ABSORPTION DES SUBSTANCU^ NUTRITIVES
savoir s'il s'agissait d*un phénomène de sauté ou de maladie; car ou ne le reluva point dans d'autres cadavres. La membrane muqueusie de rintestin offrit la de particulier, chez un grand nombre de cholériques , que chaque viUosité ntenait, à son extrémité libre, une petite vésicule claire et jaune. En général, tte vésicule est unique : cependant il y en avait parfois deux ou plusieurs à côté i unes des autres. De plus petites se faisaient remarquer sur le trajet de la vilsité. Quelquefois la vésicule transparente en renfermait une seconde. Le contenu î8 cavités du sommet des villosités fut considéré par Boehm comme des gouttes huile. Il rappelle à ce sujet les ampoules de Lieberkûhn, dont on ne put aperce- Dir Torifice indiqué par cet ancien micrographe.
Goodsir (1) a vu, ches un chien tué trois heures après avoir mangé de. la farine avoine, du lait et du beurre, les villosités dépouillées d'épitbélium, excepté à la lae, où Ton en apercevait encore quelques cellules. Chaque viUosité était tapissée me membrane mince et lisse, que Tautèur appdle primitive ou fondamentale, i-dessous de cette membrane, le sommet offrait un grand nombre de vésicules lériques, d'un diamètre de 0,001 à moins de 0,0005 pouce. I^ masse conte nue is leur intérieur avait un aspect laiteux. Du côté du corps de la viUosité, au "d de la masse de vésicules, on découvrait des particules oléagineuses, en grand cabre, qui se confondaient, par des gradations insensibles, avec la texture groiue la substance de la vUlosité. On pouvait suivre les troncs de deux vaisseaux es dans le miUeu de cette dernière ; lorsqu'Us approchaient de la masse vésicurxne, ils se bifurquaient et formaient des anses. Jamais ces vaisseaux n'ont pu : suivis jusque dans Tune des vésicules, jamais on n*a pu apercevoir aucune irnunication entre les deux structures.
^tïivant Goodsir, la membrane muqueuse de l'intestin se dépouiUe de son épiliom au moment de la cliyUrication. On savait déjà que la môme chose arrive K l'estomac pendant la digestion, car la couche blanche qui couvre le contenu "e viscère est composée en grande partie de corpuscules muqueux, dont un ^ in nombre ont leur enveloppe dissoute (2).
3)ez le chien dont il a été parlé plus haut, Goodsir a trouvé les vUlorités nues, K épithéUum, tandis que la couche blanciie du contenu de l'intestin se compo- » du côté des parois intestinales, d'un liquide translucide, de quelques globules >iJe, et de nombreuses ceUules épithéliales, les unes isolées, les autres agglomé- ^ En même temps que la mue des villosités, s'opère aussi celle des follicules {lieux. C'est alors seulement que commence la fonction des viUosités, qui, tv^ès Goodsir, consiste en ce que les petites vésicules situées entre les anses termes des vaisseaux lymphatiques acquièrent plus de volume, attirent à travers ' membrane pariétale les substances contenues dans le chyme, et crèvent les ft après les autres, tandis que leur contenu, ainsi qu'U arrive à celui d'autres Aies interstitielles, est reçu dans le tissu de la viUosité. Le réseau des vaisseaux ^ s'empare des débris et du contenu de ces ceUules. Tant que l'intestin ren- ^ du chyle, les vésicules 4xmtinuent, à l'extrémité libre de la viUosité, de se 4opper, d'absorber du chyle, et d'éclater. L'épithélium protecteur se reproduit
^ Edimb. nem pkii. Journ,^ 1842, aprîl., jul.
^ HsNLa» Amatomie génémU. PariSi iSASf t« U» p« ASS»
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avec rapidité dans les intcrvalJes des digestions. Goodsir compare les vésiculiformes de la villosité aux spongioles d*une radicule, et rappelle ai occamon la couche des cellules qui existe à la face interne du sac \iteili Iules qui couvrent les anses vasculaircs pendantes dans le jaune {vam celles qui couvrent les pinceaux du placenta.
Les vésicules en question ont été vues par £. -H. Weber, non se l'ettrémité des villosités, mais encore dans le reste de l'étendue de ces
Ces vues sur l'absorption dans le canal intestinal expliquent aisément a de q|)écifîque dans la résorption lymphatique, les cellules n'attirant, ei leur structure, que ce qui leur convient spécifiquement
Une circonstance d^ne d'intérêt, c'est que ces observations ont fait un sens mieux déterminé à certaines opinions émises autrefois par Wi] DœlKnger, qui n'admettaient pas d'absorption proprement dite par les \ lymphatiques, car ils prétendaient que le chyme se forme dans le tissu de brane muqueuse, et que celle-ci se dissout ensuite en chyle des lympii Dcellinger pensait que les villosités croissent extérieurement par agrég apposition des molécules plastiques provenant du chyme de l'intestin, a blastoderme de^ l'embryon croît du jaune, par apposition, avant la fomu vaisseaux sanguins; pendant que les villosités intestinales se chargent ainsi stance nouvelle à leur surface, leur intérieur se résout en chyle. La docl ^ilbrand était plus obscure : ce physiologiste voulait que les vaisseaux tiques n'eussent point, à proprement parler, de commencement, et qu'il tassent d'une transformation graduelle du chyme, en sorte qu'on ne pdt juste où ce dernier finissait, ni où les vaisseaux lactés commençaient (1).
