. Le péritoine était enflammé, on offrait des traoi ancienne inflammation. Dans ces circonstances, le sang et yurine conteiaifltk] matière colorante de la bile, et les lymphatiques du foie étaient jaunes

Tiedemann et Gmelin ont constaté le fait observé par Brodie, que b a)ntinuc dans l'estomac après la ligature du canal cholédoque. Le contemiéil testin grêle ne diflérait pas non plus essentiellement de ce qu'il a coutume d^ê l'albumine y existait en grande quantité; il s'y trouvait aussi une matière nd^: tible de devenir rouge par le chlore; mais on n'y distinguait ni la caséiDeikj matière précipitable par le chlcnrure d'étain. Le contenu du gros iotestlD! dans tous les cas, une odeur beaucoup plus désagréable et plus putride qn^ Te naire (cette odeur était fade suivant Leuret et Lassaigne) : les excréments blancs (de deux morceaux pareils de rate, dont l'un fut plongé dans de la faiei bœuf, et l'autre dans de l'eau ordinaire, le dernier pourrit un peu pins vite), les chiens dont on avait lié le canal cholédoque, et qui furent tués à jeun. ie< tlioracique contenait un liquide clair, translucide, coloré en jaune, qui se lait tantôt plus et tantôt moins complètement. Chez ceux qui reçurent des; après l'opération, les lymphatiques de l'intestin grêle contenaient un liquide i l)arcnt, clair, non blanc, comme chez les chiens qui, traités de la même n'avaient pas obtenu d'aliments, tandis que, chez ceux de ces animaui doiti cunal cholédoque n'avait point été lié, le liquide de l'intestin grêle était Le contenu de l'intestin grêle se coagulait tant après l'opération que qaaii< n'avait pas été faite, et dans le premier cas il se formait un caillot plus plus rouge, que dans le second. I^ sérum du premier était trouble, celui dm nier blanchâtre. Le chyle du canal tboracique était communément plusrougei l'opération qu'avant Cependant l'état du chyle contenu dans ce c<mduit ne presque rien, puisque la lymphe provenant d'autres parties se coagule et ((ue, chez les. animaux soumis à un jeûne prolongé, il reste pendant très temps de la lymphe dans le canal tboracique, ainsi que Ta fait v(Hr GobiPS T^lartigny. 0

Ce qui demeure toujours une circonstance fort importante, c*est qae« ckei^

CHANGEMENTS DU CBTME DiSS I. mTESTIH RRÈLK. fl79

[ni a reçu des aliinents après' )■ ligature du canal choIËdoquc, 1c chUe csi rem, tandis qu'il est blanc chez ranima) qui se tron\c dans les conliiiims -es. Tiedemann et Gmelin, il est vrai, n'attachent pas un grand |X)ids li €•■ rco qu'ils regardent comme prouva' que du chyle peut se produire inPme le. En efTet, disent-ils, on sait que la couleur blanche, laiteuse, du (h)k',

de particules de graisse qu'il contient Cependant la différence dont il s'agit il'étre prise en conaidération, et elle ne paraît nullement contraire k l'Inpoaivant laquelle la bile jouerait un râle dans la production du chyle. 'l'iede-

Gmelin ajoutent que les chiens ont surricu longtemps (trois ï sept jours) 'ation. et que, dans un cas où la jaunisse avait persisif-, malgré Te rétahlis-

du canal, la vie se [Hulongea jusqu'au vingt-sixième jour. Néanmoins il ne s perdre de vue que les chiens peuvent rester prés de trente-six joui-s sans e aucune aourriture.

ret et Lassaigne, qui prétendent également que la digestion et la fortnaiioii 'le continuent après la ligature du canal cholédoque, disent que b bile a la été de dissoudre la graisse, de la décomposer, de fornier avec elle une espèce OD, et d'en opérer ainsi la digestion. Au contraire, d'après les expériences demaun et GmeUn, la bile ne saurait dissoudre la moindre parcelle de graitise, isorpiion de laquelle elle ne peut contribuer que d'une manière purement îqne, parce qu'elle la résout en particules qui demeurent sutqwndDCH. La trait être nécessaire pour provoquer les mouvements périslaltiques de l'iiicar la constipation a lieu quand l'écoulement s'en trouve suipendo (1).

