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CHAPITRE PREMIER

Des raeines senaitlves et motrlees des nerfs raehMIcsi [^*

Le fait que les mêmes nerfs président, dans le tronc, au sentiment et i nient à la fois, et que l'une de ces fonctions se trouve quelquefois anéutiepv^ lysie dans un nerf, pendant que l'autre persiste, est un des problèmes ksplMiÇ tants de physiologie. Charles Bell eut le premier l'ingénieuse pensée quels

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(1) Cous. lechapHrc de la force ncnreuse, dans Loxgbt, Anat, et pkynoL htf^^ Paris, 18Â3, t. I, p. 120.

(2) Voy. MuELLBR, dans Fm>biep*8 Notizcn^ n« 6Â6-6d7. -^ Amn. dûê $c. naUtifSL'*^ GST, dans Archiv. gén. de mid.<, ISM* mr le$ fimctions du racimg» dëê mrfi ncUto'^ fnJêCMux de la moelU éfHnièret avec un exam, Aîff. et criu d€$ o^pMeMiê fatoiv*^ I ^^ ganee depuiê Ch, litlk \\^

BAGDffiS SENSrflVES ET MOTBICES OBS NEBFS BàCHlDlSNS. 5M

eures des nerfs rachidiens, celles qui sont pourvues d'jin ganglion, j[>résident iment seul, qu^ les racines antérieures sont destinées au mouvement , et

filets primitifs de ces racines, après s'être réunis eu un cordon nerveux , !Ut ensemble pour subvenir aux besoins de la peau et des musdcs. Il déve- :ette idée dans un petit ouvrage qui n'était point destiné à sortir du cercle imis (1). Onze ans plus tard, Magendie présenta la même théorie^ Le mé-

appartient de l'avoir introduite dans la physiologie expérimentale, pour ce icerne les nerfs rachidiens. Il (M^tendit, d'après ses expériences, que la de^ racines postérieures fait cesser le sentiment seul dans les parties corlantes, et que celle 4es racines antérieures n'y abolit que le mouvement ultats qu'il avait obtenus n'étaient qu'approximatifs. Suivait lui, les cordons ^urs de la meelle épinière et les racines postérieures des nerfs rachidiens nt spécialement au sentiment, et les antérieurs spécialement aussi au mou- , bien que ces derniers ne soient pas non plus tout à fait dénués de la fM:ulté e. Ainsi, il trouva que l'application du galvanisme aux racines postérieures fs rachidiens, après qu'elles avaient été détachées de la moelle épinière, encore des convulsions, mais très faibles, dans les muscles, tandis qu'en iut sur les racines antérieures, cette irritation en déterminaitde violentes .(2). »ériences, exécutées sur des animaux appartenant aux classes supérieures, s plus cruelles qu'on puisse imaginer. L'énorme plaie qu'on est obligé de »ur ouvrir le rachis dans une étendue qui permette de couper les racines de ; nerfs allant aux extrémités postérieures, suffit déjà pour mettre prompte-

\ie en danger; elle entraîne une perte de sang considérable, et l'animal failliblement avant qu'on ait eu Iç temps d'arriver à des résultats convain- Vussi, quelque surprise qu'eût occasionnée le théorème de Bell, appuyé des nées de Magendie, on ne songea point à constater l'exactitude de cesder- Béclard seul trancha la question, mais d'une manière saperfideUe et peu à satisfaire, en disant : « Les expériences de Ch. Bell, celles de Magendie

nii(;uucs propres ont clairement démontré que la racine postérieure des spinaux est sensorielle et la racine antérieure motrice (S). » Les expé-

de Fodcrà furent accompagnées de symptômes tellement contradictoires, le conçoit pas comment il put les donner comme venant à l'appui de celles endie. BcJlingeri en fit d'autres, qui le conduisirent à des résultats tout dif- , et desquelles il conclut que la substance grise intérieure de la moeOe 3 préside au sentiment, la substance blanche et fibreuse au mouvement, que Ions antérieurs de cette moelle et les racines antérieures sont destinés au nent des fléchisseurs; enfin, que les cordons postérieurs et les racines petits le sont au mouvement des extenseurs. Ces expériences ont été répétées in par Schœps (U), sur un grand nombre d'animaux; mais les résultats sont rés équivoques et douteux. J'eus aussi occasion de les reprendre en 1824» et ivai non plus à rien de concluant. Depuis, m'étant livré à des recherches

R idea ofa new anatomy oftke hrain» Londres, iSil*

mm. de pkytioL Paris, 1822, U II, p. 276. — Comp* Deshoduics et Mmbhd», Anat,

oU du tyêt. nerv.f Paris, 1825, t. II, p. 777.

