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CHAPITRE II

Iles proiiHétés des berf» mob seilsbrleliu

Ner6 oculairef.

L'influence du nerf oculo-musculaire commun et du nferf naso-cilialre sur !*irîs mérite une étude iwuticulière. Desmoulins dit que, d'après les exj>érlences de Fowler, de Reinhold et de Nysten, on détermine la contraction de l'iris en galtaoisant la troisième paire (1). Celles de Mayo ont établi que le nerf oculo-musculaire commun provoque les mouvements de Firis par la courte racine du ganglion ophthalmique, et que la loiigue racine de celui-ci, provenant du tiérf naso-ciliaire, ne prend aucune part à ces mouvements (2).

Voici quels sont les résultats des expériences faites sur treiié pigeons vivante , atiimaux qui, d'après les récherchés de Muck (3), ont deux racines à leur ganglion ophthalmiqué, l'urte venant du nerf oculo-musculaire, l'autre fournie par le nerf trijumeau.

i** La section du nerf optique dahs le crâne détermine k dilatation de la pupille, qui ne se contracte plus ensuite; quelqiie vive que puisse être la lumière, l^tagetidiè aussi a observé l'ampliation de la pupille et Timmobilité dé l'iris après la section du nerf optique sur des chiens et des chats : mais , chez fes lapins et les cochotid d*fnde, cette opération était suivie de rétrécissement et d'immobilité de l'iris.

H"" I^ section du nerf oculô-musculaire commun dans le crâne d'un pigeon vivant produit le même résultat; datis les deux cas, c'est-à-dire taiit après la section du nerf optique qu'après celle de l'octilo-inusculaire, l'œil coiiserVe sa sensibilité à la surface.

3" La section du nerf trijtmieau dân^ le crâne n'apporte aucun changëttièiit dans les mouvements de l'iris ; mais la surface de l'œil perd sa sensibilité» doiit elle est redevable aux branches du nerf ophthalmiqttê qui se répandent dUbs h conjonctive.

6° Lorsqu'on fait agir une irritation mécanique sur le nerf optique dans le crâne d'un lapin vivant, ou immédiatement après la décapitation, l'iris se contracte constamment, et la pupille se rétrécit, phénomènes qui ont été vus aussi par Flourens (6).

5*" La même chose a lieu quand on tiraille le nerf oculo-musculaire commun.

ô*" Les irritations mécaniques de la cinquième paire n'exercent aucune influence sur la pupille.

7° Quand on coupe le nerf optique dans le crâne d'un lapin, immédiatement après la décapitation , et qn'on irrite la portion unie à Tceil , la pupille ne isubit

(i) Anat, du syst. nerveux, t'aris, 1825, t. it, p. 69S.

(2) Anatomical and physiological commenlaries, Londres, 1838* — Mamhdu, Journal, t. III, p. 3À8.

(8) De ganglio ophthalmico, Landshut, 1815.

{à) Recherches $ur la prapriétéê et kê fbnekUmê àà êjfêihne nerveuse Paris» ÎSAS.

aucun changement; mais, si Faction mécanique porte sur la partie dn nerf tient au cerveau, la pupille se rétrécit, tout cooune si le nerf optique n'avait point été coupé.

S"* La section de la cinquième paire n'apporte aucune modification à Télat de U pupille.

9"" Après la section de la troisième paire, Tirritation du nerf optique, que cdoici d'ailleurs soit entier ou coupé, n'exerce aucune influence sur la pupille (1).

De ces expériences on peut conclure en toute certitude que le nerf oculo-musculaire commun communique la force motrice au ganglion ophthalmique et m nerfs ciliaires, que la lumière n'agit pas immédiatement sur les nerfs ciliairo, mais que l'irritation de la rétine et du nerf optique agit sur le ceneau, qui. àsoo tour, réagit sur le nerf oculo-musculaire commun et la courte racine motrice du ganglion ophthalmique. Cette conclusion découle aussi du fait bien connu que. dans le cas d'amaurose ou de paralysie de la rétine, l'iris de l'œil atteint n'est plu» susceptible de se mouvoir lorsque la lumière tombe sur ce dernier, tandb qu'il ^ meut quand la lumière frappe l'autre œil. Il suit , en outre , des expéricDC»» de Mayo, que la sensibilité générale de l'œil dépend du nerf trijumeau, qui procure la sensibilité à la conjonctive par des branches du nerf ophthalmique, etàriot^neor de l'œil par la longue racine du ganglion ophthalmique. Les ramifications du nerf grand sympathique président à la nutrition de l'œil; nous avons déjà ^u cumnjpot ce nerf influe sur la nutrition de l'œil par son union avec le ganglion ophtlialinique, et que la destruction du ganglion cervical supérieur est suivie d^ophthalDiie avec exsudation. La section du nerf trijumeau entraîne l'immobilité de l'iris, cliexlb lapins, les cabiais, les chiens et les chats, d'après les expériences de Mageudje:b pupille est alors dilatée chez les chiens et les chats, rétrécie chez les cochons d'Iode et les lapins (2). H doit y avoir ici une réaction sur le cerveau.

J'ai dit précédemment que, quand le nerf oculo-musculaire commun fait umvoir l'œil, l'iris se trouve aussi entraîné à exécuter des mouvements. Le ca^dan^ lequel le resserrement de l'iris a lieu le plus aisément est celui où l'on tourne l'un des yeux en dedans, et il' s'accomplit dans les deux yeux alors même qu'il n'y eoi qu'un seul qui change de situation.

Comme les axes visuels sont convergents et les yeux plus tournés en dedau> qu'à l'ordinaire lorsqu'on regarde un objet rapproché, qu'au c:ontraire les deu\ yfu\

(1) M. CI. Bernard a étudié Tinflucnce de la paralysie de la troisième paire sur les mnu%piiiffb de la pupille ( Comptes rendus de la Société de biologie^ 4S50). Api-ës la destruclion du nerf moteur oculaire commun (troisième paire), la pupille reste élargie el immobile ; de sorti'qu'<« admet que r*est ce nerf qui généralement anime les mouvements de Tiris. Ccfiendant cetic pralysiede la pupille, qui est alors réelle pour les rayons lumineux, peut cesser souf iXMr^ influences. Ainsi , que Ton coupe la troisième paire dans le crftne sur des lapins , ans<iilùl ap^ la pupille devient dilatée et immobile en même temps qu*il se produit un strabisme (iUtm. Mais, si, immédiatement après, ou le lendemain de Topération , on applique de la belladonr^cr cet œil dont Tiris semble paralysé, on voit cependant la pupille se dilater encore. Le$ idoot^ , ments de constriclion y sont de même encore possibles sous Tinfluence de la douleur ; car, >i i'oi pince un rameau de la cinquième paire , ou si Ton coupe ce nerf dans le crâne , on Toit vjss^ la pupille se contracter énergiquement , absolument comme si le nerf de la troisième paire i'> vait pas été coupé. É. L.

(S) DiSMOOUiis , AnaU du9$sU neri;., t. II , p. 712.

i^ont plus écartés Tun de Tautre quand on regarde un corps éloigné, il résulte de là que la pupille devient beaucoup plus étroite dans le premier cas, et beaucoup plus large dans le second

Les mouvements de Tiris ne sont pas plus volontaires chez les oiseaux que chez nous : la pupille de ces animaux devient fort étroite lorsqu'on s'approche d'eux et qu'où excite leurs passions.

La pupille rétrécie pendant le sommeil peut se resserrer encoie davantage par l'irritation de la lumière, comme nous l'apprennent des observations de Ilawkins rapportées |)ar >layo. Au moment du réveil, elle s'élargit i)ar quelques contractions irréguliùres.