. VoialD {Pia$loto§lMdufolt, Paris, IBIS, p. SS) a pntlqnt la ligalare dn canal ctiomr dii cbitnt, dmil dnq mounirenl p«u •prt* t'optrallan , Irai) lu bout de lii semai. jeai an bout de troh mott. Chei au de en dernim, qat nouTut d'un épancbemoiil de I l'iitMlonien , par tuile de ia rapturerie iiTétîeiile, trois heure* apiteBidlrnianité, les ( iodés conleMÎenl da chrie , dont on pal relirer qainH A sdie gnmmes. Chn prrsque ■Dire*, on irouTa, dans le ctmol dttieslir, des alinienls parriltemeiit chj ildés, et, dans les I larMi, du chjle bien élaboré. Htgendie a répélé l'ctpérience de Brodie aur d«!i chats Je phyiiologit, 1819, 1. II, p. IIB), mis en opérant sur des anlmaui sdniles, qui nnl é, poorla plupart, anisuilei dcl'optnilion. Clieideoi, qui ont survécu qaelqnes jours, ■blanc siaitéléfbnDieldnniati^resgtercoraleipnMlolte*. Seulement, reiles-cln'jialent -éncomm^ï l'ordinaire. Leuret et Lassai|(ne, oyont liéic canal cboiéiloque b un fp^nd Et l'ayant iaiiaé reposer quatre heures , lui firent araler de l'huile de ricin, pour vUlrr

ioleitioal, ci, dooie brarei après l'opérallon , lui donnèrent une soupe au lait sueréc, ienaa*elée deoi Ibis , à six benrea de dhlance. Huit heures après le dernier repas . on tua , L« canal Iboradque était distendu par un liquide detni-traniparent et jauntire, qai B contact de i'air, et ne tarda pas A se prendre en on caillot rose nageant au milieu d'une cîlrine. filondlot {Tntil^da (a dijeitton, Nanc;, lB13,p. 473] a procédé de la même

: le canal cholédoque Fpl lit ï 8 ou 10 millimètres du duodénum. On en retrancha en- 1 6 millimétrés. Dès que l'anhnal Itat remis , on le purgea ; pais on adminisim des ali- \u bout de cinq i sJi heures, l'animal fut assommé et ouiert immédialemeoL Du chyle ■rruitement élaboré, etislail dans le canal thoracique et les Taisseaui chyllfèret <lu mé<-

L'eipérience, répétée quatre rois, a loajoun donné les mêmes résultats. Biondiol a nayer aussi ce qui adiiendrait en abandonnant l'animal A lui-même après l'opération. \ chien* soumis k cette épreuie [ qui Ibt répétée jusqu'à douie Ibis) suceombtrcnl du ne au disiime jour, en présentant les symptAmn d'une périloaite algue. L'autopsie déqu'A la chute de la ligature, ia bile s'était épanchée dan* l'abdomen. Chu tous . 1 Eitrique dé* le aecond on le troislèaie jour; nnib la sdirotli|ne M jaunit que dantH

^80 CHANGEMENTS DU CHYME DANS l/lNTESTIN GftÈLE.

