‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 136 sur 185 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dn principe actif de* nerfit.

I^s anciens n'avaient d'idées arrêtées ni sur la nature du principe nerveux , ni sar les lois de son action. Us donnaient à ce principe le nom d'esprits nerveux^ et pensaient que , paitant du cerveau , il anime les parties organisées en suivant le trajet des nerfs. Après qu'on eut étudié les effets de i'électiicilé par frottement et les lois de sa propagation , beaucoup de médecins trouvèrent qu'en comparant ks nerfs à des appareils électriques, ils donnaient plus de précision à leur manière de concevoir l'action de ces organes ; mais ce ne fut qu'après la découveite du galvanisme qu'on en vint à une application exacte de cette hypothèse et autres aaalc^es.

Après la découverte du galvanisme, beaucoup de physiciens, tels que J. Aldini (2), Galvani, Humboldt, Fowler et autres, furent tentés de chercher la cause des |ihénomènes galvaniques dans uue force animale inconnue jusqu'alors. Pfaff, Volta et A. Monro , au contraire , les attribuèrent à une électricité tout à fait indépendante du concours des organes animaux, et seulement excisée par la réaction des métaux et de l'humidité. Mais Voita démontra jusqu'à l'évidence la nature électrique de l'agent qui se déployait en pareil cas. £t lorsque enfin on euj; découvert des phénomènes galvaniques ayant lieu dans d'autres corps, sans la coopération des parties animales , il n'y eut plus de doutes siu* l'exactitude de l'opinion de Yolta. A. Monro s'était déjà trouvé conduit auparavant , par ses propres expériences, à soutenir que le fluide galvanique qui excite les nerfs est électrique, qu'il différé totalement de la force neneuse, et qu'il n'agit que comme excitateur de cette ibrce, en soite que c'est celle-ci seule qui détermine les convulsions (3).

On a conclu des expériences galvaniques que les nerfs sont entourés d'une atmosphère de sensibilité , parce que , dans le cas de d^ux bouts nerveux qui ne se louchent pas, l'agent galvanique saute de l'un à l'autre en franchissant la distance

(ij J. Reid . On the relation between muscuîav conlracliliiy and tke nervout êjfêUm, Edin* ^oi^ , iSÀl, p. 9. Qkez un lapin auquel , sept semaines auparavant , on avait excisé un iambeaa ^aa des nerfs sciatiques, les muscles du membre opéré ne pesaient plus que 170 grains, tandig lue ceux de Taulre membre en pesaient 327. Les os avaient diminué aussi , car le tibia et le fi|groné pesaient 89 grains du côié sain , et 81 seulement du c6té opéré. {Note du trad,)

(3) Êsêaî 9ur le galvanisme. Paris, 180À, 2 vol. in*8.

(3) FowLEB, Experiments and observations relative to tke inHumeê called animal eleetri- 'vfy. Londrfs, 1793.

59^ nV PBTNCT?E ACTIF DES IIBBFS.

qui les s^'parc. Aujourd'hui Ton sait que cet espace est rempli seulement dw vapeur aqueuse conductrice , et que ce qu'on avait cru pouvoir regarder commf une atmosphère de sensibUité , n*cst qu*un amas de vapeurs à travers lesqudki Télectricité se propage. C*cst en cela précisément que rélectricité et la force Dcr- Tcuse diiïcrent l'une de l'autre ; car ^a force nen^eusc n*agit plus à travers ■ nerf sur lequel on a appliqué une ligature ou pratiqué une section transrersaie, tandis que ce nerf n'est j)as moins bon conducteur du fluide électrique qu'an}»ravant, lorsque le point de la section ou de la ligature se trouve compris entre dm armatures (1). ^

Wilson Philip a prétendu qu'en coupant les nerfs de la paire vague sur m mammiR*rc vivant, et faisant passer un courant galvanique par le bout qoi n gagner l'estomac, ce courant contribue à l'accomplissement de la digestion, romip pourrait le faire le nerf lui-même dans son intégrité. En sui)posant que le lait Ir vrai, il ne prouverait point l'analogie du principe nerveux et de rélectricilé; or, après qu'on a pratiqué la section transversale d'un nerf, le bout opposé an or veau consene encore pendant quelque temps la faculté de remplir jtnfH} ■ |;^ ^ certain point ses fonctions ordinaires lorsqu'on vient à l'irriter. Mais ceux 4» i recommencé les expériences de Wilson Philip n'ont pu arriver au même rkàâ hr^ que lui; je les ai répétées avec DieckhofT, sur toute une série d'ammmi.flii l{^^ remarquer nulle différence, après la section de la paire vague, soit qu'on a|É)l f»;^. ou non l'électricité.