L'anatomie comparée confirme en général les résultats de la physiologie. Les nerfs ciliaires consistent partout en des filets du nerf oculo-musculaire commun et du nerf nasal. On remarque à cet égard les différences suivantes :

1" Des branches du nerf oculo-nmsculaire commun et du nerf nasal s'unissent ensemble comme racines du ganglion ophthalmique (Ij. Les nerfs ciliaires sont des branches tantôt du ganglion, et tantôt du nerf nasal lui-même. Cet état de choses a lieu, d'après les recherches de Muck et de Tiedemann, dans le chien, le lièvre, le bœuf, kl brebis, la chèvre, le cerf, le chevreuil, le cochon, le hibou, le pigeon, le |x*rroquet, l'oie, le dindon, le vanneau, et aussi, selon Rojanus, dans la tortue.

2" Le ganglion appartient immédiatement à la racine du nerf oculo-musculairc commun, et une partie des nerfs ciliaires qui en proviennent se rendent à Fœil, tandis que les autres s'unissent en arcade avec les nerfs ciliaires du nerf nasal , qui , en partie aussi, se rendent seuls à l'œil. Tel est le cas du chat, du faucon, du héron, du corbeau, de la poule, du canard, du merle et de l'étourneau. .le le regarde comme une simple variété du précédent.

S"" Muck a trouvé, chez le lapin, qu'il n'y avait aucune connexion entre la racine du nerf oculo-musculaire commun et celle du nerf nasal, et que les deux nerfs fournissaient chacun à part les nerfs ciliaires. D'après Retzius, ce ganglion est situé presque dans la gaine du nerf oculo-musculaire.

^" Desmoulins prétend qu'il n'y a point de nerfs ciliaires du nerf nasal chez le lapin, le cabiai et le rat d'eau, de sorte que lace serait l'oculo-musculairc commun seul qui fournirait les nerfs ciliaires. Il assure également (|ue ces animaux, comme es rongeurs en général, n'ont point de ganglion ophthalmique (?).

5" Il n'existe pas d'animal à iris mobile qui ne reçoive des nerfs ciliaires de oculo-musculaire commun, et chez lequel ces nerfs proviennent uniquement du asaL Le nerf oculo-musculaire commun demeure toujours la source principale des erfs ciliaires» tant que l'iris est mobile. A la vérité, Muck et Tiedemann avaient

(i) Longet (Anat, du synt, nerv,, t. II, p. 888) a eu occasion de voir, chez rhonome, une icine motrice très manifeste , allant du nerf moteur oculaire externe au ganglion ophthalniique. l cilie aussi une observation de paralysie complète du nerf oculo-musculaire commun , dans la* uelle il y avait persistance des mouvements de Tiris. Le malade ayant succombé à une autre gTt'Clion, on trouva, à Tuutopsie, un rameau qui se rendait du moteur oculaire fxterne au ganlion oplilhulmique. Ailleurs Longet dit qu*il possède une pièce sur laquelle on constate Tab^ence le ce ganglion (cbez l'homme). Les filets de Toculo -musculaire commun et d'autres venant du lasal se rendaient directement à Piris. A. Lauth (Mon. de VanatomiêlCy Strasbourg, 1829) rapporte que son père avait rencontré une fois cette même anmlisiie. [Note du trad,)

prétendu qu*il n*y a point de ganglion ophthalmique chez le cheval, et que le nerf oculo-musculaire de cet animal ne founiit pas non plus de nerfs ciliaires; mais Retzius a trouvé le ganglion, qui est d'une petitesse extraordinaire, et il a vu le deux racines qui le produisent par sa réunion (1). C'est probablement aussi par erreur que Muck a prétendu que, chez Técureuil, le nerf oculo-musculaire comman ne contribue en rien à la production des nerfs ciliaires.

6° L'iris est immobile chez presque tous les poissons. Muck et Ticdemann ont trouvé, dans le Salmo ffucho, des nerfs ciliaires provenant de roculo-musculaire et du nasal, qui s'unissaient en partie ensemble ; dans la carpe, ces nerfs émanaient de Toculo-musculaire. D'après les recherches de Schlemm et de d'Alton, les poissons ne diiîèreut pas des autres animaux quant aux nerfs ciliaires ; ils odi trouvé partout les deux racines ordinaires (2).

7° Chez les mammifères, le nerf abducteur se distribue aussi au muscle sospenseur, et chez les oiseaux il donne des filets au$ muscles de la membrane uictitante.

8** Chez les cétacéà, le nerf trijumeau fournit aussi des branches oculo-musrulaires, selon Rapp et Bruns. La même chose a lieu chez la lamproie, soifaot Schlemm et d*Alton.

Q"" D'après Schlemm, la lamproie n'a que deux nerfs ocipo-niusculaires, rocoiomoteur et le pathétique, qui s'unissent dans l'orbite.

10'' Les myxinoïdes, qui n'ont pas de muscles oculaires, manquent des troisième, quatrième et sixième paires cérébrales.

Quant à l'influence du cerveau sur les nerfs oculaires, Desmoulins et Magondie disent qu'après la section des pédoncules du cervelet allant au pont de Varole, chez les mammifères, l'œil du côté de la blessure se dirige en avant et en bas, celai do côté opposé en haut et en arrière. Le même phénomène eut lieu après la sectino du pont de Varole.

Nerf trijumeau.

J'ai déjà parlé fort au long de la portion sensitive et de la portion motrice d^ ce nerf, en traitant des nerfs du sentiment et du mouvement; j'ai fait voir que sa première branche et la seconde donnent des filets exclusivement sensitifs, tandis que la troisième, produite par le mélange des deux portions du nerf, fournit et des rameaux sensitifs et des rameaux moteurs, savoir, parmi les premiers, le dentaire inférieur, le temporal superficiel, le lingual, et, parmi les seconds, le massét( rin. le buccinateur, les temporaux profonds, le ptérygoïdien, le mylo-hyoîdien.

Ce nerf important, qui entretient le sentiment dans la partie antérieure et lat^ raie de la tête, ainsi que dans la portion céphahque des membranes moqueuse* (conjonctive, membrane pituitaire, membrane muqueuse de la bouche). eKjni. par sa petite portion, est en même temps nerf moteur des muscles servant à ta mastication, communique par chacune de ses trois principales branches avec le grand sympathique ; ce qui fait que très probablement il entre aussi des fibres organiques dans la composition de ses rameaux.

l"" La première de ces anastomoses est celle du nerf naso-ciliaire avec le gaogfidi

(i) bi», 1827, p. 907.

(S) HviLLn, Arekh, 1887, LXXVin.

PROPBIÊT^ DES NERFS llbN SENSORIELS. 719

ophthalmique, qiii reçoit un filet du grand sympathique. On reconnaît aisément, chez le bœuf, que la premi(^re branche du trijumeau reçoit aussi des fibres organiques de la partie du grand sympathique qui s'unit avec le nerf abducteur.

2" La seconde est celle de la seconde branche a\QC le grand sympathique, au moyen du ganglion sphéno-palatin, là précisément où le filet |)^treux profond du nerf vidien, qui vient de la partie carotidicnne du grand sym|>athique, s*unit avec la seconde branche du trijumeau. Dans le bœuf, le rameau profond du nerf vidien, qui provient manifestement du grand sympathique, fournit non simlement des fijets au ganglion sphéiio-palatin, mais encore beaucoup d'autres fdets qui vont gagner la seconde branche du trijumeau. Le rameau sujHTficiel du nerf vidien, qui se rend de la seconde branche du trijumeau au nerf facial, parait avoir une tout autre signification que le rameau profond, allant du grand sympathique à la seconde» branche du trijumeau. Arnold le regarde comme émanant réellement de cette s4»conde branche, et allant se mêler avec le nerf facial. Ridder dit qu'il sert à faire pasM'r des fibres motrices du facial dans les filets de la s(»conde branche du nerf trijumeau destinés aux muscles du |)alais (1). Le nerf vidien des serpents, entre la s<H*onde branche du trijumeau et le facial, donne une branche musculaire au rétracteur ih la mâchoire supérieure. Cependant la portion motrice du trijumeau fournit ende\ant une branche allant au nerf vidien, de laquelle peut provenir ce filet musculaire*, (liiez les oiseaux, d'après les obsenations de Schleinm, le grand sympathique communique , par le moyen d'un nerf analogue au vidien , non avec la seconde* branche du trijumeau, mais avec la première, dans l'orbite.