I^ mélange de chyme , de mucus , de bile et de suc pancréatique augn^-^^ de consistance vers la fin de Tintestin grêle, et prend une couleur plus foncée^ ^

petit nombre de cas. Th. Schwonn ( Muellkr^s ArcAir, iS&A» p. i27 ) fait remarquer afec que, si la mort sunricDl constamment après la ligature du canal cboléiloque, quand les

lement empêcher la bile d'affluer dans Tintestin, mais encore lai ménager une tsme dii%^ dehors, et atteindre le premier but en liant le canal cholédoque, apri*» eo avoir etcisé M

deux ou trois lignes, ce qui est le meilleur moyen d*empécher qu'il oe se reproduisca %^^^^/ même alors, la chose ait lieu quelquefois. Quant à la seconde partie de l*opéralioB« ^ ^^

Pexécute de la manière suivante. On attache un chien sur le dos, en ayant soin de n^ ^ .^r^

allonger ni écarter les pattes de derrière , afin de ne pas nuire aux articnlatiofis coxo>.^^^^e^T^ On fait une incision de deux ou trois pouces ù la ligne blanclie, immédiatement a» ^^ '

Tappareil xiphoïdc. On ouvre ensuite le péritoine ; on cherche le caoal cholédoque j une ligne environ au-dessous de la réunion des conduits hépatique et cyslique, on dessous de la ligature, et Ton excise toute la portion qui s*étend jusqu'au duodénuB,

il n'y a pas nécessité d'établir une seconde ligature. Alors, on cherche la vésicule l^jy^^y l'aide d'une aiguille, on passe un fil sous la tunique péritonéalc qui coorre le bas4biMf ^jlp i

Toir, en ayant soin de ne pas piquer la membrane muqueuse. Un second fil est

deux lignes de distance du premier. On noue ensemble les deux bouts de chaque fi; |

tique une suture à la plaie des parois abdominales, en commençant par lebaa, cti

haut une petite ouverture à travers laquelle passent les fils, par le moyen deiqudi«MI{

Tésicule au dehors. Cela fait , on pratique une petite incision aux parois de la vésicaie,atllij

deux ligatures , on laisse couler la bile ; on enlève avec une éponge celle qui peut ntai

et Ton fixe les bords de l'ouverture à la peau par plusieurs points de suture. Ou place ■(

de coton dans la vésicule , pnur servir de conducteur à la bile. De cette manière, fa i

foie continue, et le produit ne peut s'épancher dans l'abdomen. L'opération lenniaèe,

l'animal tous les jours, ailn de constater s'il maigrit ou non. Son poids change très pei|

les trois premiers jours , ù moins qu'il n'ait souffert beaucoup de l'opération , etabisli

ordinairement, quoique ce ne soit pas toujours des suites immédiates de ceUed«nitèie8MA;iur^

a opéré ainsi dix-huit chiens. Chez deux de ces animaux, l'autopsie fit Toir que lecwlMLir^ ii-a ^'

reproduit; la fistule se ferma d'elle-même. Dix périrent des suites immédiates ét^êflt^w^^-i '-'^ ^

six vécurent plus ou moins longtemps, et leur mort ne put être attribuée qu'an déCnl il Mhr% f**^ '-"^

dans l'intestin. Ces derniers commencèrent le troisième jour à maigrir; tout luuiiaiMi^Ma ->' ^ ^"^

milieu des symptômes d'une complète inanition. De ses expériences, Schwann tirehscmtfHb^ i^ti.' b->i

suivantes : 1** La bile n'est pas une humeur purement excrémentitielle ; die joue damn^Hk rts*^-^^-

un rôle important 6 la conservation de la vie : 2* elle est indispensable aux jeaaa

comme aux adultes , et les premiers paraissent même en supporter moins bien le déCMrt;ff4^ tL^rz»'

elle ne peut arriver dans le canal intestinal , son absence se ikit ordinairement sralir,

chiens , dès le même jour, par une diminution de poids ; &* la mort des cliiens adahai

i)Out de deux ou trois semaines , parfois plus tôt , quelquefois aussi plus tard ; d* cHeet

des symptômes d'un défaut de nutrition, grand amaigrissement, faiblene muscaliiK,

des poils et légères convulsions pendant l'agonie ; 6« la bile qui arrive natmdtaBMl

duodénum n'est point suppléée par celle que les animaux peuTent avaler en lédnut km

7* cette bile avalée ne trouble pas la digestion. Chez l'un des chiens, qui momt le A'V^^^' r

jour, et dont le canal cholédoque ne s'était pas rétabli , les lymphatiques du ■ésealfaii^^B'^ ^ ^'

