MANUEL
La physiologie est la science qui éiudïv Ick propriétés des C4>rps organiques, aoifflaux et végétaux, tes phénomènes offerts |)ar ces corfis, et les lois suivant lesquelles s'accomplissent leurs fonctions.
U première question qni se présente quand on aborde le domaine de cet!» srience, est relative à la différence qui existe euti^ les corps organiques et les corps inorginiqucs. Les corps qui offrent les phénomènes de la vie diffèrent-ils, au point de vue de leur composition matérielle, d^ corps non organiques, dont les propriétés sont du ressort de la physique et de la chimie? Et, comme la différence est ir»« grande entre les phénomènes présenté*^ par les deux règnes , les forces qui déterminent ces phénomènes diffèrent-elles aussi, ou bien les forces de la vie or- Wque ne sont-elles' que des modifications des forces physiques et chimiques?
DE LA MATIÈRE ORGiVNIQUE.
Composition chiihique de la matière organique.
Le sentiment , la nutrition , la procréation n*ont point d^analogue paimi les autres phénomèn<*s physiques , et ce])endant les éléments des cx>rps organiques !^t les mêmes que ceux qui entrent dans là compositi<m des cor|)s inorganiques. A la vérité, les corps organiques renferment, à titre de principes immédiats, de;» substances qui ne sont propre^ qu*à eux, et que l'art du chimiste ne saurait produire par aucim procédé, comme l'albumine, la fibrine, etc. ; mais tous ces corps, lorM)u*on les soumet à l'analyse chimique , se réduisent en éléments des cor|i8 inorganiques.
Dans les végétaux, les principes constituants les plus essentiels sont le carbone, l'hydrogène et l'oxygène. L'azote est na^ins commun. On rencontre aussi, en plus ou 0M>ins grande abondana;, du phosphore ou du soufre, l'un et l'autre prindpalemeot dans Talbumine v'égétale et le gluten, mais surtout chez les plantes tétradouâmes, où ils sont accompagnés d'azote. On trouve encore du potassium et du <^am (qui sont répandus presque partout), du sodium (qui existe surtout dans ^plantes marines), de l'ahiminium, du silicium et du magnésium (qui sont rares), I. 1
2 HRor.f:<;<>MKNKS.
du for et du nianp;an4>so (qui son i loiuinuiisj, du ridorc, dt* Tiodr v\ du hrouic (ces deux dernivrs .surtout ilans Ws planl<'s marines (1).
(les dh erses substances, à rexcepliou de raluininium , se relrou\ein dans Ii* règne animal. Ici le sudium est plus cunnuun <'l le |M)iassium ))Ius rare que chez les v(^g(Hiii\. Quelques ânimauv marins renrernient de Tidde et du brome. Les élémi'Uts du corps de l'hommi' el des animaux sujuTieurs sont ro\\ gèih\ riiydmgène, le car1)one, l'a/ote, le soufre i surLoul dans les |K)ils, Talbumine et la matièrr cérébrale), le pliospbore (j)rinci{HiIement dans les os, les dents et le c<'r^eau\ le chlore, lelluor (surtout dans les os et 1rs dents), U' potassium, le s(Mlium, h* calcium, el le magnésium (spécialement dans les os et les dents), \v manganèse et le silicium (dans les poils';, enfin le fer (princi))alement dans lesiuig, le pigment noir et le cristallin) (1>).
La pi<'mièrediirérence entre les corps inorgani(pirs et l<»s corps organi(|ues se* rapporte donc au nond)re des sul)stanc<\s élémentaires ; tous les éléments des uns nVntrent pas dans la composition des autres ; pUisieurs sont n)éme nuisibles à la \'n\
\a* mode (h» combinaison des éléments a été juscpr'a prissent considéré , d'aprÙN Fourcroy el Berztîlius, comme étant la source d*nn<» seconde <lilTén'nce.
Dans la nature inorgani(jiH', il n'y a (|u<' des combinaisons bhwirc^, c'esi-Jt-iliru produites |»ar l'imion de d^'ux stibstances simples l'une avec Faulre, ou par cellf d'une combinaison binaire soit a\ec tin élément, soil a\ec une autrtî combinaison binaire. ParcAempIe, Tacide carboniipie esl une combinaison de carl>oneeld*ox\gène; ramnioniaqn4* en est une (Kazote et d'hydrogène ; l'acide cnr))oniqiie el l'ammoniaque s*ninssen( ensemble ])tnir former \v carb(mate d'annnoniaque.
Oxygène ) ^^.^,^, carl)ohiqne ]
,, , X : (airixmated ammomaque.
Hydrogène j ^,„„,,„,i. i
Une combinaison innnédiale de trois, quatre on un plus grand n(md)re de substances les unes a\ec les antres, dans la(piell<' tous les éléments soient également miis ensemble, parait ne pou^oir se réalise]- (|ue sous rinfluence de la \ie, soit \égétale, soh animale, ou, en d'autres termes, sous celle des forces organiqties. Vinsi. les mêmes éléments , oxygène, (viu-bone, hydrogène v\ a/ote, qui, par combinaison binaire, donnent naissance h du carbonate* d'anm)onia([ue, produisent de la matière organique sous rinfluence dî' la vie. (les combina isems i)rennent Tépithète (le /(?/•w/iVe.çoU quatcrnnina, suivant le nombre des éléUM'uts ((ni se tiou\eni unis tous ensemble. Tx; mucus végétal, le sucre, l'amidon, la graisse, sont regardés comme des combinaisons ternaires de carbone, d'oxygène et d'hydrogène; le gluten, Talbumine, la fibrine, le mucus anhiial, la caséine, connue des combinaisons (|ualer-
(1) Du cnWre a W6 iroiivé dnnx Iw plaiiiP!* pnr Moisner, cl pins récemmcnl par Sarteaii {Annales de chimie y l XTJV, p. 334). Btfcher prétend aussi uvoir rciicuiitrc de l'or d«ns la cendre des taniarim (TiiiDLMAMî, Physioloffô^ , iiadiiile pnr A. J. L. Juurdaii, l. J, p. 9/i).
(2) Dans le cours d'une disciis*iion qui a Aiil beaucoup <le l)ruil, il a été prélcn<lu (|ue le corps bumain conlenuil, ù Télut normal, deTarscnic, et môme quelques antres métaux encore. {Cmnpte» rettduit de VAnidrwie des sciencrn, Paris, Iftàl, t. XII, p. 107fl cl sniv. — HutUth dr r Académie dt médecine, Pariîi, 1861, I. VI, p. H09 et uni?.)
œMPOSITION DE LA MATIÈRE ORGANIQUE. 3
laires, qui, eo outrc! des trow éléoic^nUi précédcnu, coutienu^nl euciM-c de Taxolit [Ictte théorie de la roui iKisitiuu dos ror|>s 4)i*Kauique.s a bien éié altiqnéff |)ar quel- |ues personnes ornais, jusiiu'ù pn^seut, on ii*u ))u démontrer, krégard d'aucune les substances dont îm: coniiMsent les tissus des \égélaux et des animaui, qu'elle ioit nno simple combîuaiMm binaire. Ber3u>liuK regardi' aclneJlement les nmtJwlHi )rganî(pies conmie des oxydes de radicaux c-omposés, qui, cux-mOmcs, réiul^ suliiMit, les uns de deu\ éléments, carlvoiu^ et hydrogène, ou c^rboiHî et aiote, kn iUitres d«* trois éléments, carbone, hydrogéni^ et azote (1).