(I) Lacaachic {Éludes kydrotomiques , p. A9), qui attribue aux villoâlè» iiitfst
mouTements déterminés par les fibres contractiles de la paroi de leur lymphatique ce
regarde comme des systèmes de pompes aspirantes et foulantes. Il n'accorde au réMan
sanguin que le rôle de simple appareil de nutrition. Ce qu'il appelle la substance s
extérieure de la Tillosité, c'e&t-ù-dirc Pépithélium , n'a pour lui d'autre but que d*ci
contact immédiat des faisseaux rblytifùres et du liquide intestinal. Il se représente k
globules sphériques , d'un diamètre approprié à la grandeur des ouTertores ioDombn
surface des villosités. Ces globules, une fois engagés dans la sutistance spongieufc, qui
l'aspiralioo des chylirères , la traversent pour arriver à ceux-ci , gagner les gros troncs
se mêler au sang de la reine cave supérieure, poussés par la contraction des tubes qui k
nent, et soutenus entre deux contractions par les valvules, qui s'opposent à tout n
rétrograde. Gruby et Delafond ont imaginé une autre hypothèse. A leurs yeux, les m
des villosités ont pour elTet de cha.<ser le sang et le chyle contenus chacun dans ses raê
considèrent chaque cellule d'épithélium comme un organe chargé de recevoir le chvk
admettent deux espèces de cbyle : l'un brut , celui qui se produit dans l'acte delà di|
qui est composé d'éléments hétérogènes; l'autre élaboré , confectionné^ composé de |
graisse emprisonnés dans une pellicule albumiueuse et nageant au milieu d'un liqnid
renl , spontanément coagulablc , formé de fibrine et d'albumine dissoute dans de l'eau t
sels en dissolution. Ce chyle purifié, seul susceptible de s'engager dans Pouvertare p
effilée des cellules épithéliales, pour parvenir dans le vaisseau chylifère ceniral . est, su
le produit d'une action des cellules d*ép{thélium , qui sont chargées de recevoir lechyh
le diviser, de l'atténuer, et qu'ils regardent, à ceteflel, comme un appareil spécial, n
eux chylogént. Quant à l'appareil vasculaire sanguin , ils le croient destiné , non senli
nutrition, mais encore à conduire dans la circulation générale les matériaux solabksi
de llntertln, lesquels sont aus9i absorbés par les parois des cellules épithéliales. De
CflYLE. '»80
Cbyle.
:hylc est le liquide qui passe du canal intestinal dans les lymphatiques, it le cours de la digestion, et que son apparente trouble, et souvent sa couanche, distinguent tant de la lymphe qu*on trouve en d'autres temps dans issoaux, que de celle qui existe dans d'autres parties du corps. Il est plus hez les herbivores que chez les carnivores ; chez ces derniers, et môme hez les herbivores, tant qu'ils sucent le lait de leur mère, il est fort trouble châtre. Cette couleur paraît tenir à des globules de graisse, dont il faut bien Mcr les corpuscules qui appartiennent au chyle et à la lymphe, et qui se it probablement dans la catégorie des cellules, comme les globules du sang. ri)uscules du chyle se produisent dans l'intérieur du système lymphatique ; déjà été parlé ailleurs. Le chyle n'est rougeâtre que par exception, et dans rares, par exemple, dans le canal thoracique des chevaux ; je ne l'ai jamais que blanchâtre, même dans ce canal, chez les animaux que j'ai observés chèvre, chien, chat, lapin). Il exerce des réactions alcalines. Quelques ues ont comparé son odeur à celle du sperme.