3° La troisième anastomose entre le grand sympathique et le trijumeau est celle qui a lieu avec la troisième branche, par le moyen du ganglion otique (2). Ce ganglion communique avec le tnmc de la troisième branche, aux ramifications de laquelle il einoie des fibn?s organiques. D'après Bendz, 3 fait partie des nerfs végétatifs qui, partis du ganglion crrvical supérieur, accompagnent l'artère carotide externe, puis la maxillaire interne, et ensuite la méoingée nooyenne.

(1) Longet ( Ànat. du syst, nerv.j p. âi3 et â50 ) considéra la plot grande partie du rameau «iperficiel du nerf vidien comme la racine motrice du ganglion sphéno-palatin , et la fait pnn Tenir du nerf facial. Il rassiniile ù la rucine motrice que Focuto-muitculalre commun envoie an (ganglion opiitlialmiqiie. Cet antcor a expliqué comment la déviation de la luette se prodoit dant certains cas d'hémiplégie faciale due à la lésion de la septième paire {facial)^ en prouvant que ce nerf, par Tintermédiaire du rameau superficiel du nerf vidien (grand nerf pétreux), envoie les niets aux muscles élévateurs du voile du palais ( palato-stapb>lins et périslaphylins internes), ^our lui , ces fdets sont les analogues des filets ciliaires moteurs de Tiris : aussi, dit-il, de môme jue In lésion de Toculo-musculaire commun détermine la paralysie dePiris, de même aussi 1 lésion du nerf facial, avant Vhiatus de Fatlope^ paralyse en partie le voile da palais. fai?*? comme cette dernière paralysie ne saurait se produire si la lésion siège an-deisous de biaius, qui livre passage au grand nerf pétreux, la remarque dc.Longet pourrait guider les pathoigistes dans leur diagnostic sur le siège de la cause paralysante, en les autorisant à dire que la isïoïïi morbide se rapproche plus ou moins du centre nerveux, selon que la déviation de la luette ccompagne ou non Phémiplégie faciale. {Note du trad.)

(2) Arnold, Uebcr dcn Ohrknoten. Heidelherg , 18S8. — Cbmp. S<:hlemh, dans Fboéicp, ^oii:eu , n*" 660. — !VItELLER,dans Meckf.l*s Archiv, 1832, p. 67. — Hagenbach, Distf. eirca Husc. auris internœ^ adjectiê animadverêionibuê de ganglio otico. Baie, 18S3. — Bbjim, De inoêtomosi Jacobtonii et ganglio Amoldi. Copenhague, 1883. — Koy., sur rhistoire de ce ganglion et de ses uerlii, MuBi4*ia's Arckiv^ 1887, p. 284*

720 PROPRIÉTÉS DÉS NERFS NON*SEIfSORI£LS:

Du ganglion partent deux nerfs qui Vont à la caisse du tympan ; Tun de ces nerfs appartient au ganglion lui-même; l'autre semble seulement en venir, et il est une branche du ptérygoïdien interne, ainsi que Schlemm Ta prouvé. Celte seconde branche, est le nerf moteur du muscle interne du marteau, que Comparetti a découvert. Chez le veau, il traverse le ganglion otique. L'autre nerf, appelé petit pétreux superficiel, et qui naît du ganglion lui-même, pénètre dans un canal particulier dm rocher, qui est situé en avant et au côté externe de Feutrée de Taqueduc de Fallope, passe de ce canal dans la caisse du tympan, et s*unit avec fanastoniose de Jacobson. Il donne aussi une petite branche au genou du nerf facial Cette anastomose, dont Tare principal repose sur le promontoire de la cavité tympaniqoe, unit le nerf tympanique du ganglion otique avec le rameau carotico-tynipanique do grand sympathique et le rameau tympanique du ganglion pétreux du nerf glossopharyngien, en une anse de nerfs organiques. La branche du nerf glosso-phar} ngieo paraît ne pas venir de ce nerf, mais s'y rendre au contraire, et mêler des fibres oi^aniques avec lui à l'endroit du ganglion pétreux.

Tout cet appareil de fibres nerveuses organiques, qui i)art du ganglion otiqœ, semble destiné à mêler des fibres organiques avec la troisième brandie du nerf trijumeau, la septième paire de nerfs et la neuvième, et à pourvoir de ces libres la caisse du tynâpan, notamment sa membrane muqueuse. Au contraire, le ganglion otique paraît n'avoir aucune relation avec l'ouïe. On conçoit maintenanu au milieu d'une telle quantité de fibres organiques qui sont entrelacées a\ec le oorf trijumeau, pourquoi, dans les expériences de Magendie, la section de ce dernier nerf altérait les fonctions nutritives de l'œil, de la gencive et de la langue; on entrevoit aussi pourquoi les membranes muqueuses de l'œil, du nez et de la caisse du tympan ont de la tendance à être prises simultanément d*affectioQ$ catarrhales.

Le ganglion maxillaire, situé au rameau lingual de la troisième branche du cerf trijumeau, ressemble au ganglion ophthalmique, en-ce qu'il est composé défibres organiques et de filets du système nerveux de la vie animale. D'après les obsen> tionsde Haller, de Bock, et d'Arnold, il reçoit du ganglion cervical supérieur no filet qid lui arrive avec l'artère faciale. De ce filet et de la masse gaiiglionnairi' peuvent fort bien dépendre les efieLs organiques que le ganglion exerce sur la s<^ crétion de la salive dans la glande sous-maxillaire. En outre, le ganglion reçoit, selon Arnold, une branche de la corde du tympan annexée au nerf lingual, taDdi> que le tronc de cette corde continue de rester dans ce dernier. Comme la conle do tympan vient du nerf facial, qui est un nerf moteur, ce fUet peut rendre raisoB de l'action motrice exercée par les filets que le ganglion maxillaire envoie au canal de Wharton. Ensuite Arnold indique encore quelques filets qui se déucbeot du nerf lingual lui-même pour aller gagner le ganglion maxillaire, et qui peuvent servir à entretenir la sensation dans la glande et son conduit excréteur. Ainsi o ganglion ressemble à l'ophthalmique, eu égard à ses racines provenant de m»?* sources différentes. D'après Arnold, il donne des filets gris tant à la glande qu'à son conduit et au nerf lingual.

L'anatomie comparée du nerf trijumeau est encore enveloppée d'une certaiie obsciurité. Cependant ce nerf se comporte, chez les animaux supérieurs, à pA près comme cbez l'honmie, par rapport tant à sa distributiou qu'à ses propriMi

physiologiques. Il est le principal nerf sensitif de la face ; ainsi, d'après Rapp (1), les fibres sénsitives des follicules d'où sortent les poils des moustaches chez les animaux, proviennent du nerf sous-orbitaire, tandis que c'est le nerf facial qui préside aux mouvements des follicules.

Chez les animaux dont le museau est doué d'un toucher très développé, le nerf soas>orbitaire a toujours plus de volume qu'ailleurs. La même chose a lieu chez ceux qui sont pourvus d'une trompe.

Je remarque , dans les serpents et les lézards , que la première branche du nerf trijumeau forme son ganglion, indépendamment de la seconde et de la troisième. Chez^ plusieurs animaux, la première branche renferme des filets destinés aux muscles oculaires. C'est ce qu'on observe dans les cétacés, d'après Rapp et Bruns, dans la lamproie, selon Schlemm et d'Alton, dans la grenouille, suivant Volkmann (2).

Chez la grenouille, au dire de Volkmann, la cinquième paire donne une branche qui traverse la caisse du tympan et va gagner la branche glosso-pharyngienne du nerf vague, ou le glosso-pharyngien.