'Utiu d'anau gén. Paris, 1829, p. 068.

[eckbl*s Arekiv^ 1827.

600 racines' SEffSmVES ET MOTRICES DES NERFS RACHIDIEKS.

sar le système nerveux , j'éprouvai le désir de connaître enfin la vérité, eiftitrepris, sur des lapins, une série d'expériences d'après un tout a«tre plan, ùrh marche qu'on avait suivie jusqu'alors ne pouvait conduire qu'à des décep(KHB,er ce qui le prouve, c'est' que beaucoup d'animaux, les lapins surtout, effrayés par Jb préliminaires de l'expérience, dès avant qu'on leur ait fait éprouver aocniiplilM considérable, ne donnent plus aucun signe de douleur, même lorsqu'on lenrirè violemment la peau piar dès contusions où des taillades. Dans de telles miMm comment pouvcnr, pendant le peu de temps que l'animal survit I I'ootaii? du rachis, arriver à la certitude qu'il conservé encore le sentiment oa (p'ifi perdu?

On sait que le moindre tiraillement exercé avec une aiguille sur on hi( musculaire tendu détermine des convulsions dans les muscles correspoiMlat^ Or, si les racines postérieures des nerfs rachidiens n'étaient que sensitiTesetM motrices, l'aiguille, en les tiraillant, devrait ne point provoquer de c^mtnctiofl; tandis qu'en agissant de môme sur les racines antérieures, elle devrait es (iétn<' miner. Afin de pouvoir juger des moindres convulsions, je mis à découvert b muscles des extrémités postérieui^es. L'expérience , répétée plusieurs fois, v permit pas de déduire consciencieusement aucun résultat, parce que les éh» lements qu'on ne pouvait éviter en ouvrant le rachis, suflSsaient poorexdterte les muscles de petits tremblements qui répandaient de l'incertitadesor tooik reste de l'expérience.

Enfin j'ai réussi complètement sur des grenouilles.

Je me sers, pour ouvrir le rachis , d'une pinte qui coupe bien par le c«té(tk la pointe. L'opération n'exige que quelques minutes, et n'expose pointa lésffit moelle épinière. Les grenouilles qui l'ont subie conservent leur vif adtét et s** tillent comme auparavant Aussitôt après avoir ouvert le rachis et fendu les iMtbranes, on aperçoit les grosses racines postérieures des nerfs destinés aux f^ de derrière. On les soulève avec précaution, au moyen d'une aiguille à cttnO» en évitant de prendre aucune des racines antérieures, et on les coupe dans Fadroit même de leur insertion à la moelle épinière. Puis on en saisit le boatuft des pinces, et on irrite les racines elles-mêmes avec la pointe de l'aiguille. J^ cette irritation mécanique ne provoque le moindre indice de convulsion ^ icB pattes de derrière. On peut répéter l'expérience, avec le même résotet.' les racines postérieures des nerfs destinés aux pattes de devant, qui sonté^iaki^ très volumineuses.

Qu'on soulève ensuite, avec l'aiguille, les racines antérieures, non moinsgroA des nerfs qui se rendent aux pattes de derrière, on s'aperçoit de suite ((o1^ du moindre attouchement pour donner lieu sur-ie-champ auxcontractioDslesfi* vives dans le membre entier. Si on les coupe au niveau de la moelle, <p'<*^ saisisse avec des pinces, et qu'on les irrite avec la pointe de raiguille,fci'' effet a lieu.

