CHAPITRE III
U^m propriété» ««iMltlvoi et niotrleeii ^u nerff gmaftkMMMbti
1** Le nerf ganglionnaire possède la sensibilité.
Quelques obser\'ateurs ont refusé à ce nerf la faculté de transmettre les a^ sions sensitives. Bichat a irrité mécaniquement et chimiquement le gangiioofl lunaire du chien , sans faire naître de douleurs {Ix). Dupuy a extirpé le{^ cervical inférieur, sans que les animaux témoignassent de douleur (5). Wotiff^ pu parvenir non plus à exciter des douleurs en irritant les ganglions loiMi d'un chien (6). Les observations de Magcndie et de lobstein (7) ootealps^
(1) De aure interna. Padoue, 1789, p« 109, ISS.
(2) Ànat. comp, , t. II, p. 326.
(3) GuARiNi, Annali univ, (2j médicinal 102, 1842. — Bbriiaro, AnnaUt mtà.'0^ ffues^ 1843.
(4) i4fia(. gén,f t. I, p. 227.
(5) Bull, de VAcad, roy. de méd. Paris, 1889, t. III, p. ftSS.
(6) De gangl. fabriea. Berlin, 1817, p. 181.
(7) De nerv, symp, hum, fab. ui* et morbiê. Parif| i8SS| p. 94«
PROFRlfiTÊS SEMSITlfES ET MOTBiaSS DU NERF GANGllbimAlAB. 019
t. D'un autre côté, Flourens a toujours remarqué des sigûés plus ou moins CCS de douleur dans ces sortes d^expéricnces (1). Bracbet, dans les siennes, I vu des manifestations de douleur, et tantôt n*en a pas observé (2). Mayer até aussi que les animaux chez lesquels il incisait le ganglion cervical su- * ou irritait le plexus solaire, donnaient indubitablement à connaître qu'ils lent (3). Mes propres observations m^obligent à partager le sentiment de miers expérimentateurs. Non seulement j*ai vu plusieurs fois l'irritation que ou chimique du ganglion semi-lunaire déterminer de la douleur chez ins, mais encore j'ai remarqué, dans les expériences auxquelles je me suis conjointement avec Peipers, sur la ligature des nerfs rénaux, que cette on était fort douloureuse (&). D'ailleurs, ce qui prouve, plus péremptoi- : encore que les expériences, la sensibilité du nerf ganglionnaire, ' ce sont sations douloureuses que font éprouver, dans les maladies, les viscères is de fdcts par lui. Je partage pleinement l'opinion de E.-H. Weber, quand [u'on doit attacher moins de valeur aux expériences qu'à robservatioû jourent répétée de douleurs ressenties dans les parties qu'elles tendraient à eprésenter comme insensibles (5). Cependant, les sensations qui ont lieu ^s parties auxquelles te nerf ganglionnaire se distribue sont incomparablement libles et plus obscures que celles qui se manifestent dans tous les autres !S ; car il est rare que nous sentions dans l'estomac les aliments , ou très ( ou très froids, que nous y hitroduisons ; des substances qui irritent viotnt la peau, comme la moutarde, le raifort, etc., ne font pas non plus naître sations dans ce viscère, et il n*y a que des impressions trèstives qui puismencr sa faculté sensitive au degré oà nous la voyons lUiéiirs, ce qu'on a pliquer en adoptant l'hypothèse de Reil, que les ganglioM sont de la nature mi-conducteurs, qu'ils arrêtent ordinairement la propagation des impresajbles, et qu'ils ne laissent passer que celles qui ont beaucoup d'intensité, ae cette hypothèse ne puisse être appuyée d'une démonstration rigoureuse, :ependant une observation de Brachet (6) qui semble parier en sa faveur. !t dit avoir irrité les ganglions thoraciques du nerf gan^onnaire ; il coupa tilages costaux du côté droit, assez près du sternum, ramena le poumon i dernier os, et aperçut alors les ganglions thoraciques sur les côtés de la e vertébrale; nul signe de douleur ne fut donné par l'animal lorsqu'il se piquer ces ganglions ou le cordon étendu entre eux ; mais l'irritation d'un 1 de communication du grand sympathique avec un nerf rachidlen déferles manifestations bien évidentes de douleurs, qui se reproduisirent dans ^s expériences en tout semblables à celle-là. Brachet a reconnu aussi que
'€eh, exp, iur le sytt. nerveux. S* édition augmentée. Paris» i8AS« p. S80» UcK sur lei foncl^ du sjfst» nerv, ganglioHn»^ p. 807. xt. nat. TMr., U XVI, p. II.
prêt une exclution suffiiammeot prolongée des gangUons sjrmpatiiiques (snrtoiii des naires et des grands nerfs splancbniques ) ches des cbieos , Longet (iâiiflf. Sm tffêU nenr,^ seO) a va survenir des indices certaine de douleur. {Noie ém trté»)
Nios son édiUon de VAnaiomie éê HiUkbrand, t. III, p. 3M« ^. eilt^ p. 307.