Dans les torpilles, la région antérieure de l'oigne électrique reçoit aussi une branche du trijumeau, tandis que les principaux nerfs de cet appareil sont des ramifications de la paire vague. Dans les raies, une branche du trijumeau se rend aux irradiations des tubes mucipares sous la peau. Dans les carpes, le nerf vague et le dernier nerf cérébral, qui va aux muscles de la nageoire pectorale, reçoivent aussi une portion du trijumeau, d'après les recherches de Weber (3), qui a trouvé également, chez la lotte, une branche du trijumeau allant à la nageoire jugulaire.

E.~H. Weber a découvert que, chez plusieurs poissons, indépendamment de b branche du nerf vague qui suit la ligne latérale, dans les muscles du tronc, jusqu'à b queue, il y a encore un autre nerf longitudinal provenant du trijumeau. Tels sont le Silurus Glanis et la lotte (i^). Ce nerf latéral du trijumeau s'unit de la ma- [lière la plus Intime avec les nerfs rachidiens, ce que ne fait pas celui qui provient de la paire vague.

Nerf faiûal.

Le nerf facial est le principal nerf moteur de la face. Son domaine comprend ous les muscles de la face et de l'oreille jusqu'à l'occipital ; de plus, il domine iDCorc quelques autres muscles, comme le ventre postérieur du digastrique (dont *antérieur est pourvu par le mylô-hyoîdien), le stylo-hyoïdien et le peaucier (5).

(1) Die Verrichtungen des fuenften NeruènpanrcM, Leipzick, iS32.

(2) Mlellkr's Archiv, 1837. LVÏÏ, LXXIX; 1838, p. 76.

(3) Mkckkl's i4rcA»>, 1827, p. 3i3.

(A) Deaureet auiitu. Lcipzick, 1820. — Mbckbl*s Archiv, 1827. p. 804.

(5) D'après Longol {Anat. du sijst. ncrv., 1. 11 , p. A57), le nerf facial préside encore ftla ontriiclioii de Ions les muscles du voile du palais, excepté le péristaphylin externe {tenneur de 'e voile), animé par la racine motrice du trijumeau. C'est par l'entremise du grand nerfpétreas M du ganglion sphéno-palatin que, selon lui, le facial se distribue aux moscles péri-staphylin nlerne et palato-staphylin , et par celle du rameau anastomolique enroyé par le facial an glosso- >haryDgien que celui-là (facial) parrient aux moscles glosso-staphylins et pharyngo^taphylins . I. W

722 PBOPRIÉtÉS DES HERFS NON SBIfaCHlIBUk

De là vient qu'il est à la fois et le nerf de la physionomie et le nerf ra^iinieirè la face, en tant qu'il se trouve affecté toutes les fois qaê les mooTemeatideh respiration s'exécutent avec plus d'énergie qu'à rordinaire« oa avec eSort, satm chez les hommes d'une constitution affaiblie.

A mesure que les muscles de la &ce et l'expression physîoaomîqiie des pam» diminuent chez les animaux, le volume du nerf devient ausâ moins coMÎdénbk. Chez les animaux pourvus d'une trompe mobile, il est très gros, et, dansl'éiépbtti, celle de ses branches qui se rend à la trompe égale le nerf sciatique de rbonmf, tandis que les branches de la cinquième paire se rendent à l'extrémité tactile à prolongement du nez. Les moustaches mobiles des animaux reçoivent les fito nerveux de leurs muscles du nerf facial, pendant que la sensibilité des foOioilfi dépend du nerf sous-orbitaire (1). Chez les oiseaux, le nerf facial cesK d'êoi nerf de la physionomie; il ne conserve ce caractère, et ne sert ainsi à l'expreM des passions, que chez certains oiseaux qui ont la hcultt de redresser les plumes mobiles de leurs oreilles et celles de leur cou : du reste, il ne se répand pli» (joe dans les muscles correspondants à ceux qui, chez l'homme, reçoivent de ks ds filets conjointement avec ceux de la face, savoir : les muscles tbaisseors de fa mâchoire, les élévateurs de l'hyoïde et le peaucier. Il continue d'être nerf motnr partout où il existe, et c'est par malentendu que Treviranus a cru trouver cola un exemple de la possibilité qu'un nerf change de fonction, (>arce que sa Joactioi motrice cesse presque entièrement chez les oiseaux. Loin qu'U en soit aînai, k nerf facial ne cesse pas d'être, chez les animaux comme chez l'homme, im wbA musculaire proprement dit Dans les tortues, sa distribution est la même fi chez les oiseaux. Chez les serpents et les lézards, on voit passer, immiidiateiiKtf derrière la troisième branche du trijumeau, un nerf particulier, comparable» facial, qui se porte en dehors : il donne une branche au nerf vague en arrièft et reçoit, par un canal osseux de la base du crâne, un fdet comparable au snf vidien, qui communique avec la seconde branche du trijumeau. Le tronc du fadal se répand dans le muscle placé entre Tos carré et la mâchoire inférieure, qu sert à abaisser cette dernière ; il se distribue aussi, chez les lézards, dans le mreà cutané.

Chez les grenouilles, un nerf comparable au facial se rend , d'après VolknuoD. au ganglion du nerf trijumeau, mais se prolonge plus loin, comme branche smpatliique de la cinquième paire, et va se jeter dans la branche laryngée du nerf vague. La branche laryngée est un rameau du glosso-pharyngien. On peut conparer cette anastomose à celle que Ton rencontre quelquefois, chez rbomoe. entre le facial et le glosso-pharyngien.

Dans les poissons osseux, le nerf facial ne forme pas un cordon distinct ; 0 ^ probablement renfermé dans la cinquième paire, dont il constitue le raoeB operculaire.

Chez les plagiostomes, un nerf analogue au facial s'isole, et chez les cydostoo^

D*où résulte, dit-il, que le nerf facial anime non seulement les muscles constridenn et titf>teun des orifices nasal et Imccal , mais encore ceux qui dUatent el resserrent roriice pharyngé. {Note d% irmL)

(i) BiUt S^' ^ V*^ ^MU du mrfs, Paris. 1825, in-8, p. 55.

PROPRIÉTÉS DES NERFS NON SBNflORIfiLS. 723

le nerf facial naît à |)art du cerveau. Born, Schleniin et D'Alton Font vu dans la lamproie, et je Tai remarqué aussi chez les mykinoïdes.

Cio(juet et Ilirzcîl prétendent que le nerf pétreux superficiel, qui provient du nerf vidieb, et qui va de la seconde branche du trijuniéau au genou 4u facial, ne fait que s'annexer à ce dernier, qu'il s'insinue dans sa gaine, et que c'est lui qui s'en sépare de nouveau, jsous la forme de corde du tympan, pour aller gagner k nerf lingual Cependant, d'après les recherches d'Arnold, cette assertion est erronée, parce qu'à moins d'user de violence, on ne [)eut par\'enir à démontrer une telle disposition. Suivant Varrentrapp (1), le nerf pétreux superûciel, stj^s avoir atteint le facial, ne se bonie point à s'y accoler, mais se confond en partie avec lui, de manière qu'il n'y en a qu'une partie qui passe sur le genou de ce nerf, sans s'unir intimement avec lui. Il pense que ce prolongement doit déj^ être considéré comme corde du tympan, et, si on l'en croit, le tronc de la corde du tympan peut être poursuivi, dans le nerf lingual, jusqu'au voisinage du ganglion maxillaire, où il se partage en deux branches, dont l'une se jette dans ce ganglion, et l'antre continue de marcher dans le nerf lingual. Selon Arnold (2), la corde du tympan marche dans la gaîne du nerf lingual, contracte très souvent des connexions avec lui, et fmit par se diviser en deux filets, l'un plus petit, qui se plonge dans le ganglion maxillaire, l'autre plus gros, qui se perd dans le nerf lingual. Comme les branches du ganglion maxillaire se répandent, non pas seulement dans la glande sous-maxillaire, mais encore sur son conduit excréteur, ainsi que Va vu Arnold, ce qu'il y a de plus admissible jusqu'à présent, au dire de cet anatoroiste, c'est que les mouvements du conduit excréteur tiennent à ces filets nerveux de la corde du tympan provenant du nerf facial moteur. Arnold a donné une explication de cette anastomose qui ne me parait pas vraisemblable (3). En général» cependant, il a lui-même déjà porté son attention sui* le rôle du ganglion maxillaire par rapport aux mouvements du conduit de ll^harton (k).