U-anslucides et presque vides. Le canal tboracique contenait , dans la poitrine, mmmmp^^t^ ^^'^

quantité de lymphe blanchâtre et semblable à du lait étendu d'eau. Cette lymphe , ok^^l^ ^*^^^

canal, se coagulait au l>out de dix à quinze minutes; elle contenait donc de la ftriB8.il4^^ ^

croscopc , on y découvrit, outre les globules de lymphe, une multitude de gontlcielleiéi

de toutes les dimensions , comme dans le lait (ce qui prouTerait que la graisw peut Ai«

dans l'intestin sans le concours de la bile^ si l'on avait en la précanlkm d*(

CHANr.EMRNTS l)(; CHYMK DANS l/t^TK3TlAî (iRÊLR. 481

licf uidcs sont absorbées par les réseaux lymphatiques du canal intestinal (i). r* cjui a plus de consistance^ le mucus intestinal, les cosses de graines, la

fistule). L'estomac était plein de lait ( dont Tanimal avait pris beaucoup pendant les 'Vïi«?rs jours), et ce lait était coagulé. La moitié supérieure de rinlestin grêle contenait 1 1: une substance analogue au lait, qui était presque tiquide dans le duodénum et un cr>ovisistanlc dans le jéjunum. Toute cette moitié supérieure n'offrait aucune trace de n jaune (ce quiiait présumer que Tanimal ne s*étuit plus lécbé pendant les dernières ^ M.rc heures). La moitié inférieure de riutesliu grêle contenait les produits de la digestion k i^récédents, durant lesquels Tanimùl avait été nourri de viande, de graisse et de

^o terre. Ces résidus avaient une couleur jaune ; mais ils étaient presque liquides, et c^Q 1 d'autant plus de consistance qu'ils se rapprochaient davantage du gros intestin. Ce -oi%icnait une masse solide, d'un brun jaunâtre» qui remplissait entièrement le rectum*

{Noie du trad,) ^^ voit par ce chapitre combien il règne encore d'obscurités sur ce qui se passe pendant '^on. Heureusement un biologiste éminent a jeté une lumière sinon complète, du moins ^^^(le sur ces phénomènes. M. Cl. Bernard (Compte» rendus des séances de l'Académie ^^^€9, t. XXVIII, séance du 19 février) a trouvé la fonction propre du pancréas. Le suc ^tiquc est destiné, k l'exclusion -de tous les autres liquides inteslinaui, à modifier d'une "^ «|)éciule, ou autrement dit, à digérer les substances grasses neutres contenues dans les '^^^> et ù permetti-c, de cette façon, leur absorption ultérieure par les vaîase^px chylifères. ^ Stic pancréatique, obtenu dans de bonnes conditions, est un liquide limpide, incolore, ^^ et gluant, coulant par grosses gouttes perlées ou sirupeuses et devenant mousseui par ^^on. Cl* fluide est sans odeur caractéristique. Placé sur la langue, il donne la sensation ^ ^'un liquide visqueux : son goût a quelque chose de salé qui est assez analogue à la saveur ^^m du sang. Ainsi que Mugendie et quelques autres observateurs, M. Bernqrd a con- ''^CQl rencontré sur les chiens les chevaux, les lupins, les chats et les oiseaux, le suc pansue trîs manifestement alcalin au papier «k tournesol. Il ne l'a jamais, dans aucun cas, ^ neutre ni acide. Ex|K)sé à la chaleur. Je liquide pancréatique se coagule en masse et se ^it en une matière concrèted'uuc grande tiltrqchcur. 11 est également coagulé par les acides llK„sulfuriqueet chlorhydriqueconcè^^, aiosi que par les sels métallique!!, l'esprit de ^""alcool, etc. Les acides acétique, laclM^ et ehlorhydrique étendus ne coagulent pas la Inorganique du suc pancréatique. Les alcaKi n'y produisent non plus aucun précipité, ^and on mélange à la température de 38 à Ad dégrés du suc pancréatique avecde l'huile, Hrre ou de la graisse, on constate que la matière grasse Mytroufe instantanément éraulbe de kl façon la plus complète par l'action du sue {tapcréatuiue. 11 en résulte ainsi un <c blanchâtre et crémeux semblable à du chyle. En examinant de plus près les caractères te émuision, il devient bientôt évident que, sous l'influence du liquide pancréatique, la œ grasse n'a pas été simplement divisée et émulsionnée, mais qu'elle a en outre été modifeimiquement. En eflet, au moment du contact ^e la substance grasse neutre avec le suc 6atique alcalin, le mélange possède une réaction alcaU(ie très nette qui, bientôt après, est mde par une réaction acide très manifeste. Au laboialoire de M. Pclouze, avec Mi\f. Bar-