Quoi qn'il en soit , le imnle de cimibinaison des éléments, dans les corp» urgaiiiqucrs, est si particulier, qt résuite tellement de forces spiViale», ({uc la cliimîc peiii l>ieu détruire les composés organiques , mais qii Vile ne saurait en fermer auciuik Bérard. Proust, Dœbt^reincr et llatcbett client, il est \ rai, avoir produit artifi- L'iellenieiit des comlùnaisons organiques ; luais leurs assertions u ont point été auflisamment déniontré(*s, et Ton ne [X'ut compter ici que les découvertes d<> ll^'ochler. Suivant ce ciiimiste, ou obtient dcFurée, au lieu de cyauite ammonique, iorsqu'eu vers4* une dissolution de chlorure amuu)ni(|ue sur du cyanile argenticfue réceulincut i)réci|)ité, qui, par là, se convertit en chlorm*e argenti([ue. De Turée se forme Miasi (|uand on traite le cyanite plonibique par rammouiaque liqui<lo : la dissolution contient d'al)ord du cyanite ammonique; mais, après ré\aporat ion , ce sel m ron\ertit en urée. AVoehler a égiileim^nt nH'4)nnu que le gaz ammoniaque et la vatK'ur d'acide cyaneux se condensent en cyanite anmioniqne, mais que, par la fusion, rébullition ou Tévaporation s{)ontanée de la dissolution, ce sel se trauaftirme eu urée. De même, il ^i foruK' d'abord du c>anile ammoniqiu', et ensuite de rurée, quand on mêle de Tacide cyaneux a\ec de Teau ou a\ec de rantmoniaque liquide. Mais l'urée occufM* Textréme limite des nuitiiTes organicpiesi et c'f>st plutôt une (vcrétitm qu'un princi|)e constituant du cor|)s animai.
[^nature organique peut donc donner itaissance à un n<mibre incalculable fie combina isoiLs, à une midtitude illimitée de corps, c^ sont cont|NMN'*N dt*s mêiufs* éléments, en pro]X)rtions si variables, (pi'au premier aperçu ou serait U'utéde croire qu*il n*y a point de proportions déCmies dans les matériaux constituaiils dt^ être» organisés. Alais Berzclius fait remarquer (2) (pie ces |)ro|)ortions n'en existent |)as moins ; il suffit, dit-il, ([ue nous dirigions notre attentimi sur les rapfMirtii ians lesipiels les at(unes organiques se combinent avec des atomes composés iiiorgaui(|ues du second ordre, jK)ur trouver c|u*autani (pje nos rechcrclics nous jiermcttent d'en juger, ils su i\ eut les mêmes lois que les atomes imirganiqui*», '*est -à-dire «pie l'oxygène de l'un est un multiple, |>ar un nombre» entier, de Toxy- ;ène d<> l'autre, et (|ue, quand des acides organiques contiennent cinq atomes i oxv gène , cet oxygène est à loxygène de Toxyde inorganique dans le môme ra|>- ;K)rt cpif* celui qu*ou sait exister pour les atomes inorgani([ues à cinq atomes Toxygène.
L^ corps organiques sont formés, vn grande partie, de substances ctHubustibies, d les parties combustibles des animaux cl des végétaux (à rexception des acides)
(i) BKRXCLirSf Traité de chimie, traduit par Esslinfrer et Jourdati , t. V, p. 5. — Èncycio- Hàie mnatomiqme , Anatomie générale ^ par Hkwlr, traduite par A. J.-L. Jûurdan , Paris, iShHt K VI, p. 9.
(2) Traifé de chimie, U V, p. 8.
contiennent des proportions telles d^oxygène , d*hydrogène et de carbone , qoe Toxygène ne suffirait pas pour convertir tout l'hydrogène en eau, ni tout le carbone en acide carbonique. .
La matière organique existante dans les corps organiques ne se maintient complètement que durant la vie de ces corps. Déjà, pendant la vie, certains éléments ou composés binaires, agissant du dehors sur les corps organiques, peuvent troubler l'équilibre des substances qui entrent dans leur composition, et détruire la combinaison organique, comme il arrive, par exemple, lorsqu'une partie d'un Hre vivant subit l'action du feu. Un moment vient irémc où cette nipture d'équilibre a Ueu spontanément dans tout corps vivant quelconque ; la force qui maintenait et transformait les combinaisons organiques devient de plus en plus faible, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus en état d'équilibrer la tendance des éléments existants dans la matière organique à contracter des combinaisons binaires les unes avec les autres et avec d'autres éléments, de sorte que le corps organique se décompose avec ta matière qui le constitue : ak)rs, non seulement la combinaison organique ne laisse pins apercevoir aucun des phénomènes organiques qu'elle montrait auparavant , mais encore elle n'est plus apte, la plupart du temps , à se maintenir , et , soumise aux lois chimiques de la combinaison binaire, elle se réduit en com]>osés binaires , au milieu des phénomènes de la fermentation et de la putréfaction , surtout quand elle contient beaucoup d'azote. L'observation montre donc que, dans les corps inorganiques, la combinaison dépend de l'aflinité et des forces inhérentes aux substances combinées ensemble , tandis qu'au contraire dans les corps organiques, la puissance enchaînante et conservatrice ne réside pas uniquement dans les propriétés des substances elles-mêmes , et qu'il y a autre chose encore qui non seulement fait équilibre à l'affinité chimique, mais même occasionne les combinaisons organiques d'après les lois de sa propre activité. Parmi les impondérables, la lumière, la chaleur, l'électricité, ont tout autant d'influence sur le^ combinaisons et les décompositions dans les corps organiques que dans ceux qui no le sont pas ; mais rien ne nous autorise à regarder aucun de c-cs agents comme la cause première de l'activité dont jouit la matière organique vivante.
Après la cessation de la vie, les substances organiques se décomposent toujours, lorsque les conditions sont favorables à la manifestation de l'affinité chimique. Voici quelles sont, d'après Gmelin (1), les décompositions qui s'effectuent alors. Panrn les éléments des combinaisons organi(|U(^s , les uns se séparent h l'état de liberté, sous forme de gaz azote, de gaz hydrogène ; d'autres se combinent pour donner naissance à des combinaisons inorganiques , telles (|ue eau , acide carbonique, gaz oxyde de carbone, gaz hydrogène ciirboué, gaz oléiiant, amiiionia([ue, cyanogène, acide cyanhydrique, gaz hydrogène phosphore, acide suif hydrique; certains, s'nnissant en d'autres proportions, produisent une ou plusieurs nouvelles combinaisons organiques, comme quand du sucre nait de ramidoii. L(*s combinaisons organiques parfaitement sèches ne se décomposent point à la ttMu x'^rature ordinaire : l'eau au moins, et souvent aussi l'air, sont indispensables h c^Mre dt'^compositiou spontanée. Gmelin regarde l'absence des conditions nécessain^s au déploiement de l'affinité chimique cxHnme étant la c^use à laquelle on doit attribuer
(1) Ckemie^ t. III, p. 9.