(1) Obs, anat, de parte cephalica nervi iympathiei. Francfort, iSSi.

(2) Kopftheil des vegetativen Nervensyitenu, Heidelberg, 1831, p. 119.

(3) Loc, ct'r., p. 183.

{à) La paralysie du nerf facial a montré qu'U exerçait une certaine influtnce «ir l'audition et la gustation :

1» Influence sur Vaudition. C'est à M. le docteur Landouzy qu'appartient le mérite d'avoir démontré par l'expérience clinique l'action du nerf facial dans l'appareil acoustique. M. Landouzy, dans son mémoire, Bull, de CÀcad, de méd., 1851, t. XVI, p. 376, observe qu'à part une remarque fugitive de M. le professeur Roux, l'exaltation de l'ouïe n'avait jamais été notée paraucuu pathologiste comme symptôme de l'hémiplégie faciale, lorsqu'il y a deux ans il en fit l'obijet d'une coowiu- Dication verbale à la Société médicale de Reims. Plusieurs obsenraUons nouvelles ayant, depuis, confirmé ses premières conclusions , on peut inscrire aujourd'hui l'exaltaUon de l'ouïe au nombre des signes les plus fréquents et les plus intéressants de l'hémiplégie faciale , indépendante de toute affection cérébrale. D'un autre côté, M. Longet {Traité de physiologie^ 1850, t II, p. 363), s'emparant de la remarque de M. le professeur Roux, avait dit : c A l'aide d'expériences ingénieuses, Savart a démontré que la membrane du tympan, desséchée et recouverte de sable , exécute , sous l'influence d'un corps sonore, quand on l'abandonne à elle-même, des mouvements tels que les grains de sable peuvent être lancés à trois ou quatre centimètres de hauteur; tandis que , quand le muscle interne du marteau agit, et que, par conséquent, la membrane est tendue, n devient difliciie de produire des mouvements appréciables dans les corpuscules indiqués. De sorte, ajouta-t-il, qu'on serait induit à penser qi^e if» usages de et petit fmsck coQais||UitfloaM|ie

724 PSOPBIfiTÊS DES NERFS NON SENSORIEU.

Nerf gtono-pharyngleo*

Le nerf grosso-pharyngien des oiseaux s'unit par une branche avec k nerf Tagne; il finit pair se répandre dans la langue, dont Û est le nerf gasutif , selon ¥f ebfr, et, au moyen d'une seconde branche, tant à la partie supérieure du lar^m qol Tœsophage. Bischoiï a décrit aussi , dans Tiguane , un nerf glosso-pbarynglM

eeai de IMiis, à présenrer Torpine des Imprenioiis trop fortes quMl pourrait reoetoir dau mtBioes circoitfttancet* Dès lors, dins le cas de paralysie du nerf focial à «on origine, et, par e» séqaent, du muscle interne du marteau qu*il anime par reitrémité du ganglion otiq«e,îlct permis de pressenlir que Ton de?rait observer une sasoeplibililé auooiale de Poule, analoinKi celle qui surtienl du cMé de Torgane de la vue, quand Tirisesl dilaté et Immobile par «uiied*» paralysie du nerX moteur oculaire commun. En effet le professeur Rons , dans son rérit de IVmipîégie faciale qu'il eut en octobre 1821 , dit avoir éprouvé, pendant toute la doréf df la maladie, un phénomène fort singulier; c'était une dispmition de la membrane do inapanl être douloureusement ébranlée par les sons un peu forts. Cette particularité , sur laquelle ratieition des observateurs ne s'est point dirigée, a dû se reproduire un certain nombre de Ibis; é'tAleurs elle confirme pleinement ce qui précède, en même temps qu'elle révèle au moins um partie du rdie que le facial ou son accessoire (nerf de Wrisberg) est appelé à remplir dans l'audiiii».'

Ainsi, M. Lonp^l est disposé à espliquer l'exaltation de l'ouïe dans l'hémiplégie ftciale parli paralysie du nerf du muscle interne du marteau.

2« Infuinu tur la gustation. Il faut aussi placer parmi les symptônaes de l'hémiplégie bâk la diminution de lu gustation. M. Cl. Bernard (Reckerekeê anatamiques et pkyâwbfifm 9ur la corde du tympan , Annalet médico'piyckologiquet , mai i 8&3 ) établit comme coaif^ quence des dissections nombreuses qu'il a faites sur l'homme et sur les animaux : 1* Qm la corde du tympan est un rameau émané du facial, allant se réunir avec le nerf lingui de la cinquième paire; 3** que la corde du tympan n'existe que cbet les mammifères, et fK, loriique chef les oiseaux et les reptiles celte anastomose nerveuse disparaît, le nerf lioful proprement dit , et par suite la faculté gustative s'elfiicent aussi ; S*" que le nerf lingual et la corde du tympan sont dans des rapports invariables ; constamment ces deux nerfs se réonisseal pei après l'origine du nerf lingual ; &<> que les rapports du ganglion sous-maxillaire et de la corde 4i tympan sont au contraire excessivement variables chez les animaux. Puis il démontre, pirde» expériences directes, que la destruction de la corde du tympan sur des chiens amène une diai* notion dans la faculté gustative, limitée à la moitié de la langue qui oorret^pond au cdléftàb corde du tympan a été coupée. Cette modification sensoriale n'est point umv abolition cooifilHe de la gustation, mais^un simple affaiblissement de cotte faculté , qui a perdu son instanUnéiieet présente alors une grande leiteur dans sa manifestation. Elle est toujours indépendante dr a sen-ibililé tactile de la membrane muqueuse linguale, qui ne subit elle-méoie aucune (fininutiun. Cherchant ensuite à déterminer comment l'influence motrice de la corde du tympao pnt modifier la gustation , il fbit voir que c'est non pas en agissant sur l'excrétion salÎTaiir dan«l de Wharton, ainsi que cela avait été soutenu par certains physiologistes, mais bien en afràaBt d'une manière spéciale sur le tissu papillaire lingual, qui constitue Tintermédiaire entre le orps sapide et le nerf sensorial chargé de l'apprécier.

Dans un deuxième mémoire sur ce même sujet : De l'altération du goût dans la pardyùtà nerf facial (Archives générales de médecine^ janvier i8&5), ^I. CI. Eernard confirme les réMihn» des expériences sur les animaux par des observations faites sur l'homme, et montre qoe oKie diminution de la gusUtion doit être placée au nombre des symptômes réguliers de la paralv^ du facial ; seulement , elle peut manquer quelquefois, lorsque 1» cause paralysante ne siéfrp» asies haut dans le trajet spirolde pour léser simultanément le rameau tympaniqne.

De ce travail it paraîtrait résulter que c'est par la corde du tympan , mais en tant que saf moteur, que le nerf filial influe sur la gustation.