et Marguerite, M. Gervais a examiné ces produits et a iicilement reconnu que la g;EaisAe tié dédoublée eu acide gras et en glycérine. Quand on choisit le beurre pour opérer Fémitl' tec le suc pancréatique, l'acide butyrique^ fait bientôt reconnaître à sou o4c!iir caradé-

fie qui précède, il résulte cluirtinent que le suc pancréatique possède la propriété d*émul-

T instantanément et d'une manière complète les matières grasses neutres, et de les dédoubler

a en acide gras et en glycérine.

tyc pancréatique jouit seul de cette propriété, à l'exclusion de tous les autres liquides de

mie. M. Bernard a essayé comparativement, sur les matières grasse» neutres, l'action de

^de la salive, du suc gastrique, du sérum, du sang, du fluide céphalorrachidien, et aucun

liqoMles n'a émulsionné ou modifié la granse comme le suc pancréatique.

«ir ranimai, on démontre farilement que les matières grasses, neutres, allmentahres»

Mi CHANGEMENTS DU CHYME DANS L*TNTESTIN GRÊI^

chlorophylle, les fibres ligneqses, la substance cornée, et les matières excrémea titieHes de la bile, telles que mucus, matière colorante, graisse et résine, foroK, rextrémité de Tintcstin grêle, le commencement des excréments, dont il y aei

sont absorbabiefl par les vaisseaux cbjHfères que lorsqu'elles ont été préalablement érnubionil et modifiées par le suc pancréatique. De sorte que ce fluide défient Tagent indispensiMij unique pour la formation de ce produit blanc botnogène qui circule dans les Ttisseaai laeHi^j auquel on donne le nom de chjle. Un fait parfaitement connu des physiologistes, c'est qui raisseaux diylilèrcs ou loctés ne contiennent un liquide blanc laiteux qu^ft la conditioa |ii| aient absorbé des matières grasses dans rinlcslin. De sorte qu*un chyle limpide et trsn^ est un cAiyle dépourvu de matières grasses, tandis qu*un chyle blanc laiteux homogène ct( chyle chargé de graisse. Cela étant établi, il est très facile de démontrer que c^est le sue] tique qui émulsionne et modifie la matière grasse et la rend absorbable par les cbyliRr&l effet, quand on a lié sur des chiens les deux conduits pancréatiques, on a toujours tv graisse traversait Tapparcil digestif sans avoir été modifiée, et que le chyle se monlrafti limpide, incolore et totalement dépourvu de matière grasse. H. Bernard a trouvé lei démontrer le même fait par une autre expérience, qui se présente, en quelque sorte, toote] parée chez le lapin. Chez cet animal, la nature semble avoir prévenu les désirs de l>xp tateur, en fiilsant ouvrir, par une biiarrerie singulière, le canal pancréatique, qui est très bas dans Tintestin, à 35 centimètres au-dessous du canal cholédoque. On doit d*après ce que nous avons dit plus haut, que la graisse né se trouvera atisorbée que vaisseaux chylifères qni émanent de l'intestin après l'abouchement du camal pancrèatiqoftCU en effet ce qui arrive. De sorte que, chez un lapin, dans les aliments duquel on ati la graisse, on rencontre les deux espèces de chyle: le chyle transparent et dépourvu dei grasse provenant des 97 centimètres d'intestin situés avant raboucfaement du canal tique, et le chyle blanc homogène et chargé de graisse provenant des portions d'ioteriiij ptdcées au-dessous de l'abouchement du canal pancréatique. Cette eipértenœ est sinpkcK slve potir démontrer que la bile est tout ù fait étrangère à la digestion de la graine, d c'est le suc pancréatique seul qui la modifie et la rend absorbable dans l'intestin. M. a vu qu^en liant le canal cholédoque sur des chiens, la grainse était néanmoins émot absorbée par les chylifères. Si Brodie a avancé le contraire, c'est qu'il avait agi sorlesM^ comprenant sans doute dans sa ligature le canal pancréatique et cholédoque qui s'oonoli concert dans l'intestin.