COMMâiHON D£ LA MAHÈfiE OftGAMQtfi^ fi
que 4 pottt* certaine^ sulMUncos organiques, la décomposition Hd cotriméoce pas ttmjoars immédiatement après la mort de Fanimal ou du végétal ; la raison serait donc la même que celle en vertu de laquelle , par exemple , certains composés organiques ne se décomposent qu'à une température déterminée. Quant aux matières animales humides, elles se décomposent spontanément, même sans air atmoft- (diérique, sous le mercure, quoique l'air soit le corps qui active le plus la putréfaction, et qu'il y soit même plus favorable que Toxygène pur : d'un autre cdté , cependant, un certain degré de chaleur est nécessaire. Les produits de la putré^ iaction des substances animales, surtout de celles qui appartiennent au corps humain, sont du gaz acide carbonique, quelquefois aussi du gaz azote, du gaz hydrogène, du gaz sulfide. hydrique, du gaz hydrogène phosphore et de l'ammoniaque : il se forme aussi de l'acide acétique, parfois de l'acide azotique, et il finit par ne plus rester que les parties fixes, constituent, avec des débris qui se décomposent plus lentement, ce qu'on appelle Y humus ou le terreau. Sous l'eau, et dans ceruins tombeaux, où l'eau n'a point accès, les cadavres d'animaux et d'hommes subissent la conversion d'un grand nombre de leurs parties en une matière grasse, nommée adipocire, Gay-Lussac et Clievrcul considèrent cette matière comme étant la graisse déjà contenue dans les parties organiques à l'état fi*ais, et qui reste quand les autres substances ont été détruites ; car, suivant ces deux chimistes, la quantité de graisse qu'on parvient à extraire des parties animales fraîches de serait pas inférieure à celle qu'on obtient par la putréfaction de ces mêmes parties dans Teau. Berzelius, au contraire, croit qu'il s'opère une véritable conversion de la fibrine, de l'albumine et de la matière colorante du sang en adipocii-e.
Les princi])ales dilTérences dans la composition de la matière organique paraissent dépendre de la proportion des poids atomiques de l'oxygène, de l'hydrogène , du carbone et de l'azote , et c'est là surtout ce qui a suggéré l'hypothèse que les combinaisons organiques sont toutes ternaires ou quaternaires, qu'il n'y en a point de binaires parmi elles. iMais une autre question fort importante est celle de savoir à quel état sont les éléments minéraux qu'on rencontre en petite quantité dans les composés organiques , s'ils sont également engagés dans des combinaisons quaternaires, quinaires, etc. , ou s'ils sont unis avec les substances animales, à l'état de jmreté, d'oxyde ou de sel, ou enfin s'ils constituent des compostas binaires, simplement mêlés avec les autres. I^ur union avec des substances animales est évidente dans plusieurs cas, et se manifeste tantôt comme combinaison de soufre pur ou de phosphore pur, tantôt comme combinaison d'oxydes et de sels a^ec ces substances. Un exemple en est offert par l'albumine, dans laquelle, suivant Muider, une matière animale découverte par lui , la protéine , se trouve combinée avec du soufre et du })hosphore non oxydés , et en même temps avec du phosphate calcique. Du phosphore non oxydé existe également dans la graisse cérébrale. Les os sont un exemple de combinaison chimique entre un sel et une matière animale ; car il est certain, comme l'a fait voir E.-H. Weber, que le phosphate cakique n'est pas contenu dans les os à l'état de phosphore, d*oxygène et de calcium, mais qu'il s'y trouve réellement à l'état de sel, formant une combinaison binaire avec le cartilage : la preuve en est fournie par la garance, qui a beaucoup d'affinité pour le phosphate calcique, mais n'en a aucune ni pour la chaux , ni pour le calcîom, et que lesos d'un animal vivantqu'on nourrit avec des alimenfer
iinprvgnéfi de celte subs(uiu.c, Ka\eiit(*\lraiiv du sang pi'ndant l'acte dc> la luKrilion. IVtiii autre côté, plii.sieiii'!» acides drcoinpoM^iil les sels calcain*s contenus dans les os, et les enlù\eut sans altérer la forme dn cartilage, ni le déconi)i(»MM\
Mais il y u aussi, dans les sucs animaux, d(» pniiciprs minéraux, o\>d<*sci suis, qui, bien qu'appartenant à leur constitution, ny sont ceiH*iidaut que dissous. comme , i)ar exemph^ , le cldurura sodicpu* dans le sang ; c'est eu qui fait qu*on voit apparaître de |)ctits cristaux microscopiques de sel dans les humeurs animales soumises k la dessiccation. Demcine, des m^Is (Hraiigei*s se dissol\ eut dans les surs des végétaux et des animaux , vt les animaux s'en débarrassent presque (Mitiérenient par la voie de l'urine , sans que ces sels aient sid)i de décomposition.
Si, d'iui côté. Ton prend en considération la natun^ des débris qui restent •près la putréfaction des matières animales, (;i que, d'un autre côté, on ait soin, ^QS les analyses, d'établir une distinction entre les corps qui ont été simfdenient extraits de ces substances, et ceux ({ui ont été \éritablen[K'nt pnMluits |iar l'action des moyens chimiques mis eu usage, on peut, avec: E.-H. AVelKM*, admettre deux séries de combinaisons binaires dans h corps des animaux , et surtout dans celui de riiomme. IhI pn'iuière comprend des com|M)sés binaires d'éléments minéraux, comnic phosphate sodique, |ihas|)hate calciqne, phosphate magnésique, carbonate 8odi(|iie, carbonate calcique, chlorure |H)tassique, chlorure sodique, tluorure cal* ci(pie, silice, oxyde de mauganèse, ox\dc de fer, soud(\ etc. 1^ seconde embrasse des composés binainnt d*éléments organiques et d'éléuu'Uts inorganiques : ici , il (audreit ranger rall)uniine du sang, qui s'y trou\e. dit-(ui, combinée avec d(* la soude et formant un alburainate sodicpu* ; les lactates iNHassiquc et sodique devrAienl aussi prendre place dans cette catégorie.
Formes de la matière organiqui**
Examinons maintenant les formes les plus simples sous les((uelles la matière oiiganique nous apparaît.
La matiéne orgaui<|ue se trouve à Tétat de dissolution complète dans b(*aucoup d'humeurs, où le microsco|>e ne fait découvrii* aucmie (*s|)èce dt; molécules : c'est ce qui a lieu dans la liqueur du sang, où cette matièn* ne prend la forme de globules <|ue par racti(m d(* la pile galvanique, ou |)ar la chaleur et autix's inlluenc^^s chîmiqucn». Elle est également dissoute eu |)artie dans la lym|>lie des vaisseaux lymphatiques.