If. Dodiauie (lUetoMf^ëlactro-pAysiolô^içNef et patMogilqnn mr les jfrmniéiés ti io

[liant à la langue. Chez les setpents à sonnettes, j*ai vu le glosso-pharyngien passer out entier dans le nerf vague, qui donne aussi un rameau lingual. Suivant Volk^ nann, il n'y a, chez les grenouilles^ que la branche glosso-pharyngienne de la >aire vague qu*on puisse comparer au glosso-pharyngien. Chez les poissons, on a

isages de la corde du tympan , Archives générales de médecine 1850, p. 385 ), n^acceptant pas |iie la corde du tympan soit un nerfnioleur, se croit en mesure d^élablir qu^elleest un nerf de «nsibililé générale et gusiative, et que c^t seulement en vertu de celte propriété qii>lle agit lur le sens du goût et la sensibilité tactile des deux tiers antérieurs de la langue. Les travaux de iischofT, Gaedchens et Barihold , ont fait, du faisceau accessoire de Wrisberg. la racine sen- .ible du nerrfucial. Toutefois, les expériences ne parurent pas favorables à celte manière de roir; mais M. Cusco {Thèse, Paris 18^8) la fit valoir par des dissections comparatives sur ^liomme et sur les animaux. • Le petit faisceau de substance , dit-il , que Ton voit etitre le nerf Viciai et Tacoustique, et sur lequel s'implante le nerf intermédiaire, n'appartient ni au faisceau atéral du bulbe, ni au corps restiforme proprement dit ; mais il est la continuation directe delà >artie la plus interne du cordon médian postérieur de !a moelle. La conclusion naturelle de ceci »tque le nerf intermédiaire doit être considéré, quant à son origine, comme Tanalogue d*une *acine postérieure ou sensitive. » De plus, M. Cusco a déterminé analomiquement que la corde lu tyoïpnn est une émanation du faisceau accessoire de Wrisberg. Outre cette origine, la corde lu l}mpan peut recevoir la sensibilité par une anastomose directe établie par deux ou trois Slets entre le lingual de la cinquième paire et la corde du tympan.

Laissant maintenant Tanatomie de côté, M. Ducbenne tente de démontrer, par des recherches électro-physiologiques, la fonction de seusibilité générale et de goût qu'il attribue à la corde du tympan. Voici le procédé qu'il a institué pour diriger l'excitation galvanique sur la corde du [ympan , sans perforer la membrane qui la protège. La tète étant inclinée de manière à placer lans une direction perpendiculaire le conduit auditif externe, on y injecte une quantité d'eau suffisante pour en remplir la première moitié. On y- plonge ensuite un fil métallique , ayant soin de ne pas le mettre en\contact avec la membrane ou avec les parois du conduit auditif. Après ivoir attendu que l'espèce de bourdonnement produit par l'impression du liquide sur la mentira ne du tympan ait disparu , on met l'excitateur auriculaire en rapport avec un des conducteurs d*un appareil d'induction, et l'on ferme le courant en plaçant sur la nuque un excitateur bumide ( une éponge humide enfoncée dans un cylindre), qui lui même communique avec le lecond conducteur de cet appareil. L'appareil qui sert à ces expériences doit être approprié à la délicaiesse de l'organe sur lequel on agit, c'est-à-dire que le minimum delà puissance doit être k peine appréciable en appliquant les excitateurs métalliques sur l'extrémité de la langue, et qu'il doit pouvoir se graduer avec précision et sur une écbelle d'une grande étendue M. Du- [rhenne a fait ces expériences sur lui-même et sur des physiologistes curieux d'éprouver les sensations qu'il provoquait. L'appareil étant gradué au minimum , et l'excitateur placé dans le conduit auditif droit, la première perception fut celle d'un bruit sec. Puis, la graduation aug* mentant, on éprouve très nettement un chatouillement dans le côté droit de la langue et à la réunion de son tiers postérieur avec son tiers moyen. Enfin, quand Texcitalion est suffisamment tocrgique, il se manifeste un phénomène d'une haute importance au point de vue physiologique : c*est la production d'une sensation gustative spéciale.

De ces expériences qui montrent que Texcitalion de la corde du tympan produit d'abord un chatouillement, puis une sensation gustative, M. Duchenne conclut que ce nerf sert à la sensibilité générale et à la sensibilité spéciale ; et II combat l'opinion de M. Bernard , attribuant la sensation gustative développée 4)ar la galvanisation de ce nerf à une propriété motrice quil exercerait sur les papilles linguales.

On sait que l'hémiplégie faciale produite par la paralysie de la septième paire, se complique quelquefois de l'altération du sens du goût, dans les deux tiers antérieurs de la langue et du côté paralysé. Par des recherches électro-pathologiques fa tes sur ce sujet, M. Duchenne arrive au même résultat, c'est-à-dire que l'altération de la sensibilité gusiative et générale qui complique certaines paralysies du nerf facial , doit étre'altribuée à la lésioo de la corde du tympan.

726 PRO^HIÊfÉS DES NERFS NON SENSOrIeLS.

donné ce. nom à une branche antérieure du nerf vi^e, qui, dans la «rrv, est munie d'un ganglion, comme les autres rameaux branchiaux de ce dernier nerf, mais qui sort par un trou particulier du crâne , et se répand dans le premier arc branchial, ainsi que dans la langue, jusqu*à la peau voisine de l'ouverture de la bouche. Il est facile de juger, d'après ces variétés, comme aussi d'après l'absence du nerf accessoire chez les poissons, que les nerfs vague , glosso-pharyngien et accessoire ne forment qu'un seul et même système, dont la division peut varier beaucoup dans les diverses clasises du règne animal

Nerf Tagae.

Au point de vue de l'anatomie et de la physiologie comparées , le nerf vague Mre un grand nombre de particularités remarquables.

1* Chez les oiseaux et les reptiles écailleux, où le nerf accessoire se confond avec le tronc du nerf vague, celui-ci donne aus^si une ou plusieurs branches aux DQU^cles du cou (1). Il forme un ganglion considérable dans la poitrine, chez les lézards.

2® Chez les grenouilles , il part du ganglion du nerf vague une branche qni va se rendre aux muscles des mâchoires (2). C'est la branche laryngée de Yolkmaïuu qui se répand en partie dans les muscles hyoïdiens, en partie dans ceux de la nôchoire. Volkwann a fiadt voir que son influence motrice dépend de la branche do facial qui s'unit avec elle.

2(* Chez ks grenouilles, le nerf vague fournit aussi un rameau lingual, qui, vraisemblablement, remplace le rameau lingual sensitif du trijumeau, et la branche motrice ordinaire du nerf grand hypoglosse existe. Ce rameau ne détermine pas de convulsions dans la langue , comme l'a prouvé Yolkmano. Le rameau lingual du nerf vague, existe également chez les serpents et les crocodiles. Bischoiï décrit aussi , dans le crocodile , une branche du nerf vague allant aux muscles de l'hyoîck: On la rencontre également chez les serpents et les lézards.

U** Le nerf récurrent existe chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Weber a fait voir (3) que , chez les grenouilles aussi , une branche du nerf vague envoie un nerf récurrent au larynx. Le larynx des oiseaux reçoit une branche de la neuvième paire; leur trachée-artère et leur larynx inférieur en reçoi\eDt du nerf vague , mais les nerfs des longs muscles qui raccourcissent la trachée-aritTe chez beaucoup de ces animaux , >iennent d'un rameau descoudant particulier do grand hypoglosse.

5° Dans la grenouille , au dire de Volkmann , le nerf vague fournit aussi uii£ branche cutanée |>our la région située deiTÎère l'oreille.

6" Citez les poissons, il donne les nerfs branchiaux , ainsi cpi'un rameau iiite^ tinal pour le pharynx et l'estomac. 11 fournit , en outre , chez les torpilles et If sflure électrique , les nerfs de l'appareil électrique ; chez les carpes, les nerfs drt dents palatines , et, chez tous les poissons , le nerf latéraL

Il est de toute évidence que la substance du nerf >ague des poissous augmcoii

(i) BiscHOFF, Nerpi aec€noru anatomia et pli^iologia , Heidelberg, 1832, j^ 41 et À^ (m Wb9*b» àh^L compk nsrv. symj^^ p. iA* (3) Loc. ât.ji p. 46.

PBOPftÉttt DES NERFS NON SEHSORIEtiL 727

dans son gsfll^on; car les branches, prises ensetoble, dépassent le Tolnme des racines, et il y en a même quelques unes qui sont plus grosses que ces dernières. Cet accroissement paraît être dû à une division et à une multiplication que les fibres |Mimitives éprooreraient dans Tintérieur du ganglion , et qui ferait que plusieurs fibres des branches n'en représenteraient qu'une seule des racines. Chez le sandre et le bars, toutes les branches enscmbUnt forment un ganglion ; chez la carpe, il n*y a que lip nerfs branchiaux qui en produisent , et alors qn compte plusieurs de ces ganglions dans lesquels la substance Se multiplie (1).