à^ Le sucre pancréatique est redevable de son action spéciale sur les substances grasKi i très à une matière organique particulière qu'il contient. SI nous rappelons que cHle organique est soluble et coagolable par la chaleur, les acides énergiques, l'alcool, semble bien qu'on soit en droit de conclure . cbmme l'Ont fhit M. Magendie, pmsMM. mann etGmelin, que le suc pancréaUque se comporte aux réactifs à la manière d'm albvmineuz. Cependant, au point de vue physiologique, les liquides albuminfinàl conomie n'agissent pas du tout comme le suc pancréatique sur la graisse. De sorte fiei matière active du suc pancréatique serait autre chose que de l'albumine, bien qn'diei certain nombre de ses propriétés. Toutefois M. Bernard pu trouver des caractères poor < la matière pancréatique d'avec l*albumine. Quand la matière organique du liquide psi a été coagulée par l'alcool , puis desséchée à une douce clialeur, elle se dissout en toUlîléell facilité dans l'eau , tandis que l'albumine, traitée de la même façon, ne se rediswat phtfi manière appréciable. J'ajouterai qu'en se redissolvant, cette substance donne à l'eau la fiM particulière et toutes les propriétés physiologiques du suc pancréatique ; de sorte qa'oaie^ douter que ce soit bien là sa matière active.

5** Les maladies du pancréas amènent la suppression de la sécrétion paneréatiqteflt M^^ ration. Dans les deux cas, la digestion des corps gras est impossible, et les malades rtedatifl les selles les matières grasses non altérées ; ce qui devient un excellent signe de iôÊpi^ M. Bernard n'a encore recueilli que deux cas de maladie du pancréas, et dans ceséeWf a constaté l'ezistence des selles graisseuses. Chez les animaux opérés pour rextrtcliM ii' pancréatique, le liquide s'altère , quelques heures après l'opération, par suite de 11 m1>^*

CHANCEMENTS l)U CMllE DANS I/INTESTW GRÊLE. 483

i* dos portions liquides qui HOtit résorbi^cs dans le gros intestin. Aucune trace •réciable des principes constituants de la bile ne se trouve, d*aprt\s Ticdemann jmelin, dans le chyle des vaisseaux lymphatiques et du canal thoracique (1).

^ne, vt ce liquide aliéna 9e disiinjçue du suc poncréalique normal en ce qit*il est aqueux , ourru de ? iwosilé , non coagulublc par la chaleur ou les acides et sans action sur les malièrcs sses.

V Les expériences l'apportées n*inrirmcnt nullement les observations de MM. })ouchardat et Hdras, qui apprennent que Tamidon est transformé en glucose par le suc pancréatique. On H seulement remarquer à ce sujet quecetie action du suc paneréatique sut- Tafflidon est loin i lai être spéciale; c*rst une propriété générale qui appartient h lajMiU?e mlite de Thomme et Saalmaux, au sérum du sang et 6 tous les liquides alcalins de l'économie , d'origine normale 1 pathologique. C*e«t ce qui a été parrailement établi par les traTaùx de MM. Mageodie et iyerd'abord , et ensuite par des observations qui sont propres ù M. Bernard. Cette transforilion de Tamidon en glucose s*etl^tuc tout aussi bien sons Tinfluence du suc pancréatique aire qoe sous Pinfluence du suc pancréatique normal.