FréquemnK'ut la matière^ organique aflecte la forme dv molécules nncn)scopiques arrondies, (les moléiules doivent être considérées connue de légers |)récipités, encont dé|M)urvus de sliucture, qui se produisent dans des dissolutions de suhslances oi-ganiqiies |)endaut le coui-s des opérations vitales, et qui d'aitleury ressembkMit beaucoup aux précipitcfs de globules (pie Tart ]hmii fair(^ naitn*, dans ces mêmes dissolutions, à l'aide des i*éactifs cliimi(pies. Ici se rangent les globules ^i formcul en |)ariie U' conteim des cellules chez h^s vi'^gétatrx et les animaux, les globules de i>igment des cellules pigmeutaires, etc. Loii»c|ue ces |)<'tites molécukn; sans sii'uctui^ sont lemu^s en sus|K*nsion dans un liquide, elles montrent le phénomène Qiicroscopique découvert |iar Uobert Brown, et apiuériable même api cs k WHfit c'esi-k-dire un mouvement continuel, uniluimc et mbm'i rapide de va-el
KOilMKS l)K LA MAI lÈUK un(;A.NjM[ i:. 7
\riil, rcMiffîi'iué ciaiis des liniihs t'ai-oiles. i\v |>li('iioiii(*nr n'o;»! |»a.s uiiii|u<*iiiçiil pnipn* à la iiiatiiMV oi-Kaiiiqui* solide, mliiile en irt'H |N>lik>s iiioIim ulos ; il a|)|)actienl aussi à toute matière minérale (iiiement ))iilvrnM'*n (|iti iia^e au milieu d*uii liquide, v\ Wni ignore encore «le qu(*lle imum; il dcj)end.
Dans sa plui» p^rande siniplieité de sirurlure, telle (|ue ToirniUl |»arlout tes premiers rudiments dvs vé;!;i'4au\ et dos aninianv, la matière or(;ani(|iie forme une fr/Zu/e, oitlinairement |)<nn'\ue à rinlérieur d*un no //au ou uucieus. La meiu-! braiw: (|ui constitue les (Kirois de la rellidc^ est <léi>ourviie <le struetmv et simple, m sorte qu'on ix) disliuKue point de particules plus t)etiteH, |iar Tagglomératiou (b((iK'lk*s elle serait pnHlinte. Le no\au , au contraire, est a)m|)osé de grauulalitHblrî'H lines, parmi l(*s(piellej» on en remaixpie souKMit une un im'u |)1us grossi!, giflée nucléole. 11 résulte des décou\crte$ de Schuaiui que les cellules sont , chez b auiiiiaux , les éléments de tontes les structtu'es complètes; c'est d*eUes que ittisKcnt les tissus, tantôt par raiJou^emenl des cellules, (pii s*étirent en manièm de bliinients, tantôt |>ar la réunion de plusieui-s, (fui se confondent en d'autj^t'S cel^ iules secondaires. La formation des libres ou autres tissus ne reconnaît doue jamais p()urcaus<ï une agrégation de globules; le fait, c(»nslaté |)ar KhrenlMMi; , que den monades de-^-^^.-de lii^ne muiI |)our\ues (ror^^anes C(nnpliqués, suffii^ail ]M>ur fntp|HT cett(r by|)otbès<* d'in\raisemblance, puis<|ue les globules dont elle supiK)S(* l^r^Kloméralion aiu*aient eu\-ménK*s, à ce ((u'on prétend, plus de 07/0 ,, de ligne. b-N "Structures tantôt nagent dans (l(>s ii(|ui(l<>s, et n'ont aucune a<lbéreuce les unes aiif les autres, ciimme les c-orpuscnles du sang et du jaune de Tœnf, dont la cmiliirQvition est analogue à ct*lle (U's cellules, tantôt scml réunies, et produisent ainsi i\t^ parties solides coliérentt^, comme dans les tisstis.
I.i's matières solidt» \i\antes se trou\ent dans un état de moUeniu: qui n'est pni)HT qu*auv êtres oi*gani(|ues. l/eau leur connnunique de rextcnsibilité, de il iloxibilité, sans qu'on puissi' p<mr cM'Ia dire qu'elles soiu mouillées, vX sans ([u*elleH puisbcni humecter d'autres corps en leur couununic|uanl le liquide (pu les hnprègiic\ Hf'rzi;ijus évalue cette eau jus([u'aux quatre cinquièmes de leur jMiids. Jl ajoute <|ir<'lle ne ))arait )kis leur appartenir |>ar aflinité chimique, puis(pt*elk^ s'évapore peu à p<*u . et (pfon |>eut Teiipriuier instantanément par nue forte pression i^iti'c (les feuilles de papier gris. La perte de l'eau détruit tout à fait ra))titudc à vi\re dans la matière anhnale, si Ton excepte ([uelipies animaux et \égélaux des dernièn^s classes, qui . après avoir été desséchés, reprennent \ie quand ou les ramollit df nomeau (1). Sui\ant ()he\reul, l'eau pure est seule cai)ahle de pnnluire le phénomène d'une pleine et entière nu»! Iess(», cpioicpu* l'eau salée soit alworliée de niiiiK* ]Kir les matières animak*s sèches, connue aussi ralc(N>U l'éther v\ kis huiles. \j» pon;8 nunplis d'e^iu des matièn^s animah's mouill<'*<'s |)ermett4>nt aux sidvi4ances solnblcs dans l'eau (|ui entrent en contact a\ec ci*s dernières , de se disr Hwidre dauK le liquide cfui les humecte, ou, si ces sul)stauces étaient déjà disscmlctt, ilo se répandre dans le tistui organique, f/eau desprties animales mouillées ahaud(Hiiie awr. non niobis de facilité U*s c(H'ps (tu'i^lh* tient en dissolution à d'autres partii*squi sont également susceptibles de les disstnidre. Leslcns <h' l'attraction des Mbstances |H'ndanl la dissohition et la miction. <'i les lois de l'équilibre deréi>ar-
,1) BulELIl^r Tntiic de ihimicn L VU . \\ à.
tiliotl (les liquide^ hiiscibles Iroiivciit donc aussi ietir application dans (os ])aiites animales humides. Coninio 4inc membrane organi((ue (>oreuse, dont les deux faces sont mises en contact avec de Feau , établit , par le moyen de ses |)ores, une continuité entre le liquide (|ui baigne une des fac^'s et celui qui touche Tautre, de même des substance dissoutes dans Tun et Tautrc liquide peuvent traverser peu à peu la membrane, jusqu'à ce qu'il y ait équilibre de miction et de répartition. La même chose airrive aux gaz qui entrent en contact avec des parties animales mouillées. Nous verrons ailleurs, qu'ici , comme dans les corps inorganiques poreux , régne une loi remarquable, savoir, que la dissohition la plus dense reçoit plus de la dissolution la plus ténue, à travers les [)orosités des corps, que celle-ci ne reçoit de celle-là. La perméabilité |)our les fluides n'ap])artient pas uniquement aux struc^ tures compliquées; on l'observe aussi dans les structures simples, dans la membrane constituant la paroi des cellules élémentaires des végétaux et des animaux. Les fluides pénètrent, à travers les parois des cellules, dans l'intérieur de ces dernières, et réciproquement. Il faut même se figurer chaque globule qui nage dans on liquide comme étant ramolli et pénétré |)ar Teau. Le groupement des atomes chimiques homogènes doit être tel , dans ce cas, qu'il reste des intervalles permettfttit à l'eau de s'introduire.
Production et aptitude à vivre de la matière organique.