hG névrilème est un excellent conducteur du galvanisme , et les nerftaeMl même pas meilleurs conducteurs de l'électricité que d'autres parties và/tk humides; car le courant galvanique ne suit pas nécessairement leurs ramificiliA et il n'y a que le principe nerveux qui les suive. Le courant galvanique svnvs une égale facilité sur des parties animales voisines, lorsque celles-ci lui ofrait*t voie plus courte pour se rendre du nerf à l'autre pôle (2). f n. s

On reconnaît l'électricité aux corps qui l'isolent et il ceux ({ui la propf^> tels en sont les caractères certains.

Lorsqu'on arme un nerf avec les deux pôles, ou qu'on fait passer nn coff^ galvanique à travers son épaisseur, le muscle auquel il aboutit entre en coonii* non pas parce que le galvanisme agit jusque sur lui , mais parce queiccoi* transversal de ce fluide excite la puissance motrice du nerf, qui n'agit qne sdri^ la direction de ses branches, absolument de même qu'on détermine (ks <0^ sions en brûlant le nerf, le cautérisant, ou le pinçant.

Si ce n'est pas le nerf lui-même qui communique avec les deux pôles, ^ que l'un de ceux-ci seulement soit mis en rap|X)rt avec lui, et l'autre iwf ^

(1) Les expériences de Marshall Hall touchant la conservolion de l'excitabilité aTaiartéiélt> sur des ankntux à sang froid : Brown-Séquard a cherché s'il en était de même chei les !■■** nng chaud, et il a Irouvé que, quelle que fût la durée de la vie des mammifères oo do (** aiprès la séparation de la moelle épinière et du cerveau, les nerfs restaient loiij<ninexdliU0>'' VÊ que li^ mammifères et surtout les oiseaux peuvent survivre des mob entiers el wèttp d'une année à la section transversale complète de la moelle épinière. Ce n'est donc p»** veau que les nerfs tirent le principe de leur excitabilité {Compta rendut et Mimtirttéiii Société de biotogie, t. I, p. 17, 1«50 el t. II, p. 29, 1851 ). t L ^ '^^

(S) Comp, BiSGHOFF, dans Mukller's Archiv, 18A1, p. 30.

nu rtkfNcrPE actif des kebfs. 5K

produit lia courant gakanique, noo seulement h travers lï*paisseur is encore du nerf au muscle,. entre les deux pôles, et reflet est alora semblable h celui qui arrive quand on galvanise le muscle lui-même. s, on excite la force nerveuse dans tous les points de la longueur du u mnscie.

it aussi qu'il ne s'établit pas de convulsions lonqu'après avoir exercé m ou appliqué une ligature sur le nerf, on le met en rapport avec ies, au-dessus du point contus ou lié. Ici, le galvanisme passe bien )aisscur du nerf, comme dans le premier cas, mais la force nerveuse travers le point qui a reçu la contusion ou qui supporte la ligature. i le nerf contus ou lié est parfaitement apte à conduire le galvanisme; ment que les armatures soient appliquées au-dessus et au-dessous du I courant galvanique traverse ce point, et provoque des convulsions» 1 portion encore saine de nerf comprise entre la plaie et le muscle se liée.

même alors qu'ils sont tout i fait frappés de mort, demeurent congalvanisme, à Tinstar de toutes les parties animales hnmîdes, tandis rdu Taptitude à provoquer des contractions dans les muscles. i ces différences pourraient être exji^uées, même dans Thypothèse lé absolue entre Télectricité et la force nerveuse, si , à Tinstar de

I considérait les filets nerveux comme garnis d'envek^pes isolantes, filament central des tubes nerveux est entouré d'une substance grasse tre lui et la paroi du tube, qui, de même que toute graisse quelconque* ire de corps isolant envers l'électricité, tandis que le tube lui-même* st ini[)régn6 d'humidité, demeure conducteur de cette dernière, animale, agissant dans les filets nen'eux, pourrait donc être empêchée ter à d'autres filets, tandis que l'électricité amenée du dehors peut très induite par la membrane des tubes humides et par les ligatures bujection qu'alors l'électricité amenée du dehors, et qui suit les surfoc^ pourrait pas, comme elle fait réellement, pénétrer la moelle neneuse agir sur le filet central, n'est pas de nature à ne comporter aucune * les courants électriques que des corps isohints empêchent de se jeter )s conducteurs, n'en déterminent pas moins des courants dans ceuxiction. I^ courant qui résulte de l'induciion est opposé à cehii qui le