620 PROPBliTÊS SENSmVËS ET MOTBICES DU NERF GANGUONRAUF.
des ganglions qui paraissaient d*abord insensibles, deTenaient seosiUes lorsqi les irritait à plusieurs reprises.
2*" Lt nerf ganglionnaire exerce une influence motrice^ mais involontaire, les parties auxquelles il se distribue.
Humboldt a déterminé des mouvements du cœur, chez des mammifèrn galvanisant les nerfs cardiaques. Comme ces expériences avaient été faites an simple stimulant galvanique, elles ont une grande valeur. Burdach a tu ao» battements du cœur devenir plus énergiques, chez un lapin qui venait d*étn h mort, lorsqu'il armait la portion cervicale du grand sympathique, ou le pa% cenical inférieur. Il a également rendu plus de vitesse aux contractions de organe en arrosant le berf avec de la potasse ou de FanuDoniaque caast^( ce qui toutefois ne m'a pas réussi
Une preuve plus certaine de l'influence motrice du nerf gangfionoaîre ( fournie par une expérience que j'ai souvent faite avec succès sur le gangiioo wà lunaire des lapins. Lorsque j'avais ouvert l'abdomen d'un de ces anîmaui, àa lequel l'action de l'air rendait les mouvements de l'intestin très vils, fl nes'à»lait pas un laps de temps bien long avant que ces mouvements diminmssatf, « m(*me cessassent entièrement; mais ils recommençaient avec une Tiradtéotraordinaire dès que je touchais le ganglion semi-lunaire avec de la potasffG» tique (2).
Ici se présente la question de savoir si le. nerf ganglionnaire ne renfensf p des fibres d'uue seule et même espèce, et si ces fibres sont également proprolb nutrition, au sentiment et au mouvement, c'est-à-dire si elles proToqoeit'B actes de sensation en agissant sur le cerveau, et des actes tant de nutritkuqoei mouvement, en exerçant leur activité dans la direction de la périphérie.
Le nerf ganglionnaire reçoit d'une partie des nerfs cérébraux, ootamiMBti ceux qui sont mixtes, et de tous les nerfs rachidiens, de vraies racines, f partent des filets radiculaircs de ces nerfs, et passent dans le nerf gangiioiv^ l)our aller se répandre avec lui à la périphérie. Les rapports enta» ce dcnierw et les nerfs cérébraux sont fort compliqués, mais ceux avec les nerfe radiito sont simples et faciles à établir. En étudiant ces derniers, on arri\c auipri^^P qui doivent guider dans l'étude des autres. Ainsi on voit sans peine, sur ofi* mal quelconque, qu'une partie des racines de chaque nerf ractûdien se détt* iwur entrer daus le nerf ganglionnaire. C'est ce qu'on nomme le rameau c»* uicant ; les fibres de ce rameau, pour la plupart, partent du nerf rachidieflei*' au nerf ganglionnaire.
Maintenant le nerf ganglionnaire, par ses racines, reçoit-il à la fob dcsii» motrices et des fibres sensitives de la moelle épinière et du ceneau? D'ip"
(i) Traité de Phyiiotogie, Irad. par A.-J.-L. Jourdati. Paris, 1837, t. IV, p. '4- (2) En faisant usage d'une pile modérément forte, Longct {loc, cit., t. II, p. SôS"'*** plusieurs fois , sans succès, ]cs grands nerfs splanchniques chez des chiens. Dan^ ^*^^ au contraire , il a vu se réveiller avec beaucoup de force les mouvements ëo <=*■*' "r^ Chose digne de remarque , ce dernier résultat a été obtenu , dit-il , quand l'intcrtinrt*"* des matières alimentaires. L'organe était-il vide, la stimulation électrique denicnnil"* On sait que Longet a signalé de pareilles dillérenoes à propos de rinflaenoe da ^"^ les mouvemenu de Testomac Du reste, il a répété avec succès (loe. cil., t n* ^^]!T ricncc de Muellcr sur des chiens. {SoU à »•'
PROPIIIÊTÊS SENSITIVRS ET MOTRICES DU NERF ËANGIJONNAJIIE. 621
icrches faites autrefois par Scarpa et WHtzer, il tient è chacune des deux nos des nerfs rachidiens, de sorte qu'il recevrait et des fibres motrices et des ;s sensitives, ce qui doit être, en effet, d'après les fonctions des viscères sur uels sa domination s'exerce. Gomme les mouvements^ de ces viscères n'obéispoint aux ordres de la volonté, Scarpa (1) avait fini par refuser toute influence rice au nerf, et ne chercher que dans les parties di^-ntiémes qui se meuvent •lontairement la cause de leurs mouvements. U se fondait principalement sur nouvelles observations qu'il avait faites à l'égard de l'origine du nerf ganglion- «, qui, suivant lui, provenait uniquement des radnes postérieures des nerfs lidiens. Mais mes recherches (2), et celles de Retzius (3), de Mayer (/i), de tzer (5), ont établi que l'opinion autrefois émise par ce dernier est la seule cte, et que le nerf gan^iminaire naît en réalité des deux racines des nerfs hidiens, à travers lesquelles Mayer a même suivi jusqu'à la moelle épinière les res qui lui appartiennent II contient donc des fibres motrices et des fibres isitives.