liyle se coagule de lui-même quelque temps après avoir été retiré des vaîs- Reuss et Emmert, Tiedemann et Gmelin ont observé que sa coagulabilité nte à mesure qu'il avance dans le système lymphatique ; de sorte que celui Dvicnt des lymphatiques du canal intestinal ne se coagule pas, et qu'il est rare qu'on le voie se coaguler après qu'il a traversé les glandes mésenté- Quand celui du canal thoracique se coagule (dix minutes après sa sortie sseaux, comme la lymphe), îl se sépare en deux parties, un caillot et le Le caillot est de la fibrine mêlée avec une partie des globules du chyle. Le est une dissolution d'albumine, tenant en suspension le reste de ces globules, t aussi nager à la surface une matière crémeuse , qui consiste en globules &se. Le caillot du chyle provenant du canal thoracique devient souvent, à )re, beaucoup plus rouge que le chyle ne l'était avant sa coagulation, comparant ensemble le chyle des vaisseaux lactés, celui de )a citerne de et , et enfin celui tant de la partie moyenne que de la partie supérieure du Jioracique du cheval, Emmert a trouvé que l'action de l'air changeait i)eu leur blanche du premier; que le second rougissait un peu, et se coagulait [ue le dernier acxjuérait une teinte presque semblable à celle du sang artériel, il fournissait un caillot plus considérable et plus ferme. Le sérum du chyle iterne et des gros troncs lactés était trouble, et Contenait une multitude de globules d'un blanc jaunâtre. Celui du chyle du canal thoracique était clair, J nu n'y distinguait pas de globules. Dans les expériences d'Emmert, le le la |xirtie moyenne du canal thoracique contenait un peu plus de matière
I5 considèrent les matéHanx formés par la digestion comme composés de trois parties : ière, insoluble et très divisible, passe dans les cellules épitbéliales , et n'arrive dans les X cfaylifères qu'après avoir été divisée, atténuée; la seconde, comprenant les matériaux
dans Peau, passe également dans ces cellules , et de là ù la fois dans le sang et la lym- Gn, la troisième, insoluble et peu divisible, est rejetée au dehors. C'est là, au resl<>-
peu moins claire, la théorie que Blondlot a établie de l'absorption intestinale (7* ffêtion , p. âlO). {Note eu trm
i!|90 CIIYLE.
aniiuale que celui de la partie supérieure, sans doute parce que ce deroi^)-^^ mêlé d*unc quantité proportionnellement considérable de la lymphe beanonip/^ liquide qui provenait des autres vaisseaux lymphatiques du corps (1).
Magendie dit que, quand le chyle provient d*alimcnt$ qui contienoeotppsff point de graisse, il est moins blanc, seulement opalin; il se sépare en ailiiXft sérum, et peu ou point de matière crémeuse vient nager à la surface. Naisqmtf il a été produit par des substances grasses, animales ou végétales, ilest ibBC,f( se sépare en trois parties, un caillot de fibrine, le séruni, et une coache crénxaie à la siu*face du liquide, couche qui contient les principes gras. Suivant Maitetj!), le chyle provenant de la noiu*riture végétale passe plus lentement à lapotrélxtM que celui qui provient de la nourriture animale, et il contient plus de carter: le premier est toujours laiteux, et se couvre de crème ; Fautre est plustranipiRi^ et ne produit pas de crème.
Tiedemann et Gmelin remportent de beaucoup sur tous ceux qui les ont pé* cédés, par le nombre de leurs expériences sur le chyle, par rexactitudeàkll recherches, et surtout par le soin qu*ils ont pris de faire marcher de fnfltlB investigations chimiques et les considérations anatomico-physiologiquei M leurs expériences, disent-ils, démontrent de la manière la plus péremptoiRf' le (rouble blanc qui caractérise le chyle dépend d*une graisse, divisée en pvttiB très fines, qui y nage. Lorsque le cliyle se coagule, la plus faible partie de oft graisse entre dans le caillot; la plus considérable demeure dansîesénun.U surface duquel elle s*élève quelquefois sous la forme de crème. TiedoMl Gmelin ont, par le moyen de Talcool bouillant, extrait du caillot chjkoiil graisse huileuse et d*un brun jaunâtre. En agitant le sérutn laiteux avecdeFAl exempt d'alcool, ils Tout vu peu à peu $*éçlaircir tout à fait, et, en évapirt Tétlicr, ils obtenaient d'autant plus de graisse, soqs la forme, soit d'une M soit de grumeaux d'apparence sébacée, que le sérum avait été plus tronlà I concluent de là, ce qui est aussi confirmé par le résultat de ntodes d*ali divers, que la grpissc contenue dans le corps provient des aliments, et qo'dkV subit aucune décomposition ou combinaison qui Ty fasse passer à un état solA mais qu'elle s*y introduit telle qu'elle est, indissoute, et seulement divisée en 9 lécules très déliées. Les brebis nourries d'herbe ou de paille donnent un cbyh|ii trouble, quelquefois presque limpide. On n*obser\'a non plus qu'un tronbktf léger chez les chiens nourris avec de l'albumine liquide, de la fibrine, deh|^ fine, du fromage, de l'amidon, du gluten, comme aussi chez un cheval d'amidon. Le chyle d'une brebis nourrie avec de l'avoine était médii trouble. On observa, au contraire, un trouble laiteux considérable chez les ({ui avaient mangé de l'albumine coagulée, du lait, des os et du bœuf; dm chats nourris avec du bœuf, ou du |)ain et du lait ; chez les chevaux auiqnA avait donné de l'avoine. Enfin, le chyle d'un chieii nourri avec du beurre le plus lactescent de tous. Le chyle était moins laiteux après la ligature dncff cholédoque ; phénomène que Tiedemann et Gmelin pensent qu'on peut aUiMl à ce que la bile possède la propriété de réduire la graisse des aliments à no t^M
(1) ScmRiRi Jaum* der cA#mi«, 5. p. i6&, d^i. — Asa's Arehiv^ U VIII» p. i&€b
(2) Mpd^ Çhir. Transactions. London, 1815, t. VI, p. 618.