De là il faut conclure que Taction de la translbrmaUon de Tamldon en glucose ne distingue > le suc pancréatique des autres liquides alcalins de Téconomie; tandis qu*au contraire sa ullé d'émulsionner et de modifier les matières grasses neutres constitue son rôle essentiel et :lar dans la digestion , puisqu'il ne partage cette propriété avec aucun autre fluide intestinal, u'J( la perd aussitôt que la matière coagutable active se trouve altérée. ^ Bernard ( Mémoires de la Société de biologie , 18A9, p. il?) a fliJt des remarques d*ana- ^ comparée sur le pancréas : 1* Il établit, diaprés les recherches des anatomistes modernes ■près ses propres dissections, qu'un pancréas glandulaire ayant été constaté chez un grand bre de poissons osseux , pourvus en même temps d'appendices pyloriques , on ne peut plus cttre aujourd'hui l'ancienne opinion que ces appendices jouent le rôle de pancréas. * Insistant sur la disposition respective des conduits pancréatiques et biliaires, et sur leur '^ d'abouchement dans Plntestln, il démontre que, par suite du mode de versement de ces ^ fluides, H ne peut jamais arriver que le suc pancréatique agisse sur les matières alimeo- ^^ iiolémenl de la bile. En effet, toutes les variétés anatomiques k réduisent ft trois cas i ^^«s le premier cas , les deux fluides arrivent déjà mélangés dans l'iniestio. ^ as ie second cas. la bile et le suc pancréatique se versent isolément par des conduits seule- ^^ distants de quelques millimètres les uns des autres , de sorte qu'il est évident qu'aussitôt

arrivée sur la membrane muqueuse intestinale, les deux liquides sont unis et mélangés. ^Bs le troisième cas, les canaux biliaires et pancréatiques s'ouvrent dans l'intestin aune ^^distanèe l'un de Tantre , qui est de 85 à 50 centimètres chez le lapin et le lièvre; de ^^Blimètres dans le castor ; de 53 centhnètres chei le porc-épic ; de 50 centimètres dans Tau- ^^, etc., etc« P'où il suit qu'alors la bile et le suc pancréatique ont le temps d'agir isolé- *% iVartt de se mélanger. Or il est constant que,'chet ces animaux , le canal pancréatique , VMrement unique, s'ouvre toujours le dernier dans l'intestin , et apporte le suc du pancréas tics aliments déjà imprégnés de bile.

^md on voudra répéter les expériences de M. Bernard, Il flitidri atolr soin d'expérimenter i« sac pancréatique, quand il est complètement sain. Car, dès qu'il s'altère par suite de l'in- "^nation du pancréas, il perd ses propriétés et l'expérience manque. K^ remarquera aussi qoe c'est une disposition anatomique sagacement interprétée, qui a mis Pinard sur la voie de sa brillante découverte. Cette disposition est la longue distance qui ,

le lapin , sépare le canal cholédoque du t-anal pancréatique* Ë. L.

3 D'après M. CI*. Bernard , le suc qu'on trouve dans l'Intestin gréte et qui est un mélange de ^, de stic gastrique, de bile et de suc pancréatique, possède à la fois les propriétés de *%• de ees liquides. Il transforme l'amidon en sucré, digère les aliments azotés et quelques ^ à la manière du suc gastrique, et dissout les corps gras comme le suc pancréatique. Ce i A intestinal parait même posséder, avec plus d'énergie que les éléments physiologiques dont t composé , les propriétés de ces aliments. On peut faire de toutes pièces un liquide aea K<: il suffit de mêler dans certaines proportions les quatre élément» qu'on y trouve. SI t