La force qui anime les corps organiques n'est connue nulle part ailleurs que dans ces corps. £lle ne se manifeste que dans les combinaisons organiques qui lui donnent naissance , et jamais les éléments fondamentaux ne produisent de toutes pièces aucune i)arcelle de matière organique, lorsqu'ils viennent par hasard à se rencontrer. Fray (1) prétend bien avoir vu des animalcules microscopiques se fonner dans de l'eau juuxî, et Gruitimisen dit avoir observé, dans des infusions de granit, de craie et de marbre, la production d'une membrane gélatineuse, dans laquelle se développèrent plus tard des infusoir(*s. Retzius (2) parle aussi d'une espèce particulière de conferve qui se forma au sein d'une dissolution de cldorure barytique dans l'eau distillée, qu'on avait tenue durant des mois renfermée dans un flacon bouché à l'émeri. Mais, quelque remarquables que soient ces faits, il est indubitable (|ue les substances mises en ex|)érience, les vases ou Teau contenaient encore une petite quantité de matière organique; car, d'après les observations de Schultze, des molécules de poussière de substances organiques suffisent , lorsque les circonstances sont favorables, pour faire naître le phénomène qu'on allègue comme preuve de la génération spontanée des infusoires. Les animaux eux-iuêmes ne sont |)oint en état de produire des matières organiques avec des éléments seuls, non plus qu'avec de simples combinaisons binaires. S'ils croissent , c'est parce qu'ifs s'approprient des substances organiques déjà existantes avant eux , et qui proviennent d'autres animaux ou de végétaux ; ils ne peuvent que maintenir ou modifier la com|>osition de la matière organique. Les végétaux , au contraire, ont le pouvoir, non seulement de métamor])hoser la matière organique des animaux
(i) Essai sur V origine des corps organisés , Paris, 1817, iu-8* (S) Frouo», Pfotixen^ 5, n. 56.
ot cl*ttttrei$ \égkAux, mais encore d'en prodfilr<^ avec les éléments , ou tfvec de» composés binaires d'éléments, tels que racide carbonique et Teia, quoiqu'ils ne puissent prospérer quand le sol ne contient aucune trace de matière organique. On est même forcé d'admettre eu eux la faculté de créer des matières organiques a\ec des combinaisons binaires, parce que, sans cette rénovation continuelle, la' nourriture irait toujours eu diminuant sur la terre, des végétaux et des animaux étant sans cesse décon^Msés et réduits en composés binaires par la combustion, la putréfaction , etc^
La matière organique produite par les végétaux, ou contenue et métamorphosée dans les végétaux et les animaux, est apte à vivre aussitôt qu'un corps vivant se Test sq>propriéc, et qu'elle se trouve soumise à la force organique de ce corps. De cette manière, toute la substance organique qui est répandue sur la terre provient uniquement de corps organiques vivants ; la mort , ou extinction de la force qui engendre et maintient les combinaisons organiques, frappe les individus, tandis que la matière organique conserve Taptitude à vivre tant qu*elle ne s'est point réduite en combinaison binaires.
L'aptitude à vi^Te de la matière organique consiste en ce qu'elle |)eut nourrir un corps organique vivant. Ordinairement les corps organiques d'une certaine espèce ne naissent que d'autres corps de même espèce qu*eux , c'est-à-dire par des oeufs ou des bourgeons; mais on peut se demander si, lorsqu'un corps organique se décompose, la matière qui le constitue ne produit pas aussi , sous certaines influences, des organismes d'une autre esf^èce ; si non seulement elle est apte à vivre, mais encore continue de vivre avec d'autres modifications ; si , [)ai* le concours de certaines conditions, c'est-à-dire par Faction de Tair atmosphérique, de l'eau , de la lumière, elle se résout en infusoires vivants, tandis qu'en d'autres circonstances elle revit dans des plantes appartenant aux classes inférieures, les moisissures. Les anciens, Aristote surtout, admettaient déjà la génération spontanée des animaux, dans le sens le plus étendu. C'était effectivement une vieille tradition , que la putréfaction donne naissance à des animaux inférieurs, à des insectes, à des vers, opinion qui figura parmi les préjugés des physiciens et des médecins jusque dans le cours du xvir si(*cle. iHais, à cette é])oquo, Uedi prouva que les exemples de génération spontanée allégués par les anciens étaient faux , et que tous ces vers, tous ces insectes prov(înaieut d*œufs auparavant déposés par des animaux dans les eaux d*où on les voyait surgir. La démonstration était catégorique, et il ne se trouva plus aucun naturaliste instruit qui crût à la fable de la génération par putréfaction, de sorte que l'adage, wnne vivum ex ovo, fut regardé comme inattaquable. Mais , plus tard, >eedham montra qu(s si la putréfaction ne produit pas d'insectes, elle fait du moins naître de j)etits animalcules microscopiques, jusqu'alors inconnus, les infusoires. Quand on verse de Teau sur des substances animales ou végétales, et qu'on expose le tout à l'air et à la lumière, au bout de quelques jours, à la température ordinaire de la saison douce, tandis qu'une partie de la matière organique se décompose peu à peu, et qu'une autre se métamorphose, ou »* résout en globules, ou se dissout entièrement, on voit paraître, soit des moisissures, soit ces animalcules microscopiques chez lesquels £hrenberg a fait, depuis, la brillante découverte qu'ils jouissent d'une organisation beaucoup plus compliquée qu'on ne ne l'avait soupçonné jusqu'alors.
10 l*KOLËGO.MÉMib«
1^1» pmHÎoixiS obsi'rvatioiis sur la (iroducUoii (1(^8 infusoircs out été recueillies par Nc<^am. Wrisben;, O.-F. Mullor, liigiMilioutue , G.-li. ïre\iranus, GruitbuiseQ ri SchuJtxe ont ciisiiite éti^ndu nos conuaissances à cet égard. Suivani l^risben^, l'iofluooce (le l'air «rst iiér^^fsaire |>our que les infusions de substances organiques donnent naissance à des iufusoircs , dont aucun ne se produit quand on couvre h liqueur, |»ar exeni|)le, d'uiHi couclie dlniiie d oli\e. Mats toutes les substances aniuiaies ou v('*gélales n)èlét*s a\ec de Teau sont aptes à produire de ces animalcuies, |N)unu ([u'ellcs m; soinii ni acides ni acres, et ([u'elles ue conticni^ rien qui puisM.* eu)|M}chei' la puti'éfaction. J^ déveloi>|)ttuient des infusoinii s*opère afircs que la matiên* organique a subi un certain degré de découqxHÛtion • aimoocé par des bulles de gaz qui st; dégagent; en luénie teint)s ([ue ce déga^mcot a lieu, et plus tani . rinfuaion montre une grande quantité de molécules micnMOopiques, qui tauuH sont é))ar8es et isolées les unes des autres , tantôt forment une sorte éa membrane à la surface; du liquide, et qui proviennent de la décompontioa de k matière organique.