II moment où l'on ferme la chaîne, et dirigé dans le même sens que m ouvre cette chaîne.

verte de l'électro-magnétique a fait connaître les instruments galva- ; les plus sensibles. Vavasseur et Béraudi (1) disent avoir observé que im])]antées dans les nerfs d'un animal vivant deviennent magnétiques 1 limaille de fer. Cette expérience ne m'a jamais réussi (2).

uniicrsnU di medicitta^ 1829, mai.

cproment, Longet et Matteacci (Sur la relation qui eshte entre le iene du eoU" te et les eontractions clcctrique$ dneêdee courant, dans Annalet médicO'ptyeho' r. iSUli,) ont vainement tenté de |n(Miveaux essak, mais rar an animal de -e (cheval). Ils font remarquer que, pendant la durée de leur expérience, par uleur que volontairement on excitait chet l*aoimal ) son train de derrière était le

590 m? PRINCIPE ArrriF dés herfs.

Mais raiguille d*un galvanomètre très sensible est affectée par des cuisses é grenouille préparées à la manière de Galvanr, comtnc le prouvent les expérieKS de Nobili et de Matteucci. Pour cela, on conpe une grenouille en deux, de lanière à ne conserver que les membres postérieurs et Textrénûté inférieure ëeii colonne vertébrale, en ayant soin que celle-ci ne communique avec les coisKi qu'au moyen des nerfs seulement Si alors on plonge Tanimai par ses deux cmémités, nerfs lombaires et jambes, dans deux capsules pleines d'eau salée, et qi'« ferme le circuit en plongeant les deux extrémités d*un galvanomètre dans ks ém capsules, Taiguille magnétique éprouve une déviation de dix k vingt et mÊm trente degrés, due à un courant dirigé dans l'animal des pieds âi la tête, que iMi appela cmtront propre de la gremmiile (i).

Matteucci a découvert récemment un fait d'une haute importance (2), sifoirfBi quand l'intérieur d'unlï portion de muscle de grenouille ou d'animale sugdâii est mis en rapport, par un arc de communication, avec la surûce damêv muscle, il se produit im courant dirigé de la partie interne du muscle vers kphi- ])hérie, et qui est indiqué par le galvanomètre placé dans l'arc de coammation. On rend le phénomène plus sensible en employant une chaîne de morceaux de musses , dont chacun doit avoir sa ûice interne en rapport iivir L^ face externe du suivant Le courant s'annonce aussi par des amtrstcàomémb grenouille préparée, lorsqu'on emploie cette dernière pour faire commosigier» f semble Tintérieur et Textérieur d'un muscle sur un animal vivant MatM&< également observé que, si l'on galvanise ou irrite mécaniquement Je serf ta grenouille préparée, un Herf d'une seoonde grenouille, mis en contact ivi muscle , se trouVe aussi affecté, et détermine des convulsions dans cette Mit grenouille.

Duhois-Rcymond, par une série d'observations délicates, a trouvé lopriNF généraux d'où les faits qui viennent d'être exposés peuvent étn tm MA comme autant de cas particuliers. Un courant susceptible d*étre dénanépi galvanomètre se produit lorsque la coupe transversale d'un muscle liati^ mise en- communication, par un arc , avec la surface de ce muscle, c*etf44i avec sa coupe longitudinale, La section transversale du muscle agit deainK^r*.,»^ ^ le tendon de ce dernier, qu'on peut considérer comme un revêtement deliiV transversale naturelle des faisceaux musculaires. Tout faisceau mpscohiit fragment d'un faisceau musculaire suffit au développement du courait, moyen d'un arc conducteur on en fait communiquer la coupe transvendt surface. Mais un morceau de nerf agit aussi d'après la même loi qu'on chair musculaire. Quand l'arc conducteur touche deux points de la sorfMt rieurc du nerf, ou ses deux moignons, on n'aperçoit pas decounnt: apparaît sur-le-champ, en affectant la même direction que dans le mode, l'arc met en communication un point de la surface extérieure du nerf point de sa coupe transvcrsal(^ Les phénomènes cessent dès que la

AÎégc d^efforts énergiques répété.s, et que, par conséqueot, les ezlrémités da é\t mises en rapport avec le nerf scialique au moment m6roe où il transmellait Hi tatrlce aux muscles de la cuisse et de la jambe. ^Ikitétvéi^

{{) Matteucci, Traité des phénom,, électrO'phjfsioU des anim.^ Par»» l8Uf|k<^ '

if) Lac. du, p. 51.