L'examen microscopique des filets radiculaires du nerf ganglionnaire provenant i nerfs rachidiens, fait voir qu'ils contiennent des fibres tubuleuses semblables elles qu'on aperçoit dans ceux-ci mêmes. A la vérité, ces fibres sont p'.us iécs dans le nerf ganglionnaire, et elles restent telles pendant tout leur trajet ; s il n*y a manifestement pas la moindre didérence ni quant au tube , ni quant :ontenu. Par la raison que ces fibres sont plus grêles, la pression et l'extension nt naître dos varicosités plus facilement que sur celles des nerfs rachidiens ; s, à l'état d'intégrité, elles ne sont jamais variqueuses. Le nerf ganglionnaire llfTèrc donc pas essentiellement des autres en cela. Gomme dans les autres s aussi, les fibres tubuleuses demeurent séparées et distinctes dans toute leur due : elles ne s'anastomosent jamais ensemble.
a seule particularité que présente le nerf ganglionnaire tient à la manière dont mnit ses filets radiculaires, et les étale ensuite poiv la distribution périphé- <^- Les filets venant des racines parcourent un certain espace dans le cordon ^<*ophe du nerf, et alors seulement se séparent de luL De là résulte l'apparence oordou non interrompu depuis le ganglion cervical supérieur jusqu'au gan- ' coccygien. Je dis l'apparence d'un cordon continu ; car aucun fait ne nous 5*^se à penser que les fibres qui viennent du ganglion cervical supérieur se ^t^uent jusqu'à l'extrémité du cordon limitrq)he. Les fibres qui sont entrées ^v*^mières dans ce cordon sont aussi les premières à en sortir, puis les sui- ^^, et ainsi de suite ; d'abord les nerfs cardiaques, puis les splanchniques* les ^x, les adrtiques, etc. On peut comparer cet état de choses à la manière dont ^^Hporte aux côtes le muscle sacro-lômbaire, qui reçoit des faisceaux à son côté '<^e et en fournit de l'autre côté. Mais cette particularité du nerf ganglionnaire ^^:^n plus que l'apparence de lui être propre, car beaucoup d'autres nerfs-sont
Jk gangliii nervorum^ deque origine et estentia nervi intereoitatiSf jdaas les Opuicoti di ^*^!Sia. Pavia , i83î, L III, p. 47.
fMgcKtL's ArchiVf 1832, p. 85. ' JbUL, p. 260.
^ iS'ooa aet„ t. XVI, p. II.
) MuiLLca, Arckiv, 1834 1 p. 305.
622 SYSTEME DES HBRES GRISES, ET PROPRifiTÊS . D£ CBS' FIBIES.
exactement dans le même cas ; les rachîdiens forment d'apparentes anses d'à»* stomose, qui ne tardent pas à rendre ce qu'elles ont reçu. Il en est de wèmà rameau descendant de rhypoglossc, auquel contribuent les nerfe rachidieRi» périeurs. Si les nerb rachidiens se rapprochent en cela du nerf gaogiioiuiwr, i arrive, aussi quelquefois que celui-ci ne forme pas de cordon limitrophe catiki c*cst-hHlire que les unions entre les cordons radiculaîres manquent sur çMifii points, ou sont extrêmement grêles, conmie chez les ophidiens: dans ces uumi; chaque nerf rachidien, depuis le cœur jusqu'à Tanus, fournit un nneauJBiBlinal, et ces divers rameaux ne tiennent ensemble que par des aoses, ooooei arrive à ceux d'autres nerfs.
Le nerf ganglionnaire recevant régulièrement des Qerfs rachidiens des bkm de fibres motrices et de fibres sensitives, il est probable que la même chose a la pour ceux des nerfs cérébraux qui ont de l'analogie avec les rachidiens, c*est44R qui naissent par deux racines. £n effet, l'hypoglosse, le vague et le glosH>-ièN ryngien donnent des racines au ganglion cervical supérieur. Le nerf gangfisiiat reçoit donc aussi de tous les nerfs cérébraux des racines sensitives et desnclMs motrices.