484 CHANiiF.MÉNTS l>r <\H\MLE DAJ^S l/lNTESTIN CBÊLK.

Tiedeuiauu et Gmclin regardent le liquide acide qui se sécrète dans k cd^m, comme étant destiné à servir de dissolvant à la matière qui doit nourrir TaiiinuL La nature semble surtout lui avoir assigné cet office chez les animaux herbivores, qui ont un grand caecum, par exemple, chez le cheval, où les aliments qui fraîchissent le pylore sont loin d'avoir subi le même degré de dissolution que cheiki carnassiers, et où la digestion paraît continuer dans Ténormc gros intestin donti sont pourvus. Schultz admet également, à cause de Tacide qu*on trouve dansk caecum, 'qu'il s'accomplit là une seconde digestion, mais il croit à un certain aot» gonisme entre la digestion stomacale et la digestion caecale : chez les rumiûants, il première a lieu pendant le jour« la seconde^ pendant la nuit, et la première co» mence après que la seconde a cessé. Il suivrait de là q^'un repas devrait, réguliè* rement, parcourir toute la longueur du canal intestinal dans l'espace de Tiq^ quatre heures; mais c'est ce qui n'arrive pas toujours. Dans les expériencefl Tiedemann sur des chiens auxquels on avait lié Iç canal cholédoque, les excrémeril ne devinrent blancs que deux jours après l'opération ; les ruminants consmal pendant des jours entiers leur panse pleine de fourrage. Il a été parlé précède» ment d'une autre destination, plus essentielle peut-être, de l'acide du c£ctiai,qi serait de faire que les principes constituants de^ la bile passassent certaiuemeotl l'état insoluble dans les excréments (1).

Pendant la digestion, des gaz se développent dans toute la longueur du raoaii» testinal, indépendamment de l'air avalé, dont une partie est convertie eii adfe carbonique dans l'estomac. I^ nature de ces gaz dépend d'un côté de celle desd^ ments, et d'un autre côté des organes digestifs. Ils se dégagent souvent en gndili abondance dans les affections du système nerveux. Quelquefois inodores, ilsexhaM la plupart du temps l'odeur du sulfide hydrique; souvent ils sont inflammables Oi peut y trouver de l'hydrogène, du gaz hydrogène carboné, du gaz sulfide hydnifA; D'après l'analyse que Magendie et Chevreul ont faite de ceux qu'ils rencontrtnr dans lès cadavres de trois suppliciés, ceux de l'intestin grêle avaient la composa^ suivante :

lieu de réunir ces quatre matériaux formateurs, on se contente d*en mêler deux , la bile etktf gostrique , ce dernier liquide perd ses propriétés , ainsi que Schwann Ta constaté. En rapprodit ces propriétés qu'a le suc intestinal de celles qu'a la salive mixte, on gagne une coDceptiostÉl" plus claire que pur le passé des phénomènes qui se passent dans les voies digestives; et Ym(Ê aurait une idée fausse >i , après avoir étudié isolément les matériaux, on ne les étudiait pisfltf dans leurs facultés complexes.

Ainsi on connaU l'action de la salive miite qui saccharifie ramidoo^ du suc gastrique f' dissout les substances azotées, du suc pancréatique qui digère les substances grasses, lestfit^ testinal mille qui possède toutes ces propriétés. Il n*y a que la bile dont on ne noonaisMfH pouvoir spécifique. É. L '

(1) SleinliaDUScr {Expérimenta nonnuUd de tensibilitate et funetionibus intestin tf^ Leipsick, 1841) a observé, chez une femme de quarante et un ans, qui était restée iiv d'une large fistule du gros intestin , à la suite d'une grossesse ventrale, que le soc iolestii>i^ toujours alcalin. Les excréments étaient acides la plu[^art du temps, rarement neiitrei. M divers alimenU qu'on introduisit dans le tube intestinal par la astule, l'albumine fat le «^V subit une dissolution. Les autres sortirent par l'anus sans avoir subi aucun changemest

{Note du tnd.]

Page 1