I^ génération s|X)nlanée d(*s infusoin^ fut attaquée |iar pkisieufô pli>sicienti, mais surtf)ut par Spallauzani , qui prétendit ([ue rap|)arition de ces animalcules était due à des œufs accidiMitell(;nient mêlés aux matières organiques, et qui se développaient sous riuflueuc4: réunie de la chaleur, de Teau , de Tair atmospliéricfue (ït de la lumière. J^*s e]L|)érieiices de ce savant établissent que les substances orgaiii({ues cuites sont tout aussi propres que celles qui n'ont pas bouilli à {)roduire des infusoires, et (prou [H'ui Umt aussi bien employer l'eau distillée que Teau ordinaire pour faire l'infusion. Klles prouvent que l'air atmosphérique est nécessaire au dévelo|>p(^ment des infusoires, et qu'il ne s'en produit pas au scia des infusions qu'on a tenues ))eiulaiit une heure exposées à l'action de l'eau bouillante, après li^s avoir mises dans des vases lierméti(piemenl clos. Des expcrienGes sur les graiui^de melon d'eau et de courge, sur le chène\is, sur les lentilles, ont fiait voir que le nombre des infusoires est plus considérable quand le germe croH que quand la semence conmieuce à germer, et qu'il diminue quand celle-ci est gâtée. Lorsqu'a|M*ès avoir sé()aré ramiiion du gluten , on les faisait infuser ciiacun à part, l'infusion de l'amidon contenait |)eu ou |)oint d'animalcules, tandis que celle du gluten en fourmillait. Au conti*aire, nul être vivant n'apparaissait dans los infusi<ms d'orge, de maïs, de lupin, de haricot, <le ri/ et de lin. (>|HM)dant, comme les genres et h» es|NVes d<'s infusoires sont aussi bien déterminés que a*ux des classes su|)érieures du règne animal, connue S|)allanxani n'a i)as décrit la forme de ses infusoires, comme enlin nous ne connaissons point encore les degrés de dévelo|)))em(*nt |)ar lescpu'ls peut |uisser chaque esjiéce de ces animaux , les expériences du savant ilali(;n i)erd(*nl beaucoup de leur valeur, il dit avoir découvert des animalcules tout à fait <liiïéi-ents dans des infusions de courge, de camomille et d'os(*ilk\
'ri'<'\irauus a donné un bien plus grand [Miids à l'hyiiothèse de la génération s|ionlamV, |Uir de nombreus<>s exjMTÎences, qui ont été exécutées avec plus de critique (1). Si's arguments re|K)senl sur les faits suivants:
l*' l>4's substances organiques diverses, mises en infusion dans une même eau, prtHluisent <leH animalcules infusoires différents. r
PROniCTlON DE LA MATJÈRK OU(;AMqLIÙ 4!
2" I^ lumière exerce la plus grande influence sur la généi-ation s|)ontanér. \msi la matière verte de Priestley, remaniuable par la propriété c[u'elle a «l'exhaler du gaz oxygî'ne, ne se produit (pie sous riniluencc d(* fa himi(*i*e, (piand on expose de Teau, et surtout de Teau de fniits, au sok'il, dans des vases ouverts, ou dans des vases clo», maïs transpan*nts. VA\<* apparaît alors sous ras|K'r( d*une rroAle verdfttre, fonn(kï de granulations rondes et elliptiques, dans laquelle on découvre d'abord des molécules isol^'s, (pii exécutent de |H'tits mouvements, puis, plus tard, des filets transparents, qui semeu\eutd*une manient irrégulièrr. lugenhousz est œlui qui a le mieux vu ces changements. Suivant Jl. AVagner, la matière >erte de Priestley est un assemblage de cadavn^g d*animalcuJes verts, VEttglena viridis et autres iiifnsotres. Dans cette h)'])othèse, les iilcHs mobiles dtmt il vient d'être question seraient des êtres |>articuliers, différents, du reste, de la n>atière verte, et Ingenhousx aurait eu tort de considén»r des (»s|>èces diverses d'êtres simples comme autant de métamorphoses d(*s mêmes molécules.
.^*' Ia*,s vers intestinaux (*t les animalcules s|H'rmatiqu(*s, corpuscules nuinis d'une queue et doués dr mobilité, que le micn)sco|Mî fait apercevoir dans la semence des animaux, même des înverlébn*s, s<'mblent aussi parler en fav(»ur de la formation s|>outanée d'êtres vivants dans la matière oi^ganique.
fi" Les expériences de Tr(»viranus (mt fait voir que, toutes choses c'»gales d'ailleurs, des êtn*s différents, savoir, des infusoires ou des moisissun^, «• prcnluisaient dans des infusions diverses, et qu(» la cause de celte nidifférence ne tenait point à l'eau, mais aux substances employé(*s.
.V Trevîranus a obsi»rvê (pi<* drs pnKhictioiis diffén'utes se fonnaient dans des portions diverses d'une même infusion, cpiand le hasard soumettait celles-ci hd(*s comlitions ipii n'étaient [)as l(*s mêmes. Ainsi l'infusion dé feuilles d'iris dévHoppatt des infusoires dans mi long vas<' couvert de toile et exposé au soleil, et de la mâtine verte dans un s<»eond \as«» placé à une exposition différente, l ne infusion de seigh* dans l'eau de puits donnait é;;aleinent des pnMinils divers, suivant qu'on y plongeait ou non une bagm^tte di» fer. Il semble qu'on puisse rajiprocher de ce fait un autre, observé jtor Gleditsch, qui a \u des tranches de melon, couvertes d'um» mousst»line, se charger d'une phis ou moins grande quantité de nmisissiues, de byssus, de tremelles, sni\ant qu'elles avaient été placéi*s dans des linix plus on moins élevées. On |)ourrait 4'ricore ajouter cpie Gruithuisen dit avoir tmuvé des animalcules infusoin>s tout à fait diffénMiis dans des infusiims de pus et de mucus. De tout cela, G.-U. Tiwiranus a conclu cpi'il (»xîste dans tout<» la natm-eune matîèn» constamment active», absolument iiMlécomi)osable et indestnictibhs en vertu delaquellc fous les êtw*s vivants, depuis le byssus jusqu'au [mhnier, et depuis la monade jnMpi'aux mcmstres de la iw>\\ ix)ss('*dent la xie dont ils jouiswMit, et cpii, invariabk' dans mm essence, mais variable dans sa forme, change continu(*l1(*meirt d«; configuration; que cette matière est auHirphe par elle-même, mais suscf'|)tibl(* ùi* prendre toutes les formes d<* la vie; enfin, qu'elh* n'obtient une forme déinminée que i>ar l'influence de causes rxlérieuics, qu'elle ne persévère sous celle forme qu'autant que les uiênies causi*s subsistent, et qu'elle eu prend nue autre dès que d'autreii forces igisseol iîur elle.
D'apn^s» Wrisberg et autres, leiî infusoires njiisttuut des iNirUcules qiii ife ^ cbent de la substance Infusée elle-même, et qui commencent peu 9|Hni kse
voir; mais, suivant Gruithuiseit, ils ne paraissent qiie (((lând ia |)artio elitraclivc du corps qu'où fait infuser a été enlevée par Teau, et dans cette dernière. Schultze dit n'avoir jamais vu, dans les infusions de sang, de lait ou de matière cérébrale, aucun globule sanguin, laiteux ou médullaire, se mouvoir comme monade, ou se transformer en monade : chacun de ces globules donne naissance, en se décompo^ sant, à un giand nombre de monades. En effet, selon >\ risberg, la plus petite monade visible a j^^^ de pouce de diamètre, tandis que les corpuscules du sang de rhomme en ont j^^^ à 5û*ôt» ^^ ^^ <^"^ ^" **'t sont encore plus gros (1).