T* L'une desj)lus remarquables branches du nerf rague, chez les poissons , est le nerf de la ligne latérale, qui marche entre les muscles, non loin de la peau , jusqu'à la queue, et qui donne des filets aux înuscles (?), ainsi qu'aux téguments. Desmoulins prétend que ce nerf n'est point sensible. Mais il n'est certainement pas moteur, quoiqu'il se répande aussi dans des muscles ; car, en le galvanisant , sur la carpe , avec une pile de quarante paires de plaques, je n*ai pu faire entrer ceux-ci en convulsion. Van Deen l'a découvert aussi dans les têUrds des grenouilles, et comme nerf persistant chez le protéc (2). Mayer l'a rencontré dans leménopome, et Krohn chez les tritons. La courte branche cutanée du nerf vague des grenouilles paraît en être l'ansdogue ou le débris. On a comparé ce nerf à l'accessoire ; mais je crois qu'il n'y a que le rameau auriculaire du nerf vague de l'homme et des mammifiTes qui lui soit comparable (3). Le nerf latéral de la lamproie est exactement conformé comme le rameau auriculaire provenant du nerf vague et du faciaL Le nerf facial des poissons osseux étant renfermé dans le trijumeau , on conçoit le concours de ce dernier à la production du nerf latéral chez beaucoup d'animaux de cette classe. Les cyprins ont, au dire de fiuechner, une branche du trijumeau qui , même déjà dans l'intérieur du crâne , se joint au nerf vague pour constituer le nerf latéral. Dans le gymnote électrique, la concurrence a lieu hors de la cavité crânienne. Weber a trouvé , dans le bars et la lotte , un double nerf latéral venant du trijumeau et du vague. Swan a fait une observation intéressante sur la morue , où une branche de la cinquième paire , unie avec un rameau du nerf vague, donne deux nerfs du tronc , dont l'un passe sur le dos, au-dessus de la colonne vertébrale , et gagne la base des nageoires, tandis que l'autre marche au côté ventral de la queue , jusqu'à Textrémité de la nageoire anale. Tous deux s'unissent avec les nerfs rachidiens, l'un avec les branches ascendantes, et l'autre avec les branches descendantes. Il y a donc , dans la configuration du système nerveux, comme dans le s^'stème osseux et la disposition des muscles, une symétrie entre la moitié supérieure et la moitié inférieure de la queue. Outre ces deux nerfs latéraux du trijumeau , on trouve encore deux branches de la paire vague qui gagnent l'extrémité postérieure du corps , en passant sur les muscles (i^).

Le hérisson possède , d'après Barkow, un nerf latéral destiné à la peau et aux muscles , mais qui ne provient que des nerfs rachidiens , savoir, du dernier cervical et du premier dorsal.

S** Les branches que le nerf vague envoie à l'organe palatin des cyprins sont

(1) Webbr, Anat. comp, nerv. aymp,^ p. 62, 66. — Mkci.f.l*8 Archiv, 1827, pi. IV, flg. 25, 26-

(2) MuBLLBR'SifrrAir, 183^, p. àll.

{Z) Mubllbb's Archiv, 1837, LXXVL

(à) lUuitratiom of ihe comp. anau of tke nervaui ty$t, Londres, 1S85, In-A.

728 • ite^nuntTÊs'DES NERPS MON

remarquables (i)« ^'eber a dâcouvert le premier que cet organe [m||N^ uneo»tractilité très singulière ; oy , lorsqu'on le pique ou ocNuprime avéè un corps pooti, . le point irnté, s*élève aussitôt sous la forme d*im bkmiucuIq caoiqîie , qui deoeiit soulevé pendant quelque^ secondes, après quoi. il s'afiaisse ; le «ddC sans daantment dé couleur qui puisse annoncer une affluence 4e sang. Cet oi^ane est coopos| de%isceauj^ musculaires. Il peut se Contracter en tous sens, et dés dtnàm coniques, linéaires ou larges, s*y produisent suivant qu'on y appliq^ rextrénë d'un cârps pointu , qu'on promène le trtinchanl d'une lame à sa surÛMre, oncnii qu'on le met en contact avec un ci^rps d'une certaine largeur.

9^ Le nerf vague donne aussi des branches à la nageoire cMx le ban et b carpes. •

lO"* K-H. Weber a fait remarquer qae le nerf vague se trouve en rédindié d'action avec le grand sympathique. Ce dernier est fort peiyiéveloppé chez b serpents , tandis que le rameau intestinal du nerf vague est très gros ;4e oootratt a lieu chez les grenouilles. Les branches intestinales du nerf vague ont au» hmcoup de volume chez ies poissons , et , chez le^ myxinoides , le rameau iotesûBil, né de l'union des 4ieux nerfs vagues, va jusqu'à l'anus , tandis que le grand s)iipathique manque.

Nerf accessoire de Wil^is.

On ne rencontre ce nerf que chez les mammifères, les oiseaux et les reptiks: i n'existe point chez les poissons. Dans la classe des oiseaux et dans celle desreptib. il se comporte presque comme une racine du nerf vague, puisqu'il ]>asse toat atier dans celui-ci, qui envoie aux muscles du cou une branche paraissant corropondre au nerf accessoire des mammifères (2). Les muscles stcrno-cléido-iiustMdien et trapèze sont le domaine du nerf accessoire des mammifères , en tant qui ne s'unit point avec le vague. On ignore quelle est la cause des singularités que c« nerf présente dans son origine et sa marche. Probablement elles tiennent à ce qof la branche pharyngienne, qui se sépare du nerf vague aussitôt après sa sortie, reçoit des fibres de presque toute la portion cervicale de la moelle épinièrp\3). D'autres nerfs ont également des origines fort étendues : ainsi le rameau desa^odaiit de l'hypoglosse naît de ce dernier et des cervicaux supérieurs. La différence consiste donc uniquement en ce que, pour l'accessoire, les filets destinés à le former se réunissent déjà dans l'intérieur du rachis, tandis que, pour d'autres nerls, ]e^ réunion n'a lieu que hors de la cavité rachidienne {û).

(i) Mpckel's Àrchiv, 1827, p. 309.

(2) BiscnoFP, Nervi accesaorii WUlitn anatomia et pkynologia. Heidelberg , 1852.

(3) Longet {Anat. du syit. nerv., L II, p. 267), qui admet entre le nerf vnfoe et raco»* soire la même relation physiologique qu'entre les racines postérieure et antérieure «Tob perf rachidien, pense que, si Taccessoirea une origine si singulière et prend ses inaertiof» dans bb^ si grande étendue de Taxe rachidien , c'est en raison de rimporlaiice de ses fonctions et poorfl assurer le libre et Tacile exercice , c'est afin que son inlégrilé fonctionnelle soit moins bnk i troubler. En effrt, si, comme les autres cordons nerveux , il eût simph ment tiié son ongioed'iv partie limitée des masses centrales, une lésion en ce point eût aussitôt suspendu son actioa.fi^ aux phénomènes les plus essentiels de la respiration et de la digestion. {Note du trâi)

{h) A Taide de la sensibilité récurrente ( Voy, p. 672, note 1), M. CL Bernaid a véftféi*

VMmSÈlta DES NEBFS NON SENSOUm. ^ ' 729

. Nerf grand hypoglosse.