DU PRINCIPE AdlP DES NERFS. 597

œ à s'einpai*cr des parties animales ; ainsi, par exemple, ou ne les observe

lus les muscles cuits (1).

iltc de ces faits que les tubes des faisceaux musculaires et des filaments

se trouvent, par rapport à leur contenu, dans un état de tension électrique

olarité, et que cette tension est liée à leur intégrité vivante et s*éteint

vec la vie. Comme, dans les muscles, le tendon établit déjà une ccrmmu-

de coupe transversale à surface, entre les parties polarisées, il doit y avoir

organes un courant électrique continuel, qu'on nomme, pour cette raison,

nusculaire,

jiaut est interrompu par la contraction du muscle lui-ménie. Matteucci Ta

* dans le tétanos, et Dubois-Reymond s'affaiblir on s'interrompre à chaque

m du muscle. Comme la contraction ne fait pas cesser la communication

ire , rinterruption du courant doit tenir à ce que la polarité électrique

w cesse pendant la durée de la contraction.

'à présent les phénomènes électriques qu'on a découverts dans les muscles

rfs n^autorisent point encore à identifier le principe nerveux avec l'élec-

/cxpérience de Matteucci, qui a vu que, quand on place sur le muscle A

niu.' seconde préparation musculaire B, et qu'on irrite mécaniquement ou

Gr.>D<)RFF\s Annnieiit t. LVIII, ii<* 1. — ^M. Dubois^Reymond de Berlin {Comptes rendus des sciences , t. XXVII, p. 6&1 ; vojez aussi ses deux volumes , L'nlersuehungen ûber Electriciiutt ibUS et 18^9) a publié desdéluils sur rélecUicilé développée par le Tait Iruction muM:uluirc. Le disposilif de celle expérience est simple. 11 prend un gulvauosriii>ible , (îxc à ses deux bouts deux lames de plalinc'parraitemenl bomogènes, plonge dans deux vases remplis d*cau salée , et Gnit par introduire dans les mêmes vases deux cspondants des deux mains. Voici alors ce qui se passe. A la première immersion des se fuit presque toujours une déviation de l'aiguille plus ou moins prononcée, dont la ic reconnaît aucune loi, et qui est probablement due, du moins en partie, à une hélé- []uelconc|ue de Tenveloppe cutanée des doigts. 11 va sans dire que ce n*est pas cette :liou dont il s'agit dans rexi)érience. Au contraire, pour observer IWet annoncé, il Ire ou bien que l*aiguillc soit revenue au zéro du cadran, ou bien qu^clle ait pris une jble sous Tempire d'un reste de courant qui refuse de s*elRicer. Ce moment venu, on les muscles de Tun des bras, de manière à établir Téquilibre entre les fléchisseurs et les de toutes les articulations du membre, à peu près comme on a coutume de le faire oies de gymnastique, pour faire apprécier, au loucher, le dtWeloppement de ses musstani, Taiguille se met en mouvement, et le sens de sa (éviatiou est toujours tel quMl ans le bras tétanisé , un courant tncerM .d'après la'nolation de Nobiii, c*est*ù-dire un rij^é de la main (i Tépaule. Le bras tétanisé se comporte donc comme le ferait le cuivre ne-cuivre qu'on supposerait établi entre les deux vases à la place du corps humain, e autre note [Comptes rendus de VAcad. de» sciences , t. XXX, p. 512), M. Dubeisrésume ainsi ses recherches : 1** Tous les muscles de tous les animaux (et non pas ceux de la grenouille], quand on applique ù leurs extrémités tendineuses les extré- ;alvanomètrc, donnent des courants d*intensité cl de direction dillérentes dans les nuscles, mais constantes dans le même muscle; 2o dans tous les muscles, Textrémité est négative par rapport à la surface charnue; 3<> une coupe transversale artiTidelle se comporte comme l'extrémité tendineuse; &® au point de vue électrique, le tendon chose qu'un revôtement inerte et simplement conduc^ur de la coupe transversale lu muscle, et, en général, il ne s^opère pas d*aclion éledro-motricc appréciable au ( dilTérents tissus animaux ; 5» la surface charnue peut être remplacée dans son rôle ' une coupe longitudinale artificielle ; 6« des hétérogénéités dirtrilmées diaprés la même t jusque sur des fragments de muscle presque microscopiques* £• L.

Page 1