Passons maintenant à la critique de ces observations.
La manière dont les expériences sur la génération ^ontanée ont été faites ne garantit nullement qu'il ne se soit glissé aucune illusion.
1" Ceux qui ont expérimenté à Tair libre sur des décoctions de substances organiques, ne peuvent point prouver que les infusoires produits ne provenaient paii d*infusoires, ou de germes d'infusoires, desséchés avec la poussière voltigeante dans l'atmosphère. Peut-être, comme le donne à entendre Ilumboldt,» les veutii enlèvent-ils des eaux qui se dessèchent les germes des êtres organiques les plus simples, et ces germes, retombant dans Teau k Tétat de poussière, y renaissent-ils à la vie, conmie il arrive aux rotifères, d'après les expériences de S|)allanzani, cuniirmées par d'autres observateurs. Scimitze s'est tout récemment servi, pour expliquer les infusoires, de cette circonstance que la |K)ussière qui vokige paitout dans l'air renferme de petites molécules orgauicpics, susceptibles de se renfler dam l'eau ; il regarde ces molécules comme des monades dessécliées, qui revivent lorsqu'elles viennent à être humectées. Cependant, quoique cette cause de formatiou d'infusoires soit très fréquente, Schultze ne ia regarde pas comme étant la seule, et il admet la métamorphose des substances organiques eu protozoaires.
2*" Ceux qui ont expérimenté sur des matièi es animales bouilhes, et qui se sont servis d'eau ordinaiie pour l'infusion, ne samaient non plus prouver que leurs infusoires soient de nouvelle fomiation, car l'eau peut les avoir contenus à l'état d'œufs ou de véritables infusoires, qui se multiphent rapidement aux dépens de la ^ substance organique infusée. On ne peut supiH)ser, dans pivsque aucun cas, qu'il ait été fait usage d'eau distillée pure, puisque l'eau même qui a été distillée cinq fois est encore susceptible de contenir des molécules orgaui([ues.
B"" Ceux qui ont expérimenté avec des substances organiques fraîches et de l'eau distillée ou des gaz factices, ne peuvent pas prouver (pie les œufs des infusoires, ou ces derniers eux-mêmes, n'étaient point contenus dans la matière oi^anique. Â la vérité, on connaît peu d'animalcules microscopiques dans les parties vivantes, et, eu tout cas, les globules ordinaires des liquides organiques, du sang, par exemple, ne jouissent point d'une vie individuelle; mais le mucus contient déjà des animalcules microscopiques; il y en a dans le mucus intestinal de la grenouille, comme dans le i^rme, et fiaer a vu, dans divers muscles, des particules microscopiques qui se
(1) Trbtiraiius, Biologie, t II, p. 26^-406. — Groithiîisbh, Beitrage zur Physiognofie und Eautognoaie. Municli, 1812. — Bcrdacii, Traite de Physiologie, trad. par A. J.-L. Joordan. Paris, 1837, t L — C.-A.-S. Scholtzb, Mikroscopitche Unternukungen tieber R, BrowrCsEntdêchmg Ubender TheiUhen in allen Kœrpem, und uêber Erteugung der Monaden, Garlsruhe,
PRODUCTION DE LA MATIÈRE ORGANIQUE. i%
iKiavaieiit(i). Les grainos du blé et de quelques Afp^ostis coatiennent sotiTent des librions, qui, môme après avoir M séchés, reviennent à la vie lorsqu'on les luinecte. Quelques animalcules qui se rencontrent chez d'autres animaux continuent k vi^Te dans l'eau, surtout les épizoaires.
V Enfm , quoique quelques observateurs aient expérimenté à la fois sur des inftisions de substances organiques, sur de l'eau distillée et sur les gaz artificiels , k précision nécessaire pour établir un résultat décisif ne saurait être admise comme probable dans ces cas , et elle n'est même guère possible , puisque les instruments employés pour changer l'eau auraient dû être absolunoent purs de toutes particules organiques adhérentes, et que chaque lavage donnait occasion à des erreurs. Ces remarques ne réfntent pas la génération spontanée ; elles montrent seulement qu'il n'y a guère moyen de la prouver par l'observation directe. Mais £hreHberg Ta réellement rendue fort invraisemblable par ses recherches sur l'organisation des animaux et des végétaux qu'on dit naître de cette manière. D'abord il a d^ouvert la véritable germination des semences de champignons et de moisissores (2), et par là fixé le mode de propagation de ces végétaux : il a fait voir comment on peut produire de nouvelles moisissures avec des graines de moisissures, et il a rendu probable que, dans le cas où ces êtres apjxiraissent d'une manière inopÎDée, leurs graines, disséminées par l'eau ou l'atmosphère, n'ont fait que trouver le sol nécessaire pour se développer. Quant aux animalcules infusoires, llbrenherg a reconnu qu'ils ont une structure compliquée, de sorte que même la plus |)etite monade de ^Vô ^^*' %"^* ^^ diamètre, a encore un estomac composé et des organes locomoteurs , qui consistent en des cils. Chez d'autres , il a ol)servé les œofs, et la propagation par des œufs. Ces particularités soulèvent les plus grands dofutes contre l'exactitude des observations antérieures, dont les auteurs, sans coumitre la structure complexe des animaux dont ils i)arlaient, prétendaient les avoir vus naître immédiatement de particules des substances mises en infusion. Ehrenberg n'est jamais parvenu à obtenir, d'infusions déterminées, desformes également déterminées d'infusoires ; il a vu tantôt les unes et tantôt les autres se* ))roduire, quoique le traitement fût absolument le môme. Suivant lui, il y a un certain nombre d'espèces , les plus ré|)anduc*s de toutes , dont les œufs ou des individus peuvent exister dans toutes les eaux, même dans cpielques ])arties de plantes, k la vérité peut-être altérés , et dont tantôt les unes , tantôt les autres , suivant que ce. sont des œufs et des individus qui se trouvaient ou qui ont été portés dans l'eau, se multiplient beaucoup. La multiplication de ces animaux parait être extrêmement rapide. Vu rotateur, Hydotina senta , qui fut obsn'vé pendant plus de dix-huit jours, et qoi vécut au delà de ce terme, e.st ca])able de se quadnipler eu vingtquatre à trente heures. De là résultent déjà, [)our dix jours, lui million d'individus, ce qui explique jusqu'à un certain point l'abondance extraonlinaire des infusoires dans une goutte de liquide. Ehrenberg n'a jamais remarqué d'infusoires dans la n»ée ni dans la pluie ; mais il en a trouvé quelques uns en Afrique et (*n .Vsie
(t) Voy. Nov. acU naU cur., t. XIII, part, ix, p. 591.
(2) No9, act. nal, eur.f voL X.~ Comp, Nbbs (I'Esbnbkck, dans Flora^ 1820, p. 531. — Schil- UK, dans Ka^tneb*» Arehiv,^ t. X, p. ^29. — Dutrochet, Mémoires sur les végétmm et Us *>»«iix, Paris, 1837, t II, p. 190. — Ch. Robin. Des végétaux qui croissent sur Vhomme « io animaux rivants^ Paris, 18A7, in -8.