En répétant ces cxpiuicnces sur un grand nombre de grenouilles, on acf*^ la conviction qu'il est absolument impossible, chez ces animaux, dépoli' des convulsions par les racines postérieures des nerfs rachidiens, tanfisf^^ plus légère irritation exercée sur les racine antérieures endétenninesorlKM de très violentes.

RACINES SEMSiTlVËS ET MOTRICES D£S N£RFS RACHIDIEMS. 60t

; que les deux ordres de racines tiennent encore à la moelle épiuière, on aire naître des convulsions dans les membres de derrière en soulevant les

))ostérieiircs , attendu que , par là , on exerce des tiraillements sur la

elle-même. Mais ces convulsions ne sont pas le fait des racines posté- ;; elles dépendent de la moelle épinière, dont l'irritation se transmet aux s par les racines antérieures, ou motrices. Aussi, quand on a préalablement les racines antérieures, peut-on irriter la moelle, ou les racines postérieures

unies irèe elle, sans qu'il se manifeste le moindre vestige de mouvements iifs.

expériences avec le galvanisme excité par deux simples plaques. Tune de autre de cuivre, ne sont pas moins décisives. ritafioji galvanique portée sur les racines antérieures coupées donne lieu

champ aux convulsions les plus violentes , tandis que, quand elle agit

racines postérieures , elle n'en provoque' jamais. Je m'attendais à ce que

rines postérieures, quoique exclusivement sensitives, seraient cependant

conduire le fluide galvanique jusqu'aux nerfs. Kn effet, il est inévitable, on emploie une tri^'s forte pile, que le fluide soit conduit par les racines eun>s, tout aussi bien qu'il le serait par une autre substance animale quel- ^ , comme il arriva dans les ex|)ériences de Magendie; mais il n'en demeure MHS certain (pie l'irritation galvanique d'une simple paire de plaques, mise ;»rt avec les racines postérieures, n'agit point sur les muscles, au lieu (lue,

oll(> {)orte sur les racines antérieiu*es , elle détermine sur-le-diamp des s ions.

au contraire, on fait la chaîne entre les racines postérieures et le tronc des achidiens, il est tout naturel que des convulsions surviennent, puisqu'alors t e en même temps les fibres motrices du tronc nerveux. s une autre série d'expériences, je fls agir une forte irritation galvanique sur mes postérieures convenablement isolées, aûn de voir jusqu'où on peut aller ^terminer le passage de l'électricité dans les nerfs du mouvement Ces expé- • m'ont réussi encore avec une pile de trente-quatre paires de plaques, principales d'entre les exi)ériences dont je viens de donner la description,

celles avec les irritations mécaniques et avec une simple paire de plaques, '"■ faites par moi en présence d'un grand nombre de savants, et depuis longji^Jes répète chaque année, dans mes cours, toujours avec les mêmes résulilos ont également réussi à Thomson, Retzius, Stannius (1), Seubert (2) et -'t'n (3).

Set les a réi)étées, non moins heureusement, sur des mammifères (6).

TecRER's Annulai y déc. 1832.

^« funcUon. rad, ant, et posl, nerv, spin, Carlsruhe, 1833. ^c differentia et nexu inter nervos vitœ animalis et organicoh Leyde, 183Â. •a preuve du théorème de BeU a été donnée par Longet, chei les animaux supérieurs, > travail fort étendu {loc, cit., 18^1). 11 Ta obtenue sur deê chiens adultes ^ à Taide de ^lion comparative du galvanisme aux deux sortes de racines spinales, comme cela avait U^abord sur les grenouilles par Mucller, en 1831. De plus, Longet , en donnant la diction expérimentale de la complète insensibilité des racines antérieures des animaux sut> a mis au jour un caractère diflërentiel entre les deux ordres de racines, aussi tranché ui qa*oo obtient de remploi du galvaniuiie. ( Note du trad, )

602 RAONES S£NSlTITfiS ET MOTRICES DES NERFS RAGHimEN&

Les expériences de Pinizu (1) sar des grenouilles et des boucs, an moyeD de la section des racines, confirment également Tenctitiide de k déuiufeite de Bd