Chez les oiseaux, le nerf graifd hypoglosse, après s'être uni avec le vague par un rameau, se divise en deux branchés principales, qui vont gagner, Tune les muscles de rhyoide, l'autre la partie latérale dA'œsophage (i). J'ai aus^ observé, î\itï% le dindon, ui|0 longue branche descendante,* destinée au long muscle qui raccourcit la trachée-artère. Bojanus et BisthofTont vu le nerf hypoglosse se rendre aux musr clés de la langiu;, le premier chez la tortue, et le second chez l'iguane. Le serpent à sonnettes m'a offert on nerf hypoglosse grêle, qui sort derrière la paire vague , par une ouverture particulière, et qui, après s'être uni avec le premier cervical, se jette en entier dans le nerf vague. Chez les grenouilles, le nerf, correspondant à rhypc^osse, qui ^ rend à la langue, est fourni par le premier cervical. On conçoit cette disposition , puisque , chez l'homme aussi, l'hypoglosse s'unit avec le premier nerf cervical. E.-H. AVebera trouvé, dans les poissons , un dernier nerf cérébral, qui naît par trois racines, dont une, postérieure et ganglionneuse, passe à travers un trou particuUer du crâne, et va aux muscles de la nageoire pectorale. Dans la carpe, la racine ganglionnaire s'unit avec une racine du trijumeau (2). Ce nerf donne aussi, d'après Buechner, des branches au muscle stemo-hyoïdien , et il est l'hypoglosse : il paraît exister généralement chez les poissons ; mais il ne passe pas toujours à travers l'os occipital même ; car, chez le brochet et la perche, c'est derrière cet os qu'il sort

Quand on pense que le premier nerf rachidien de l'homme n'a quelquefois qu'une racine antérieure, que le grand hypoglosse n'en a qu'une antérieure chez l'homme, mais qu'il en présente aussi une |)ostérieure chez certains mammifères, on voit que l'hypoglosse rentre tout à fait dans la catégorie des nerfs rachidjens, et qu'on doit le regarder en quelque sorte comme un premier nerf rachidien, qui seulement sort encore la plupart du temps à travers le crâne. Par là l'analogie devient plus grande encore entre lui et le dernier nerf cérébral des poissons.

Après avoir ainsi passé en revue les diiïérenccs qu'on rencontre chez les animaux, eu égard à la disposition des nerfs cérébraux , jetons un coup d'oeil sur le système de ces nerfs, en tant qu'il peut être rapporté à un certain type fondamentaL L'idée qui sert de guide ici est celle de nerfs cérébraux primitifs et de nerfs cérébraux secondaires, telle que l\Ieckel l'a exprimée. La première classe comprend, d'un côté, les trois nerfs purement sensoriels, l'olfactif, l'optique et l'acoustique; d'une autre part, les nerfs cérébraux mixtes ou à deux racines, qui sont construits d'après le type des rachidiens , et qu'on peut appeler nerfs vertébraux de la tête. A la seconde classe se rapportent ceux qui peuvent devoir naissance à un certain nombre de fibres détachées de la racine d'un nerf cérébral, ou être confondus avec

seulement le caractère moteur de Taccessoire de Willis , mais encore de quelle racine postérieure il était la racine antérieure. Or, la sensibilité récurrente ne s'y développe que par rapport aux racines postérieures des premiers nerfs spinaux. Il doit donc, grâce k celte expérience ingénieuse, ùXxe considéré comme leur correspondant antérieur. Ê. L.

(i) WEBBn, loc. cit., p. àO.

(2) BiscHOFF, (oc eiu^ p. à9.

730 PBbPRIÊTËS DES NERFS NON StflSORIELS.

d'autres nerfs vertébraux de la tête. Cette idée, exacte au fond, n*aff»s été bien développée par Meckel. Arnold Ta mieux appliquée, e^; admettant deux nerfs vertébraux de la tôte; le premier est le trijumeau ,. avec les oculo-musculaircs et k facial, qu'on peut considérer comme appartenant à* sa portion wottice ; le second comprend le vague , Faccossoire , le glosso-pharyngien et l'hypogkMse (i). Dus mon opinion, il y a trois nerfs vertébraux Ainiens , qni oorrespondeni aux troii vertèbres céphaliques. Le premier est le trijumeau ; le second, le vapie, aveck glosso-pharyngien et l'accessoire ; le troisième ,• l'hypoglosse. Les nerfs oculomusculaires sont des nerfs secondaires, qu'on doit regarder comme la portion (mtrice de la première branche du trijumeau. Chez les cétacés, la preiiiière.braadie du trijumeau donne déjà des rameaux aux muscles de l'œil , tiuoique les nerfs oculo-musculaires ordinaires existent aussi. Chez les grenouilles, le nerf abductev passe dans le ganglion de Casser, ainsi que l'a fait voir Volkmaim, et le trijnmeao donne par conséquent des filets aux muscles oculaires. Chez les lamproies, il manque l'un des trois nerfs oculo-musculaires , vraisemblablement Fabdocteur, et le trijumeau fournit aussi des nerfs aux muscles de l'œil, comme l'ont montré Schlenns et D'Alton.

Le nerf facial est, dans tous les cas, un nerf secondaire, et il a beaucoup d'afinité avec la portion motrice du trijumeau ; car, chez les poissons onenx, il se confond avec ce dernier , dont il constitue le rameau operculaire, ce que Serres a rendu probable. Volkmann a fait voir qu'il s'adjoint aussi an trijmneau chez les grenouilles. iMais ses rapports avec le vague ne sont pas moins grands. En effet, dép chez l'hoomie et les mammifères , il s'unit avec des branches de ces deux neiis. Chez les serpents et les lézards , il donne une branche à la paire vague. Chez h grenouille, le facial se jette du trijumeau dans une branche du vague , savoir b laryngée, ainsi que Volkmann l'a observé. Le facial de la lamproie forme, conjointement avec le vague, le nerf latéral , qui , chez les poissons osseux , est souvent constitué par la cinquième paire et le vague.

Au second nerf vertébral de la tête appartiennent le nerf vague, le glosso-pharyngien et l'accessoire.

Le troisième nerf vertébral du crâne est formé uniquement par Thypogloss^».

Les myxinoïdes sont les animaux qui se rapprochent le plus du type simple des nerfs vertébraux du crâne, sans nerfs secondaires ; car, parmi ces derniers, ib ne possèdent que le nerf faciaL

Nerf grand sympathique.

Chez les oiseaux, la portion cervicale du grand sympathique est contenue dans le canal des apophyses transvei-scs des vertèbres , où , chez les mammifères et l'homme , on ne découvre cju'un cordou proportionnellement très grêle de ci* nerf.

Les plus constantes parmi les jonctions des nerfs cérébraux avec le grand sympathique sont celles des nerfs vertébraux du crâne. Elles ont lieu, chez les po»-

(1) Comp. BcBCHNBR, Mém. de la Soc, d*hiii, nat, de Strasbowrg^ t. Il, Ut. 2«-^Mi;aJJi*^ Arehiv, iS87, LXXIV.

sons, à la basc^ du crâne, absolument de la même manière que les anastomoses dn cordon limitrophe du nerf grand sympathique avec les nerfs rachidicns.

Le grand syitipathique manque chez les cyclostomes , et le nerf vague , qui le remplace, va juscpi'à l'anus chez les myxinoTdes.

Chez les serpents, la portion céphalique est séparée du cordon limitrophe du tronc , et passe tout entière dans le nerf vague. Le cordon limitrophe manque aussi à la partie antérieure du tronc. Au lieu de la formation ordinaire , on voit des branches des nerfs rachidiens se rendre aux poumons, à l'intestin, aux parties génitales et aux organes urinaires , comme l'avait déjà remarqué TVeber. Ces branches s'unissent ensemble par des anses, qui sont tout ce qui reste du cordon limitrophe. Mais de pareilles anastomoses en arcades sont très communes entre les nerfs ccrébro - rachidiens. Les grands serpents sont les seuls chez lesquels j'aie rencontré des traces de ganglions dans le cordon limitrophe. Chez ces animaux , le nerf vague s'étend sur l'intestin jusqu'au delà des deux tiers de la cavité abdtW minale.

Chez les lézards aussi , la portion céphalique du grand sympathique est totalement englobée dans le nerf vague , qui , à l'extrémité du cou , se divise en nerf T^ue proprement dit et en grand sympathique.

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