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N. ■ . • v>> \ii> iiiiesiii-
• ^ ■»- ■ .i>, par dp » • n » X*. Paris, 1
PKODUCTION OK LA M\T1ÈIIK OR(;ANlQrE. 15
Im parties gunilakv des eniuzuaii^ i-eiifei-ineiii un p;raiul iHimhre d'œiifs, que le circulatoint (iitraino ces 4i>iifs duiiH UniU^a \vh ivgioiiH du corp» d*uu aniiuaJ, que li*4'*s |)eu sunl di'jxMés dans !<* iK)i nt^ccttsairo à l(>ur dévclo|>|M>ineut ; de quftï loutoM les huiucurs d'un animal sont |)our ainsi dire imprégna*!) d'œufe Levers qui vivent dans tela ou ici» oi-ganes de* ce même animal ï^ lait , dont se îasent d^autres individus, peut dt*jii contenir des ùmÎH d'eniozoaires. L'enikffm den mammilï^res, dans lequel on a tnmvé dos vers intestinaux, peut en avoir IcB feufK de» hnmeuro de la mère. On a rencontré des vers dans des œub , par excnnpk* Ëschlwlz dans les ceufs de |Kml(* (1). Ils fMmvent sans doute ^té imrtés là par les humeurs de la mère. Mais, eu réalité, on trouve iciaud'invraiseuiblanc(*s ([ualid ou se prui)ose de. réfuter la génération spontanée quand on veut Tadmcttre. Les œufs des entozoaires s(mt é\idemment trop ippospour pouvoir passer des oi^i^aues où ces animaux vivent dans les vaisst^aux lymplnliques, \your circuler dans les capillaires sanguiiis, (fui iront ([ue 0,00025 pouce de dîauK'tre, et enfui |)our arriver dans les prcNluils st'icrétoires, dans le lait, le jmne de l'œuf. Ii'liy|)otliès(*. de la transmission des vers intestinaux dv la mère ë rerilsuit, |)ar (^(emplc chez les mannnifèresluThi^ores, est en amtradiction manifeste avec les donné<*s ex|MTimental<*s de la micrométrie, à moins de sup))oser que Ibb (dus petites |)aix:(*U(*s de substance* reproductive de c(*s animaux sont tout aussi aptes que Tœuf entier à les propap;(;r. Quant aux animalcules s)><*rmatiques, P.hrenberg admet qu'ils mn\ inoculés à chaque animal dans Tade de la génération (2). Des (*x|)érieuc(» directes sur la génération spontanée sont extrêmement difliciles dans letat actnel de la science, (belles (pti ont été faites dans ces derniers temps 9C fNirlent ]>as en faveur de ia doctrine. Scliultzi; a observé qu(> Tair atmosphérique qui a Iraverw* l'acide sidftiri(|ne ne permet aucun dévelopjxïinent d'infusoin*s dans l<>s li([nides l)ouil1is. Schwann a reconnu que c<'s mêmes li(iuides, mis en cfuitact avec de Tair pré<dablenieut soumis h la chaleur rouge, mais riche encore en o\\géne et souvent renouvelé, ne pnMluisent Jii infusoires ni moisissures, et ue huhissi'Ut |)as la [Hitréfaction.
(Ij BcBDACH, Truite de phifaiotogie^ trad. par A. J. L. Jourdan» Paris, 1897, t. I, p. 31.
;2) Ll'S oUtervatinns de Bacr ( Notfd an, nat, car, XIII, 2) ajoutent encore d*autres énigmes & liiisloire de la généralion drs \crs Intestinaux. Ja's aniniah!ules quMI nomme fiueephatus M> produisent dans les ovaires niiformcs des montes, et il a, ainsi que Bojoniis, décrit dans le Limnœua itagnalin un ver qui contient lui-même des animaux d^une tout autre forme, det eercaires. ( Comparez Si ebold, sur le Monnstamum mutabile, dans WiKCMA.NiVs Àrchiv.^ (.1, p. 45. -^ Carls, sur le Leucoahhrtdmm paradoxum , dans At>v. avt, nat, cur,^ t. XVII, p. i). Nordiiiann {Mikroyraphiteke Bdirœge. Rerliu, 1832), a observé des monades dans le corps des diplusiomes vivants, et vu naître des inHisoires dans les ceufs de Lc^rnt^es en putréfaction. D^uri autre c-ûlé. Il faut avoir égard aux changements qu'éprouvent certains ontozoa ires, par exempté la ligale et le fiothriocephalu» solldus des poissons, qui iracquic^reiit des parties génitales distiDCU-s que clict les oUeaux palmipèdes. Il fiiut considérer aussi la forme primordiale de quelques jennes dtstonies, par exemple le Diatoma nodutoâum du i>ars, qui d'abord , suivant Nordroaiui, est priié de suçoir et pourvu d'an vestige d'œil, avec des cils, comme pour nager dans Teau. Les infusoires et entozoaires des végétaux vivants «tout encore à étudier. tJn fait assez important, r'estque, d*après Steinbuch {Attalecten 1802) rt Bauer {Philos. Tram,, 1833), les graines malades AWgrostis, de PhalariÈ et de Triticum contiennent des vibrions qu*il avait iiMcaléft WÊi graines, et que . d'après lui et Sceinbnch , les vers des graines dessécliées AeHeurent^pëDëMt pkweiirft aiiBtes aptes à rerivre dans Teau.
La formation d'infusoires n*cst point une production primitive de matière organique : elle suppose déjà l'existence d'entrés organiques* puisque aucune sal)stance organique ne se développe jamais d'elle-même, et qu^ les v/>gétanx vivants ()araissent avoir seuls la faculté de transformer des combinaisons binaires, commue TeaH et Tacide carbonique, en combinaisons ternaires organiques, en matière organique, tandis que les animaux vivent imiquemeul de matières organiques déjà formées, qu'ils n'ont pas le pouvoir d'en créer eux-mêmes avec des éléments ou des combinaisons binaires, et Vpie par conséquent leur existence suppose celle du rè^^ végétal. Quant à savoir comment les êtres organiques se sont produits primordialement, et comment la matière a acquis une force qui est absoklment nécessaire à la formation et à la subsistance de la matière organique, mais qui, d'un autre côté, ne se manifeste non plus jamais que dans les matières organiques, cW ime question qui dépasse les limites de l'expérience. On ne peut pas trancher le nœud en disant que la force organique est inhérente de toute éternité à la matière, comme si la force organique et la matière organique n'étaient que des manières différentes d'envisager un seul et même objet; car les phénomènes organiques ne sont réellement propres qu'à une certaine combinaison des éléments, et la matière organique susceptible de vivre se résout elle-même en c^mibinaisoos inorganiques, dès que la cause des phénomènes organiques, c'est-à-dire la force vitale, vient à cesser. Ijk solution du problème appartient à la philosophie, et non à la physiologie empirique. Or, comnie la conviction a des bases tout à fait différentes en philosophie et dans les sciences naturelles, notre devoir ici est de ne pas quitter le domaine d'une expérience fécondée par le raisonnement. Il faut donc nous contenter de savoir que les forces qui font \ivre les corps organisés sont d'une nature particulière, et d'examiner quelles sont les propriétés qui les caractérisent