La manière dont Bell et Magendie mit cherché à démontrer la théorie sorks nerfe peut aussi être appliquée aux grenouilles, et conduit alors à un résolut certain. Que Ton coupe, sur une greiK>uille, du côté gauche, les trrâ racines posi^ rieures, et, du côté droit, les trois racines antérieures des nerfe destinés aux puto de derrière, on trouve que le sentiment est aboli dans la patte gauche, et le bhvement dans la patte âroite. Alors , si Ton coupe le bout de îk^fÊÊkt droite, fi consenc le sentimeut et a perdu le mouvemeut, Tanimal témoigne une riied» leur, dans toutes les parties de son corps, par les mouvements qu'il exécute, ■■ il lui est impossible de remuer la patte droite, bien que la douleur s*y (mm saà ^;alement; si Ton coupe le bout de la patte gauche, qui est mobile encore, ■■ insensible, Tanimal ne ressent rien. Cette expérience est , sans contredit , h pis frappante de toutes, et elle donne un résultat complet, décisif, absolu, demi-résultat; car on est certain , chez les grenouilles , de coupw tontes les des nerfis de la patte de derrière, ces racines étant en petit nombre, mil kti grosses.

Je ferai remarquer encore que, quand on coupe les racines po6térieiifei|Nr les détacher de la moelle épinière, on aperçoit fréquemment des roarqoef Nv prononcées de douleur dans la partie antérieure du tronc (2). />r;

(i) liieerche tperinuntaili topra i mrvû Pu\\ie. 1^^

(2) Voici, sur Thomme, un cas très tranché de la séparation du rnoofcment et deliM^ bilité. M. Lébrei (Compta rendus de la Société de biotùgiê; Gau me«L, ISdO, (k 156)1» tioiiné un fuit de spina-hifida^ accompagné d*aoesthésie, dans Textréniité desoeaihaii^ rieurs, sans paralysie du mouvement. L'enfant sujet de celte observation est oo jeasefif* de six ans, couché à Thôpilal des Enfants : il porte au niveau des deux premières roléirBi*' baires une tumeur fluctuante , représentant assez bien une moitié degrosae pomme, «f M^ |^>âit ( ni changement de couleur è la peau, sans battements ni variations de volome. ^ '"^ Ita^:^, .j l'écartement d^ lames vertébrales entre lesquelles cette tumeur fait saillie, et l'cM V t ' une douleur assez vive lorsque Ton presse fortement sur elle. Les mouvemcoU ^''^L,. sont conservés ; ce garçon est venu à pied à Thôpital ; il marche très noniialeffleol;aM^^ f ^ ^^"^ sibilité a tout à fait disparu , dans les deux membres, de la plante des pieds indosivcflatj^ I Soçliij la réunion du tiers mojen avec le tiers supérieur de la jambe, tellement qateM** f^ vr chaude laissée imprudemment au contact des pieds a produit une brûiore da '^"'^''^ dans toute l'étendue de la région plantaire, sans que Tenfant en ait eu conscicDee. A^i^ encore, on panse les plaies, on pique la peau vivement; tant que la limite 'û^'y^^f^ n'est pas dépassée , il n'y a aucune sensation, Tenfant rendant d'ailleurs parftitemcslctflP ce qu'il éprouve. On note encore chez ce malade quelques douleurs vagues,

dans des points difTélrenls des membres ; il urine constamment sous lui ; les selles ostbi*'*' ytHit:]!!

tairement. M. Lebret perdit de vue ce malade, qui mourut bientôt, et Tautopsie ht Me** i/[r» ni

absence. Il regrelle de ne pouvoir en donner les détails, mais il sait posiliveœeatqi'*''* %ij.:.jj,

contré aucune altération de ta moelle épinière ; que le spinabifida était consliuiè fV^ ^

talion des méninges rachidiennes , occupant Pespace laissé par récartemeotdesli***r ^

Imites, et que le volume de la tumeur était dû principalement à une aocnmolitio**^ '*V^

adipeux à l'extérieur. 1 1. ^ur».

PBOPiliÈXÉS &fiNSlTlV£S ET MOTBICES D£S MSRIS CÊRfilIBAUJU .603

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