(lUYLE. &91
y de division et de suspension dans le liquide iqucux, qu'elle puisse être absorbée
tacilement sous cette forme.
': Au r€îiitc, le chyle |)araît n'être ))as une simple dissolution de matière animale, 11 dans laquelle il n*y aurait d'autres corpuscules que les globules de graisse. Lorsque ^v j'^taiH de Féther exempt d'alcool à du sérum laiteux do chyle de chat, dans un -:r- f«re de montre, le sérum semblait d'aboi*d s'éclaircir mi peu par degrés; mais, ::- mfeme alors qu'on prolongeait beaucoup l'expérience, en ajoutant toujours de ir -^ «OQvel ctlier, il restait une couche trouble, et, quand j'examinais cette couche au ^ r aicroscope, j'y découvrais des globules qui n'avaient subi aucmi changement Je -il manger à un chien du pain, du lait et un i)eu de beurre, et je le tuai cinq :^ y hnirea après: le chylo du canal thoracic|ue et des vaisseaux lactés était blanc: ^ -^ ^'^^amiuai goutte à goulte au microsco|)o : je reconnus alors qu'il contenait une ^>*dtuudc do globules d'huile , de grosseur trc^ diverse, qui étaient entièrement T. r '''élucides. Mais la plus grande [KUtie des globules de ce chyle étaient d'une tout '*-' '^^f^ espèce, c'est-à-dire blanchâtres et non translucides, très petits, et à peu près ' ' \^^^^ <>u un tiers moins gros que les globules du sang de l'animal, difïérence que - cfvf ai« déjà constatée auparavant chez le veau. Les petits globules sont en nombre I- ■^•■•«Oae, et c'est évidemment d'eux que dé|)endla couleur blanche; leur forme ' ''^ ^^ P9» si régulière que celle des globules du sang. Ce ne sont certainement pas Bloibulcs de graisse, qui sont plus petits que les globules trouvés par Nasse et \f Qioi dans la lymphe de l'homme. J'ai aussi observé la coagulation du chyle, au a^**^^>»a)pe, sur de grosses gouttes que je mêlais avec un peu d'eau, afin d'écarter ^^Dtage les globules les uns des autres, et de voir si le caillot résultait d'une agrégation de ces globules, ou s'il était produit i)ar la coagulation d'une , auparavant dissoute, qui , au moment de sa soiidification, emprisonneles globules. Les pellicules extrêmement fines qui se produisaient n'étaient pas ^(ûfiées uniquement de globules agrégés; il y avait en outre une subatanco te qui unissait ces globules ensemble, môme lorsqu'ils étaient aussi rtpque posnble les uns des autres. Il en est donc du chyle absolument comme *i| lymphe et du sang. Lorsque j'étendais une goutte de chyle sur une plaque ^^trre» il se produisait , non seulement des ])ellicules unissant ensemble les g^ mais encore de petites iles de graisse, qui étaient presque entièrement tes, et à l'égard desquelles j'ignore si elles résultaient du rapprochement refroidissement des gouttelettes d'huile. Les recherches microscopiques sur ^!4yle n'ont point encore résolu toutes les questions. Avant tout , il y aurait à r quel rapport existe entre les petits globules du chyle et les globules du ; ai ceux-ci naissent do ceux-là; si les petits globules qui ont été décrits par flans le sang des grenouilles et des oiseaux , par Home dana celui de l'homme, des globules de chyle. Ensuite, il serait fort à désirer de savoir ai les globules ^byle sont ou non elliptiques dans le canal thoracique chei les animaux qui , les oiseaux et les reptiles, ont des globules du sang de cette forme, aliu iver à découvrir où la forme des globules du sang prend naissance. On ne errait atteindre ce but que chez de grands reptiles, dont le canal thoracique est Sje à trouver, ou chez des poissons. Rudolphi assure bien , d'après Leuret et ne, que les globules du chyle des oiseaux sont ronds, tandis qu^ sang de ces animaux sont ovales. iMais Leuret et I^isçiôgne parlent